Xi’an, joyeux bordel

Publiée le 04/10/2019
Du 30/09 au 03/10. Entre coups de cœur et premières galères, 2 jours à jouer des coudes, à demander son chemin, et à expérimenter, encore.

Requinqués par Pingyao, nous voilà en forme pour affronter Xi’an en pleine semaine d’or pour nos hôtes. Encore une fois, le voyage se fait sans encombre. « Easy le Tour du Monde finalement ! ». Pas si vite Anaïs, pas si vite …

Arrivés à 22h00 Lundi soir, l’hôtel est trouvé facilement. Premier « vrai » hôtel de ce tour du monde. Du fait de la semaine nationale de congés, c’est le seul que nous ne trouvons pas trop cher. Même les auberges de jeunesse sont pleines et onéreuses (+ de 20€ à 2 pour dormir en dortoir !). On se dit qu’à ce prix, il va y avoir une mauvaise surprise sur la qualité, mais pas du tout. Nickel.

Mardi nous arpentons la ville sans but particulier. Un gros déluge nous stoppe net. C’est l’heure pour Tanguy d’en profiter pour prendre du bon temps. Petit rafraîchissement capillaire au programme. Premier du voyage – c’est marrant comme chaque petite expérience représente une première fois dans ce voyage – et l’appréhension d’un ratage guette. 

Devanture du coiffeur
Coiffeur

Finalement, c’est parfait. 40 yuans négociés à 30, shampoing compris. Moins de 4€ la coupe.

La pluie se sent bien à Xi’an. Elle continue de squatter le ciel et de ruisseler sous nos pieds. Les chaussures imperméables sont appréciées =)

Nous rentrons dans l’attente d’une accalmie.

C’est au milieu de l’après midi que les nuages laissent placent au ciel bleu gris dégagé. Et oui, à Xi’an, ville plus grande que Paris, la pollution règne en maitre. Ici c’est la capitale de la région du Shaanxi. 8 millions d’habitants. Ville surtout connue pour ses soldats de terre cuite (cf. plus bas),

Xi’an est une ancienne capitale de l’empire du milieu. Comme Pingyao, des remparts encerclent la vieille ville. En revanche, la vieille ville n’est plus si vieille. Au contraire de Pingyao, plus rien n’est vraiment d’époque ici hormis la tour de la cloche, encerclée de centre commerciaux eux-mêmes remplis de Starbucks et McDo. Est-on en Chine ? A croire que non, et ce n’est pas le fantastique quartier musulman qui va nous éclairer là-dessus. Xi’an, ville éclectique.

Direction les remparts donc, dont nous ferons le tour en tandem, zigzaguant habilement entre les nombreux visiteurs à pied ou à vélo, voire même motorisés. Balade sympathique, lors de laquelle la pollution nous saute aux yeux. Au loin, tout est dans la brume.

La fine équipe !
Les remparts
Les remparts
Les remparts

18h00, l’heure de l’apéro. A croire que nos estomacs ont réglé un réveil. Nous prenons congé de notre tandem pour nous rendre vers le fameux quartier musulman, temple de la nourriture de rue.

Xi’an était à l’époque le point de départ de la route de la soie. Cette fonction stratégique l’a vue accueillir au fil de son histoire des commerçants de l’Ouest venus de la péninsule arabique.

Aujourd’hui, la communauté musulmane de Xi’an en est l’héritage : 50 000 personnes la composent. Le quartier musulman, quasiment éteint pendant la journée, est en plein effervescence le soir. Surtout en ce soir de 1er Octobre, fête nationale. Pas de mots pour décrire une ambiance extraordinaire, bon enfant. Nous n’avions jamais vu ça. Pas vraiment d’attractions si ce n'est les stands de nourriture et leurs cuistots, de vrais animateurs de rue.

Quartier musulman
Quartier musulman
Mais où est Tanguy ?

Au menu, au fil de nos déambulations : Poulpe frit, brochette de mouton aux épices, burger chinois, galette végétarienne épicée, jus de grenade frais, patate en chips, œufs de caille frits. En dessert, banane frit et gâteau aux noix. Estomacs satisfaits et papilles en ébullition. 

Brochette de mouton
Poulpe frit et épicé
Poulpe frit et épicé
Patate en chips
Oeufs de caille

Avant d'aller se coucher, de l'exercice s'impose afin de faciliter la digestion. Au choix dans le parc au pied des remparts : danse, badminton ou ... Ping Pong.

On se fait inviter à la table par des vieux, pas mauvais mais un peu tendres. Ensuite un joueur plus dégourdi vient nous mettre la raclée !

Mercredi, direction l’armée de soldats en terre cuite. Principale raison de notre venue ici. Attention, second jour des congés (On se répète mais ça a son importance), nous nous levons donc à 5h00 pour pouvoir choper le bus de 7h00 à la gare Nord. Objectif: arriver autour de 8h30 sur site, heure d’ouverture, pour éviter les groupes de 10h00.

Nous sommes à l’heure à la gare Nord. Impossible de trouver le bus. Il devait y en avoir toutes les 5min selon les infos grappillées sur internet. Bizarre. On nous oriente vers un autre bus, « Terracotta Warriors ? », « Yes, yes ! », « How long ? », « 1 hour ».

1 heure plus tard, effectivement terminus … Au plein centre de Xi’an. Et merde. En fait, le bus nous a amené à la Gare du Nord des remparts. On s’est planté en beauté. Premier couac au niveau des transports. Tu disais quoi Anaïs hier ?

Finalement, bon bus trouvé. Arrivée sur site à … 10h15 ! BAM ! Heure de pointe 👍

Mais alors, là, l’heure de pointe, c’est inimaginable. Il n’y a pas de limites du nombre de visiteurs. D’un côté c’est cool puisqu’on arrivait les mains dans les poches. Par contre, va falloir jouer des coudes. En pleine coupe du monde de Rugby, on est dans le thème. La comparaison qui me vient, c’est la fosse devant la scène en festival. Sauf que sur scène c’est pas Serge Lama si tu vois ce que je veux dire. Aucun jugement.

Bref, comme déjà dit sur ce blog, les contacts ça rapprochent. Mais petit coup de gueule malgré tout sur l’organisation du truc. Pour un site archéologique historique, l’ambiance est vraiment spéciale. Voyez plutôt.

La foule !

On ne s’en laisse pas conter. Ils ne vont pas gâcher notre visite.

« Terracotta Warriors » c’est donc un site archéologique, découvert par hasard en 1974 par des ouvriers agricoles, qui creusaient pour faire un puit.

Ils découvrent donc ces soldats en terre cuite. Les fouilles en dénombreront plus de 8 000, répartis dans 3 fosses. Ils mesurent 1,80 à 2,00m de haut. Ce qui impressionne c’est que, même s’ils se ressemblent, ils sont uniques. Chacun a sa propre expression. Cette œuvre date de environ 300 avant JC. C’est l’empereur Qin, celui qui unifia les anciens royaumes pour former l’empire de Chine et qui est à l’origine de la construction de la Grande Muraille, qui en est l’instigateur. En effet, ayant peur de la mort, celui-ci fit construire ces soldats pour se protéger dans l’au-delà. Les soldats sont tournés vers l’Est pour pouvoir faire face aux envahisseurs. Son tombeau est proche du site, et n’est toujours pas ouvert de peur de le dégrader.

Cette construction a nécessité 700 000 hommes et 38 ans de travaux.

Direction donc la fosse n°1, la plus grande. 6 000 soldats y sont recensés. C’est aussi la plus fréquentée. On se fait nos places à la force des bras, et on arrive à profiter de ce spectacle impressionnant. 

Fosse 1
Fosse 1
Fosse 1
Fosse 1
Fosse 1
Fosse 1

Les fosses 2 et 3 sont moins fréquentées, et nous permettront de voir de plus près certains de ces soldats. La fosse 2 est constituée d’une garde complète avec cavaliers, archers, etc. Tandis que la fosse 3 est en réalité le quartier général des officiers. Ils sont plus grands que les autres soldats.

Le site est encore actif, puisque les archéologues s’attèlent à réparer les reliques fragiles.

Soldats de plus près
Fosse 2
Général

De retour en ville plus tard que prévu, nous n’aurons pas la force de ressortir aujourd’hui.

Jeudi, direction la gare Sud, pour notre train en direction de Chengdu. Le Sichuan est à portée de mains, ou presque. 700 km et 18h00 de train seront nécessaires pour l’atteindre.

Avant d’atteindre le Sichuan, tâchons déjà d’atteindre la gare. Récit d’un nouveau couac. Lorsque nous avons acheté nos billets, nous n’avions pas vu que la gare Sud de Xi’an est à 40km du centre. Rien d’insurmontable, surtout qu’on a repéré l’itinéraire en transports en commun. Tout ne se passe pas trop mal, puisqu’après aide des locaux nous trouvons l’arrêt de bus souhaité. Un peu de retard à l’allumage, mais il n’est que 11h15 et notre train est dans 2 heures. A priori, 1h de bus à prévoir tout de même.

11h25, 11h35, 11h45, toujours pas de bus. Enfin si, des multitudes de bus mais pas le nôtre. Nous sommes au bon endroit c’est sûr, mais nous ne connaissons pas la fréquence de passage de ce bus. Nous demandons autour de nous, mais compliqué de tout comprendre. Ce qui nous fait peur surtout, c’est leur tête quand ils comprennent où nous nous rendons. Cette gare semble être vraiment loin. Le stress monte.

Midi, l’heure limite qu’on s’est donnée arrive. Toujours pas de ce foutu bus 920. On se résigne à héler un taxi. 150 yuans de perdus dans l’affaire mais on arrive environ 30min avant le train. Assez large finalement. Devant la gare, aucun bus 920 ne passe. Je pense qu’on aurait pu l’attendre encore longtemps.

Xi’an n’aura pas été une partie de plaisir, surtout au niveau des transports. Mais le fait est qu’on n’a pas eu le temps de s’ennuyer ici. La découverte du quartier musulman et l’armée de terre cuite nous marqueront pour longtemps !

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