Kampot & Kep : le Cambodge dans l'assiette

Publiée le 13/12/2019
Du 1/12 au 9/12. C'est en ce premier jour du dernier mois de l'année que nous laissons derrière nous le Vietnam. Destination Kep, dans le Sud du Cambodge pour 8 jours de repos, de plage, et surtout de découvertes culinaires.

Un passage de frontière compliqué

Le trajet entre Châu Dôc et Hà Tiên est rapide et nous fait arriver à midi dans la ville frontalière. Vu le temps qu'on a devant nous, on décide de passer la frontière de ce pas et d'éviter une nuit "inutile" à Hà Tiên. Un dernier moto taxi avec nos gros sacs et nous arrivons dans une agence de transport vers le pays voisin. À peine la porte franchie, on nous annonce que le prochain bus est dans 10 minutes.

Première étape : changer de monnaie ! Et au Cambodge ça ne s'annonce pas des plus simples puisque, outre le riel cambodgien, le dollar US est la principale monnaie. Le plus gros billet en riel est de  20 000KHR soit 5$. Ainsi seuls les petits achats se font en riels, le reste en dollar. Au passage on perd un bras en commission pour échanger nos derniers dongs, mais pas le choix !

Direction la frontière donc, troisième passage terrestre en Asie pour nous. La nouveauté ici, c'est que la corruption est une banalité pour les douaniers cambodgiens. Étant donné qu'on n'a pas encore le visa, on va le faire en direct, on est donc à la merci de cette pratique.

Frontière, côté Vietnam

Après renseignements, le visa coûte 30$. Le douanier nous en demandera 35. Il sait que le bus côté cambodgien nous attend, et que si nous ne payons pas de suite, nous le louperons.

Pour à la fois limiter l'arnaque tout en étant à peu près sûrs de passer, nous avions pris 60$ et un petit billet de 5$ en plus, mais pour tous les 2. Nous avons mis de côté le reste et prétendons n'avoir que ça. Malgré son regard noir, ces 5$ le contenteront. Il nous fera patienter 15 minutes pour la forme. On peut dire qu'on s'est fait un 50% de réduction sur la corruption. Black Friday.

Même si on parle du prix d'un café chez Starbucks (comparatif utilisé par le propriétaire de notre future Guesthouse), le fait de payer un surplus corruption n'est pas la meilleure des sensations, pour rester correct.

A la frontière
Casino à la frontière
Ambiance très étrange à la frontière Vietnam - Cambodge
Visas en poche !

Nous arrivons donc 24h plus tôt que prévu là où nous avions réservé. Heureusement, ils ont de la place. On découvre notre logement : un bungalow ouvert sur l'extérieur, au cœur d'un jardin tropical, salle de bain à ciel ouvert. Sympa !

Notre bungalow
Notre bungalow
Notre bungalow
Notre bungalow

On ne le savait pas encore mais nous resterons ici pour les 8 prochaines nuits !

Au programme de nos journées ici : pas grand chose. Slow travel comme on dit.

Ça donne 2/3 jours à scooter pour découvrir Kampot, la voisine animée de Kep, et la campagne alentour. 2 autres jours sur Koh Tonsay, l'île aux lapins, et ses plages entourées de cocotiers.

Le reste du séjour, nous prenons du bon temps dans les hamacs du bungalow, et nous profitons de la paisible Kep.

Nous ferons donc quelques belles découvertes.

Bo Tree : Plantation de poivre de Kampot

Au Nord de Kampot se trouvent de multiples fermes spécialisées dans la culture du poivre. Le fameux poivre de Kampot.

La plupart des plantations proposent des dégustations et tours gratuits de leur ferme. Nous sommes allés chez Bo Tree, qui produit un poivre bio et fournit de nombreux chefs français, dont la très connue Anne Sophie Pic #TopChef.

Lors de la dégustation, on apprend pas mal de choses. C'est donc parti pour un cour mêlant gastronomie, botanique et histoire.

Bo Tree

Le Poivre de Kampot pour les nuls

D'abord le poivre de Kampot provient de la même plante que le poivre "normal" que tu achètes chez Leclerc. Seulement, à l'image des vignes, le terroir (les minéraux du sol) et le climat de Kampot lui donnent un goût particulier plus prononcé. Ensuite, les poivres noirs, rouges, verts ou blancs sont également issus de la même plante. Ils sont seulement prélevés à maturité différente. Voilà pour la base.

En plus de son goût spécifique, le poivre de Kampot doit respecter un cahier des charges précis (mode de culture, taille du grain, etc.) afin de garantir son excellence.

Il faut savoir que la culture du poivre à réellement débutée sous le protectorat français. À l'époque, 90% de la production était destinée aux grands restaurants de Paris. Avant cette période, il existait seulement quelques petits producteurs.

Suite au départ des français dans les années 50, les producteurs locaux continuaient le perfectionnement de leurs techniques de culture. Mais avec l'arrivée de Pol Pot au pouvoir, le parti communiste du Kampuchéa renvoie tous habitants des villes vers les campagnes. Les intellectuels, les médecins, et la bourgeoisie sont exterminés. On peut se dire que les producteurs de poivre ont été épargnés car agriculteurs. Cependant, ils étaient considérés comme intellectuels avec tout le savoir accumulé sur la culture du poivre. De plus, ils travaillaient avec les Français à l'époque.

Résultat, en plus de les massacrer, le régime finira par détruire toutes les plantations pour faire une agriculture plus nutritive (rizières). Le poivre de Kampot est alors rayé de la carte dans le monde entier.

C'est dans la fin des années 90 que la culture va reprendre. Cependant, il est très difficile pour les locaux de se lancer dans cette activité puisque, pour garantir une bonne rusticité de la plante, on va empêcher les fruits de se développer pendant les 2 premières années. C'est donc depuis quelques années seulement, avec l'essor du tourisme et les aides d'ONG notamment, que le poivre de Kampot retrouve son lustre d'antan. Il y a aujourd'hui 440 plantations recensées.

Le soucis, c'est que toutes les connaissances ont disparues. Les agriculteurs sont encore en phase de "tests" afin d'obtenir le meilleur poivre de Kampot.

Par exemple, chez Bo Tree, la première plantation date de 2013. Ils ont planté 6 poivriers autour de poteaux en briques rouges. Résultat, un poivre bon mais un très mauvais rendement. D'où l'existence d'une association avec tous les producteurs, pour définir les critères de culture du poivre : nombre de plants, support de pousse, position du puit, etc.

Bo Tree: poivre vert frais

Très intéressante visite, même si la dégustation fut plus délicate pour les papilles : le feu en bouche.

On retiendra que le poivre noir est un poivre récolté juste avant de mûrir (passage du grain vert au rouge). Il est piquant mais moins fort en goût.

Le rouge est le fruit mûr. Piquant mais avec plus de goût.

Le blanc est le même que le rouge mais la peau du grain est retirée, ce qui le rend non piquant. C'est celui qui a le goût le plus prononcé.

Enfin le poivre vert, est le poivre frais.

Nous avons également pu goûter de l'infusion de poivre long grain, un poivre qui ressemble au piment.

Bo Tree
Bo Tree: poivre long grain

On finira par manger chez eux un poulet ... au poivre de Kampot bien sûr !

Le marché aux crabes de Kep

On continue notre découverte culinaire du Cambodge par la visite du marché aux crabes de Kep. Il s'agit d'un petit marché au bord de l'eau. Sur le ponton face à la mer se négocie la vente du crabe bleu de Kep. N'importe qui peut acheter son crabe ici : restaurateurs, grossistes. Le particulier peut aussi acheter son crabe et aller le faire cuisiner juste en face !

LE crabe bleu de Kep
Marché aux crabes de Kep
Marché aux crabes de Kep
Crabe bleu de Kep
Un kg de crabe acheté et hop direction la poêle avec du poivre de Kampot

Les vendeurs de crabes conservent les crustacés dans la mer, dans des bacs en bois. De temps en temps, un vendeur va donc dans l'eau pour chercher une nouvelle cage. Une fois posée sur le ponton, c'est la cohue pour les acheteurs.

Marché aux crabes de Kep
Marché aux crabes de Kep
Marché aux crabes de Kep
Marché aux crabes de Kep
Marché aux crabes de Kep
Marché aux crabes de Kep
Marché aux crabes de Kep

Le reste du marché est plus classique même si plutôt orienté poissons.

Marché aux crabes de Kep
Marché aux crabes de Kep
Marché aux crabes de Kep

Nous mangerons dans l'un des restaurants du marché. Amok au poisson frais pour Tanguy et le fameux crabe bleu de Kep au poivre de Kampot pour Anaïs 😋

Crabe bleu de Kep au poivre vert de Kampot
Amok au poisson frais.
Lunch time avec vue sur les pêcheurs

Koh Tonsay

Entre deux découvertes gastronomiques, on ira se perdre 2 jours sur la magnifique île de Koh Tonsay.

L'île est située à 15 minutes de bateau de Kep et est habitée par quelques familles, on peut y dormir dans des bungalows face à la mer pour une bouchée de pain. Nous n'avons fait que des escales de journée.

Île de Koh Tonsay
Ile de Koh Tonsay
Ile de Koh Tonsay

Des airs de vacances pour ces journées de farniente : plage, baignade, massages et cocotiers !

Avec ses eaux à 28°C, nous pouvons vous affirmer que nous n'avons eu aucun mal à y rentrer.

Ile de Koh Tonsay
Petit massage d'1h pour Anaïs pour quelques dollars !
Ile de Koh Tonsay

Kep, ville (presque) fantôme

Outre ces sorties sympathiques, on a dû passer la moitié de notre temps à buller aux abords de notre bungalow. Il faut dire que Kep est une ville bizarre.

Seul son marché et sa plage #KepBeach sont animés.

Pour le reste, côté centre ville, les rues sont vides. C'est assez étrange car les routes existent et dessinent un quadrillage dense de rues et allées, mais aucune habitation autour. Nous comprendrons plus tard que l'ensemble de la ville a été rasée durant les heures noires du pays. En effet, Kep était à l'époque nommée Kep-sur-Mer par les français qui en avaient fait une station balnéaire prisée. L'héritage des belles maisons coloniales a donc été détruit par le régime de Pol Pot.

Malgré tout, on sent que la ville a du potentiel et va devenir de plus en plus attractive.

À Kep, grâce au restaurant de la Guesthouse, nous avons surtout fait connaissance avec la cuisine khmer : Lok Lak, Khmer Curry, Tom Yum. Vraiment très bon. Mention spéciale au Lok Lak !


Tuk tuk à Kep
Moines à Kep
Maison Khmer à Kep
Kep
Kep
Khmer Curry
Lok Lak

Kampot, le complément parfait à Kep

On a profité de ces quelques jours à Kep pour découvrir également l'autre ville majeure du secteur : Kampot.

Plus grande, plus animée (et moins chère). On peut y faire de nombreuses activités à commencer par un inédit cour de yoga, de bon matin.

Anaïs a adoré et clairement je (Tanguy parle) révise mon jugement sur cette activité 🧘🏽‍♂️ Pas facile quand la souplesse manque.

Yoga

La ville n'est pas magnifique en soi mais elle offre de nombreux sites remarquables. On a donc repris le scooter pour voir les rizières et marais salants de la région. On s'est cru à Guérande l'espace d'un instant.

Région de Kampot
Région de Kampot
Marais salants de Kampot
Marais salants de Kampot
Marais salants de Kampot
Marais salants de Kampot

Un peu plus loin, nous louons un kayak pour naviguer au cœur de la mangrove de palmiers. Incroyable paysage !

Mangrove de Kampot
Mangrove de Kampot
Mangrove de Kampot
Mangrove de Kampot
Mangrove de Kampot
Mangrove de Kampot
Petite île au milieu de la mangrove de Kampot
Mangrove de Kampot

Et nous finissons les journées avec une dégustation de glaces au poivre de Kampot (un délice!), ainsi que la visite de la ville et de son marché.

Glace au poivre de Kampot
Rond point du Durian à Kampot !
Coucher de soleil sur Kampot
Insectes volants grillés !
Asticot grillés
Lézards grillés
Insectes rampants grillés

Nous sortons ravis et reposés de cette grosse semaine à Kep. Un mix parfait de glande, gastronomie et nature. Pour le coup, ça ressemblait assez à des vacances 🏖️

Retour aux choses sérieuses dès la semaine prochaine avec la visite des temples d'Angkor.

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1 Voyage | 43 Étapes
Kep, Cambodge
100e jour (09/12/2019)
Étape du voyage
Début du voyage : 01/09/2019
Liste des étapes

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