Immersion chez les nomades

Publiée le 08/09/2019
Du 04/09 au 07/09. Le bout du monde ?

Ce matin direction le Dragon center ► Bus pour Kharkhorin (prononcez Rar rorine); Le bus nous y amenant était comment dire... voyez par vous même :

6h de bus à travers la steppe mongole. Apres les 15 premières minutes, plus une habitation.

Quelques yourtes viennent s'incruster dans ce paysage de steppes, de montagnes et parfois de dunes de sables. 

Dans le bus, au bout de 4h d'écoute intensive de pop mongole (ce qui est déjà remarquable) nous craquons et mettons nos écouteurs.

L'arrivé à Kharkhorin marque le début de l'immersion chez les nomades : 3 familles vivent ici, à quelques kms du monastère de Shankh, au Sud de l'ancienne capitale.

Les 3 hommes sont frères et travaillent ensemble. Ils vivent chacun dans leur yourte avec leur femme et leurs enfants. Les grandes filles du premier des frères ont 8 et 12 ans, elles vont à l'école à Kharkhorin et restent au pensionnat la semaine. Elles reviennent le week-end et aident alors leurs parents dans les tâches quotidiennes.

Le second frère n'a pas d'enfants, il vit aussi avec sa femme dans une yourte plus petite.

Le troisième frère vit avec Tsumok, sa femme. C'est elle la boss de toute la grande famille. Leur fille de 2 ans vit à la ferme et ne va pas encore à l'école.

Nous avons eu du mal à retenir tous leurs prénoms. Le seul dont nous sommes sûrs c'est donc Tsumok, et encore ce n'est pas son nom complet mais un nom simplifié pour les touristes ! 


Leur habitation : cinq yourtes au milieu de nulle part.

Le camp de yourtes

Lors de notre arrivée nous avons été chercher à l'école la plus grande pour l'amener au pensionnat.

Lorsque nous sommes entrés dans les salles de classe, les petits mongols nous regardaient avec les yeux ronds ! Qui sont ces étrangers ? Puis finalement nous faisaient coucou ou nous donnaient la main. La communication: uniquement par les gestes ou le g'palémo (merci aux frères et soeurs de Tanguy ☺). Pas facile !

Au camp ...

Nous avons été accueillis à bras ouverts

La plus petite des filles

Dans une yourte

Notre ger (yourte en mongol)
Visite guidée de l'intérieur

Munie de toilettes

Les toilettes
Les toilettes

Mais sans douches ...


... Ah si, voilà la salle de bain !

La rivière, seul point d'eau à proximité

Le grand luxe 👍

Récit de cette vie de nomade

Première soirée avec la petite famille et nous aidons à battre le lait de jument.

Cela servira à faire de l'Aïrag, le lait de jument fermenté avec une petite dose d'alcool. Le bol est à prendre de la main droite, mais nous ne l'avons appris que plus tard, dommage.

Au final ce lait s'avérera plutôt difficile à apprécier, enfin chacun ses goûts.

En plein effort

Au menu ce soir : nouilles au mouton. Ça a l'air bon et ça l'est ! Englouti en 2 minutes.

Par contre on a moins fait les malins pendant la nuit. Et même le lendemain pour Tanguy : la journée a été longue et la trousse à pharmacie est déjà entamée ! Je vous épargne les détails.

Au final parmi les 3 visiteurs (nous sommes accompagnés d'une française, Marion, qui voyage seule pour ses vacances) plus personne n'ose boire plus d'une gorgée ou manger plus d'une bouchée des plats ! Tout le monde a subit cette première nuit. Heureusement, grâce aux conseils glanés sur internet nous avions prévu quelques gâteaux et fruits pour tenir le coup.


Le lendemain réveil 7h (eux étaient déjà au boulot depuis une bonne heure). Nous passerons la journée à aider les nomades :

À rabattre le troupeau de chèvres/moutons pour la castration des mâles (bizarrement les beignets à la viande du soir avaient le goût de rognons ... on n'a jamais su si c'était lié à ce qu'ils avaient coupé sur les moutons le matin même !)

Anaïs à la manœuvre
Aïe, ça pique

À traire les vaches

Pas vraiment facile

Aller chercher les moutons dans la steppe avant la nuit à moto


Steppe biker

Et prendre le temps de se promener sur les collines environnantes pour admirer l'environnement 


Pause contemplative

C'est assez incroyable mais les troupeaux : vaches, moutons et chevaux semi sauvages sont en totale liberté. Mais ils ne s'enfuient jamais. 

Pas de yaks pour cette famille. Nous en verrons peut être ailleurs. À priori ils se trouvent plutôt dans les régions plus montagneuses.


Pour la deuxième journée même topo. Notre ballade à été plus longue et nous nous sommes fait rattrapés par la pluie : l'occasion de faire fonctionner le poêle de la yourte pour faire sécher tout ça. 

Pour info : pas de bois de chauffage, on se chauffe à la bouse de vache séchée. Plutôt efficace. 

Stock d'excréments séchés

La famille vit de toutes les activités que l'on a pu partager : Lait de vache et de jument ainsi que  viande de mouton servent à se nourrir mais également au troc contre d'autres denrées (riz, blé). Ils produisent aussi de la laine, la coupe des moutons se fait après l'hiver, qui servira à produire le cachemire mongol, très réputé. 


Notre dernière soirée sur place sera la plus sympathique : visite d'un apiculteur/pédiatre (je veux voir son double diplôme !) dans notre yourte avec son miel frais, discussions plus poussées avec nos hôtes, chansons mongoles pour les enfants.

Mais surtout, meilleur moment de cette expérience : Un grand fou rire après avoir sniffer de la poudre marron ayant une odeur de menthe poivrée ou d'eucalyptus, au choix. Longue série d'éternuements pour les Français, surtout Anaïs, sous les regards des mongols morts de rire. Au final, après avoir évincé l'hypothèse d'une drogue de chez eux, on apprendra que c'est du tabac avec des épices. Le but : libérez le nez, et ça serait bon pour le cœur !


Nous repartirons le lendemain midi après la traite des vaches et une séance de cache cache et de 1,2,3 soleil avec les petites.

Nous serons restés 3 jours, plus court que prévu puisque nos plans ont un peu changés. En effet, nous allons essayer de faire un trek à cheval dans la vallée de l'Orkhon avant de rentrer sur UB. Marion partira en même temps que nous vers Kharkhorin.


Entre nous, nous n'aurions pas tenu 7 jours : les échanges avec la famille sont limités malgré la présence d'un dico Français Mongol dans la yourte. Mais surtout on sent qu'ils ont du mal à nous laisser les aider avec les animaux : il faut s'imposer un peu pour pouvoir les aider. 

Et je ne sais pas si on était capable à survivre à 7 jours de leur régime alimentaire.

Malgré tout nous avons de bons moments de rigolade dans la yourte principale et cette première expérience reste très positive et on se demande surtout comment ils arrivent à vivre ici toute l'année, surtout l'hiver.

Paysages
Paysages
Paysages
Paysages
Paysages
Paysages
Anaïs rentre les veaux dans l'enclos
Au revoir !
0 commentaire