Le Laos en Stop Ep.1 : De Paksé à Thakhek !

Publiée le 27/12/2019
"La flemme de faire 8h de bus demain! - Bah on le fait pas. - T'es fort toi, et comment on va à Thakhek sans bus ? - En stop ! J'te parie qu'on va même jusqu'à Vientiane. - Allez !" Voilà l'origine de notre nouveau défi. Du 20/12 au 23/12. 1er épisode, 350km séparant Paksé de Thakhek.

Après les derniers voyages en bus plus ou moins heureux, on a décidé de changer de mode de transport pour rejoindre la capitale du Laos. Ce sera donc l'auto-stop : ça nous parait plus facile qu'au Cambodge ou au Vietnam car on y voit plus de voitures, surtout des pick-ups.

Notre première étape sur la route du Nord est Thakhek. Cette ville est le point de départ pour explorer sa région montagneuse connue pour ses nombreuses grottes.

La dernière journée de tranquillité sur Paksé nous sert donc de préparation au voyage en auto-stop. Pour seules expériences, on ne comptabilise que 13 km de parcouru avec des Chinois à Tagong (souvenez-vous), et un stop d'urgence sous le déluge au Canada en 2014 lorsqu'un orage nous avait pris au dépourvu dans la région d'Ottawa. On essaye donc de mettre toutes les chances de notre côté :

  • On va dénicher des cartons à l'épicerie du coin
  • On fait la traduction lao de nos destinations
  • On écrit un petit texte en lao pour nos futurs chauffeurs à l'aide de la famille de la guesthouse

Bref, un peu de préparation ne fait pas de mal, on espère être prêts 🤞

Préparation des cartons
Petit mot en lao

21/12. 8h00. Surprise, on est prêt à l'heure qu'on s'était fixée (oui c'est rarement le cas, surtout le matin). Hier, on a repéré un endroit pas mal à la sortie de la ville : une station service près de l'aéroport.

8h45. Nous venons de parcourir les 3,5km depuis le centre ville. Les sacs sont déposés au bord de la route. Les employés de la station service nous regardent perplexes.

On se met d'accord entre nous: on démarche tout ce qui roule et qui a au moins 3 roues.

Tanguy se poste au bord de la route, timidement, avec son carton "Thakhek" pendant qu'Anaïs finit le carton "Savannaketh".

Savannaketh est la 2nde ville du pays. Elle se situe entre Paksé et Thakhek, et on se dit qu'on aura plus de chances de trouver un premier chauffeur vers cette direction, tant pis pour le détour d'une 50aine de km.

9h05. Personne ne s'est arrêté. Beaucoup de sourires, signes de la main et appels de phares enthousiastes des conducteurs. C'est bien gentil mais ça ne nous avance pas. Tanguy est toujours au bord de la route tandis qu'Anaïs démarche les voitures qui s'arrêtent prendre de l'essence. Les employés rigolent bien de la voir taper au carreau et montrer ses pancartes.

Allez, on échange les rôles.

Motivée !

9h15. Premier arrêt. Un pick-up blanc. Et c'est un premier jackpot ! On s'était préparé à devoir attendre 1 ou 2 heures voire plus. La chance du débutant ? Le talent ? Le sourire ravageur d'Anaïs ... De Tanguy ? Va savoir.

En partant les employés de la station service sont bien heureux pour nous puisqu'ils nous font de grands signes de la main. C'est donc Kopee, une quarantenaire lao de Savannaketh qui est notre bienfaitrice. Le sourire de Tanguy sûrement donc 😎

Elle ne parle pas un mot d'anglais (ni de français bien sûr !), et ne comprend rien aux phrases que nous avons appris en lao. L'accent sans doute. Elle comprend tout de même le Sabaidee et nos Khop Tchai répétés, respectivement salut et merci. Heureusement, elle nous passe son fils au téléphone. Il nous explique qu'elle est heureuse de nous conduire à Seno. C'est la ville proche de Savannaketh mais en restant sur l'axe Paksé/Thakhek. Parfait !

Kopee cache bien son jeu avec son sourire timide. En fait c'est une vraie pilote.

Kopee & Nous

Les seules fois où elle ralentit c'est pour grignoter des sortes de haricots qu'elle a dû acheter avant son départ matinal. Elle nous en propose, en échange nous lui donnons des bonbons que nous avons en réserve.

Sa conduite nous va bien. La police locale apprécie moins : 50 000 kip d'amende pour elle ! Il faut aussi noter qu'elle ne s'est pas arrêtée au barrage précédent malgré les grands signes des policiers, normal.

3h plus tard, le voyage touche à sa fin. Nous avons épuisé toutes nos phrases de lao. Kopee n'a pas tout compris à notre démarche puisqu'en arrivant à Seno, elle rattrape un bus et le fait s'arrêter pour que l'on file rapidement sur Thakhek. En descendant du pick-up, nous la remercions chaleureusement ... Et refusons  de mettre nos sacs dans la soute du bus qui se rend à Thakhek.

Ça serait trop facile !

12h30. Nous allons prendre des forces dans un boui-boui le long de la nationale. Un peu de sticky rice et du poulet. Nous repartons surmotivés pour les 100 derniers kilomètres.

Les urinoirs isoloirs

Plus tôt, Anaïs avait lancé : "Si on arrive à Thakhek avant 15h00, on s'inscrit à Pékin Express 2021".

On reprend notre marche en avant à 13h30. Ça peut encore le faire, il ne reste que 100km.

Comme ce matin, on cherche à sortir un peu de la ville vers une nouvelle station service. Sauf que maintenant, il fait très chaud. Clairement, si on doit attendre trop longtemps sous cette chaleur ça va être dur.

A ce moment là, coup de génie. 500m avant d'arriver à la station service, Tanguy : "Vas-y je ressors le carton maintenant, on sait jamais".

30 secondes plus tard un nouveau pick-up s'arrête. On commence à croire que ce n'est pas que de la chance ! Surtout quand on arrive au niveau de la portière. Très vite après les premiers mots échangés, le lao qui s'est arrêté comprend qu'on parle français ! Il nous dit : " Ça va être plus simple en français non ?". Éclats de rires pour lui et pour nous.

Lui, c'est Axy (prononcez Assaye), 40 ans. Ingénieur Génie Civil, tiens tiens. Rencontre improbable. Pour ajouter à la magie : il a fait 1 an d'études en France. Où ça ? À l'INSA de Rennes !

À ce moment, les sentiments qui nous animent sont inexplicables. Quelle chance incroyable 👍

Axy & Nous !

Du coup, on en profite pour lui poser plein de questions sur le Laos. Il nous confirme qu'ils ne fêtent pas Noël mais que le nouvel an le 31 décembre oui. Par contre ils en fêtent aussi 2 autres plus importants : le nouvel an lao et le chinois. 

On apprend qu'il y a beaucoup de vietnamiens au Laos, d'ailleurs il y a pas mal de restaurants avec des enseignes en vietnamien, alors que ce n'est pas le même alphabet que le lao. Le voyage entre les pays d'Asie du Sud-Est est facile grâce à l'ASEAN. À l'image de l'UE et de l'espace Schengen.

Les sports nationaux : la pétanque (en effet il y a des terrains partout !), le football, et le sepak takraw (comme du tennis ballon, nous aurons l'occasion d'y revenir dans un prochain épisode #teasing).

Ce qui lui manque le plus de la France : Le saucisson ! Par contre, le fromage c'est pas son truc.

On parlera de la vie à Rennes, au Laos, du stade rennais et de nos voyages respectifs jusqu'à l'arrivée à Thakhek. La montre affiche 15h02. Mais grâce à Axy nous sommes en plein centre de la ville et non sur la route principale. On considère le pari gagné 🤝 Pékin express alors ou pas ? =)

Après 30 minutes de recherche et négociations, on pose nos sacs dans notre chambre pour la nuit. Le soir, on profite de l'ambiance à la cool de cette ville frontalière avec la Thaïlande. Avec coucher de soleil sur le pays du Sourire, de l'autre côté du Mékong.

Coucher de soleil sur la Thaïlande
Coucher de soleil sur la Thaïlande

Pour le lendemain, c'est Anaïs qui prend les commandes du scooter pour la journée. On part à la rencontre des grottes autour de la ville.

Dès les premiers kilomètres, les montagnes surgissent à l'horizon. Ces paysages karstiques nous sont devenus familiers après Guilin, ou Ninh Binh.

Autour de Thakhek
Autour de Thakhek
Autour de Thakhek

Premier arrêt à la grotte de l'éléphant. Nom en rapport avec la forme de la roche, enfin c'est ce que l'on pense. La grotte n'est pas profonde mais est très haute. Les cris de chauve-souris interrompent le silence de la grotte.

Elephant Cave
Entrée de la grotte
Elephant Cave
Elephant Cave

Plus loin, on se lance dans une randonnée/escalade d'un mont rocheux. 45 minutes intenses avec des passages assez compliqués pour déboucher sur une vue panoramique sur la vallée.

Vue d'en haut
Vue d'en haut

Seconde grotte de la journée, la Xieng Lap Cave nous laisse d'abord perplexe. L'entrée est toute petite et totalement dans le noir. Surtout, elle est pleine d'eau. On est prêt à partir se disant qu'on s'est trompé de grotte quand on voir deux lumières au fond de la grotte. Ce sont 2 espagnols qui se rapprochent et nous explique qu'on peut traverser, les pieds dans l'eau car ce n'est pas profond.

Entrée de la grotte
Entrée de la grotte

Du coup, on avance à la lumière du portable. Après quelques mètres dans le noir total, on arrive dans  une grande galerie colorée débouchant sur l'extérieur.

Il y aura même une 3ème sortie d'où arrivent d'autres visiteurs. La grotte est immense et vraiment jolie.

Xieng Lap
Xieng Lap
Xieng Lap
Xieng Lap
Xieng Lap
Xieng Lap
Xieng Lap
Xieng Lap

Nous terminons la journée avec une dernière grotte : Tham Pha Inh. Celle-ci est plus petite.

Son entrée est en hauteur dans un pic karstique. Une fois à l'intérieur, il faut redescendre vers le fond de la grotte. En descendant vers le noir, on aperçoit de plus en plus nettement la lumière provenant d'un lac souterrain. Sublime !

Tham Pha Inh
Tham Pha Inh : Le toit de la grotte
Tham Pha Inh : Au fond de la grotte !

Nous avons pris notre quota de grottes pour aujourd'hui ! Par contre Tanguy, s'étant rendu compte de la perte de ses lunettes de soleil, sans doute dans la descente du mont karstique, va se refaire une ascension à leur recherche, pour le plaisir 😓 45 nouvelles minutes d’efforts et l'improbable : les lunettes sont retrouvées ! Ouf

Nous ne reprendrons la route vers Vientiane que le surlendemain pour éviter de faire du stop un dimanche et continuer à profiter de la vie paisible à Thakhek : Repas au bord du fleuve, grasse matinée, etc.

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1 Voyage | 46 Étapes
Thakhek, Laos
112e jour (21/12/2019)
Étape du voyage
Début du voyage : 01/09/2019
Liste des étapes

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