Buôn Ma Thuột, couleur café ♪

Publiée le 29/11/2019
Du 20/11 au 24/11. Séjour chaleureux, dans tous les sens du terme, au cœur de la province du Đắk Lắk, à la découverte de ses habitants et de ses terres fertiles. Une étape complètement improvisée et menée au rythme local.

Comme expliqué dans le dernier article, les aléas climatiques dans le centre du pays nous ont incités à rejoindre le Sud du Vietnam plus vite que prévu. Tant pis pour Hội An. Ça sera pour une autre fois.

Pour la prochaine étape, nouvelle méthode : on repère sur Maps des régions que l'on ne connait pas et que l'on va "Googler". Buôn Ma Thuột nous séduit avec ses nombreux atouts : Ville inconnue au bataillon, plantations de poivriers et de cafés, villages ethniques. Rendez vous est donc pris avec celle que l'on appellera BMT. Plus facile pour nous, et pour vous 👍 !

Dans l'étude de nos options de transport, sacrilège, c'est l'avion qui aura le dernier mot. A peine plus cher pour 2h de vol que pour 30h de trajet en train ou en bus. Ensuite, on a eu le choix entre Bamboo Airways ou Vietnam Airlines. Le choix a été vite fait, le nom de la première compagnie ne nous rassure pas. Espérons que leur nom ne vienne pas du matériau de leurs avions ! 

De Ninh Bình, nous regagnons donc Hanoï et son aéroport. 3 petites heures de minibus qui vont en paraître le double : jamais eu aussi peu de place pour nos jambes. En mode contorsionniste.

RAS au niveau du vol, si ce n'est que nous sommes les seuls occidentaux à bord : c'est bon signe !

Vietnam Airlines
Arrivée à BMT

A l'aéroport, un taxi commandé par l'hôtel nous attend avec la pancarte "Tanguy Février". VIP.

Bon, je pense que même sans sa pancarte, il nous aurait reconnus. Février ça sonne pas tellement Vietnamien.

Nous serons donc dans un petit hôtel familial, proche du centre. On ne le sait pas encore mais la famille qui tient l'hôtel va être adorable, à l'image de tous les gens rencontrés en 4 jours.

Dans BMT, pas grand chose à voir. L'idée est plutôt d'aller en campagne, pour y visiter les plantations, notamment de café. La région est connue comme le grenier à café du Vietnam.

Comme d'habitude, nous n'avons pas le budget pour prendre un guide et faire un trek à la rencontre des villages. Du coup, on repart pour 4 jours à moto, à la mode locale, en espérant faire des rencontres au hasard de nos divagations.

Jour 1. Les cascades de Dray Nur et Dray Sap

En ce premier jour, nous mettons le cap vers l'Ouest et l'un des sites un peu connu de la région : les cascades de Dray Nur et Dray Sap. Le long de cette route, notre GPS indique la présence d'autres cascades.

Par les températures qui règnent sur les hauts plateaux (On frôle les 35 degrés chaque jour), on ne dirait pas non à un moment de détente au bord de l'eau.

Avant de rejoindre les cascades, petit crochet par un "village" typique tout près de la ville. Il s'agit d'une exposition grandeur nature, les maisons traditionnelles des Mnong, toutes en longueur, y sont présentées. Personne n'habite vraiment ici d'ailleurs. Cet endroit n'a pas l'air très fréquenté ! On y restera quelques minutes le temps de voir l'intérieur de l'une des ces maisons.

"Village" Mnong
"Village" Mnong
"Village" Mnong

Nous prenons donc rapidement la direction des cascades. Sur la route, une fois sortis de l'environnement proche de BMT, le festival du café commence.

Café
Grains de café

Il y en a partout ! Parfois seul, parfois combiné avec des plantations de poivres ou encore autour des rizières.

Plantation de café et rizières
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Où est Anaïs ? Level 1
Où est Anaïs ? Level 2

En arrivant près de la première cascade, nous traversons un village Mnong. L'occasion de voir de vraies maisons traditionnelles. Moins reluisantes que celles du musée en plein air.

Sur la route
Village Mnong
Village Mnong
Village Mnong

Dans les cours des maisons, les grains de café sèchent au soleil.

Café séchant au soleil
Village Mnong

Ici les gens sont accueillants. Ils rient et nous saluent dès qu'ils nous voient. Cela commence bien !

Nous arrivons à la cascade de Dray Nur. La plus belle de la région. 250m de long, 30m de haut.

En plus de profiter du paysage, nous croisons pas mal de locaux en plein pique-nique. Bonne ambiance !

Dray Nur
Dray Nur

La cascade Dray Nur a une voisine qui s'appelle Dray Sap. Selon la vendeuse de tickets à l'entrée, pas possible de la voir d'ici, il faut reprendre la route et remonter la rivière jusqu'au prochain pont : 30km de détour.

On abandonne l'idée, trop loin. On se rendra compte sur Maps que c'était faisable à pied, trop tard. Et merci à elle !

On se rabat donc sur la suivante, Gia Long. Pas de suspens, on ne l'a pas trouvée. Mal placée sur maps.me.

Après ces 2 gros fails, on se décide à aller manger. On trouve un petit troquet avec hamacs, la dame paraît bien gentille. Finalement, grâce au Gpalemo, on se comprend : elle ne propose qu'à boire.

Bien pratique ce petit carnet !

Heureusement elle nous indique un resto un peu plus loin.

Nous mangerons donc à Com Ga 68. Com veut dire Riz et Ga c'est le poulet. Tu devineras tout seul ce qui était au menu.

Le 68 c'est pour le numéro de l'adresse. Plus loin sur la même route, on croisera le Com Ga 96. Ou encore le Com Bo 128 (Riz Boeuf), au moins tu sais à quoi t'en tenir.

Com Ga 68

Pendant le repas, la chaleur nous accable. A peine terminé, on retourne dans le troquet précédent : hamac, chocolat ou café local frais, café local chaud, jus de canne. Tout ça pour moins de 2€ et 2 bonnes heures de sieste entrecoupées de rires avec les proprios.

Pause hamac

Le bilan de la journée : 1 seule cascade sur 4 de vue (la dernière, on a préféré ne pas y aller). Par contre, on a pris le temps de prendre le temps. Un luxe appréciable.

Et puis, on a déjà trouvé les plantations de café, de poivre, et d'anarcadiers. Malheureusement, il n'y a pas de noix de cajou sur ces derniers, ce n'est pas la saison.

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Plantation d'anarcadiers

Jour 2. Autour du lac Ea Kao

Pour ce deuxième jour de vadrouille sur les hauts plateaux, pas de gps, ni d'objectif précis.

Du coup, on se retrouve vite au milieu de nulle part. Enfin si, au milieu des plantations de café. Quand on vous dit partout !

Café

Lorsque l'on sort des routes principales, on se retrouve sur des chemins de terre rouge. Cette terre propice à la culture des caféiers nous fait penser à des images d'Afrique, ou d'Australie.

Plantation de café
Piste empruntée

En milieu de matinée, nous arrivons devant une plantation différente des autres : au contraire de toutes celles croisées jusque-là, elle semble être plus industrialisée.

D'habitude, les plans de caféiers s'étendent sur une petite surface autour des maisons des agriculteurs. Ici, pas de maisons mais quelques petits hangars.

On entre et on demande à tout hasard s'il est possible de visiter : Bingo !

Le gars nous fait la totale : plantations, triage des fruits de cafés, zones de séchage des grains. On verra tout le processus, intéressant. En mode VIP.

Notre guide, le propriétaire de la plantation
Triage des fruits
Ramassage du café
Café ramassé =)

Alors le café ?

D'après ce qu'on a pu apprendre sur place, les cerises de café sont récoltées à la main. Une fois que la plupart des grains sont bien rouges, ils récoltent toute la branche. 

Ensuite, le triage des grains est fait à la main : on enlève aussi les petites feuilles et bout de branches. Tous les grains conservés sont empaquetés et emmenés vers les entrepôt à quelques mètres de là.

Dans l'entrepôt, les grosses machines permettent de séparer les grains de la peau et de la pulpe, tout ça dans un bain d'eau chaude. Une fois les grains séparés, ils sont triés selon leur poids (plus lourd = plus mûr).

Enfin ils sont sécher au soleil pendant une dizaine de jours.

Lors de nos visites dans les villages, nous observons les cerises de café en train de sécher au soleil : c'est un procédé plus ancestrale. Ils sèchent les cerises afin d'ensuite séparés les grains plus facilement à la main. Et oui, sans machine, il y a plus de boulot ! 

Café
Séchage des grains de café au soleil

On prendra un café de chez eux avant de partir. Comme hier, le meilleur café jamais bu de notre vie (c'est Tanguy qui parle, Anaïs n'aime pas !). Pour la variété c'est simple, il n'y a que du robusta ici.

Café de chez Aeroco, pour ne pas faire de pub !

Pour la suite, nous continuons au hasard autour du lac Ea Kao où nous avons atterri après notre visite de la plantation.

A midi, on se cale avec un petit Bun Cha au bord de la route : nous n'avons pas pu résister à l'odeur du BBQ.

Autour du lac Ea Kao
Lac Ea Kao
Le Bun Cha BBQ
Le Bun Cha BBQ

On passera l'après midi sur les routes autour du lac, avec pas mal de contacts avec les locaux.

Des collégiens que nous doublons nous rattrapent pour travailler leur Anglais. "Hello ! What is your name ? ""Anaïs and you ? ""Ah ! OK OK ... euh ... OK OK". Il y a encore du boulot !

Un vieillard qui veut absolument nous serrer la main. Il nous demande d'où l'on vient. Grand sourire (sans dents) quand on lui dit France.

Et des centaines de "Hello" et de coucous sur la route. On parlait des sourires et de l'accueil des locaux à Bac Ha. Ici c'est encore plus vrai !

Jour 3. À la recherche du chocolat autour du lac Lak.

Généralement, lorsque l'on arrive dans une région, on a déjà fait quelques recherches sur ce qu'il y a à voir ou visiter. Ici, on n'a pas trouvé quand chose. Mais sur la route des deux jours précédents, on s'est rendu compte que les cafés vendent aussi du cacao local. Du coup l'objectif de ce jour 3 est simple : trouver les plantations de cacaoyers se trouvant autour du lac Lak (Non non pas d'erreur, le lac s'appelle bien Lak).

A priori, il y a aussi des villages Mnong et Eze par là bas. Et des éléphants ...

C'est parti pour 50km d'une traite sur une route nationale, le cuir du siège de la moto s'en souvient encore : on a serré les fesses plus d'une fois. Après une heure de route, nous bifurquons sur un chemin. 8km en mode 4x4 pour rejoindre un camp au bord du lac. A priori ils font visiter leurs plantations de cacaoyers.

La piste 4x4 vers le camp

Après 1 heure bien sportive sur une piste cabossée (place ton jeux de mot avec le fruit du cacaoyer, 1000 points 👏). On arrive dans le camp par l'entrée des artistes. En fait leurs clients arrivent plutôt par bateau. On se disait bien que la route était peu accessible.

C'est la déception quand on voit que c'est surtout un camp de tentes aménagées pour client aisé : le budget pour une nuit = 3 jours de budget tout compris pour nous ! Et leurs plants de cacao sont bien tristes et sans fruits.

Heureusement, la manager nous sauve la suite de la journée en nous disant où trouver quelques (vraies) plantations.

La piste 4x4 vers le camp

Demi tour donc, via la piste. Après de nouveaux remous (une perte de tong dans la boue) et une traversée de ruisseau épique, nous voilà dans un petit village.

Alléluia, en rôdant autour des maisons et de leurs jardins potagers, on croise finalement quelques cacaoyers : la journée est gagnée ;)

Cacaoyers
Fèves de cacao qui sèchent devant une maison

A part ça, les gens ici ne doivent pas voir beaucoup de touristes car c'est le choc pour certains de nous voir ! Mais ça finit toujours en grand sourire ;)

Après cette trouvaille, on entame un tour du lac. Les plaines sont pleines (grosse forme aujourd'hui sur les jeux de mot) de rizières vertes.

Autour du lac Lak
Autour du lac Lak
Autour du lac Lak
Autour du lac Lak

Contrairement au Nord du pays, ici on est dans une période de pousse du riz. Il est bien vert, donc pas encore mâture pour la récolte.

Lorsque l'on se met en quête d'un repas pour midi, on aperçoit un gros truc gris dans l'eau du lac : un éléphant !

Éléphant dans le lac Lak

Chouette, on va voir ça de ce pas. Résultat : 5 ou 6 éléphants d'Asie parqués sur un parking, à disposition des touristes (pour la plupart Chinois ou Vietnamiens) pour une promenade sur leur dos. Ils pourraient au moins les laisser dans un champ en attendant des clients ! En tout cas, nous ne serons pas leurs prochains clients.

Le repas nous réconciliera assez vite avec les vietnamiens. Encore un régal : le premier porc au caramel pour Anaïs. Tanguy de son côté n'arrive plus à se passer du porc ananas sauce aigre douce.

Régal vietnamien encore une fois !

Sur la route du retour pendant l'après midi, nous croisons toujours autant de café mais aussi pas mal d'arbres fruitiers : bananiers, jacquier, durian, longanes, roucous.

Sur la route du retour
Magnifique arbre croisé sur la route du retour
Roucous
Roucous
Jacquier
Jacquier
Bananiers

On croisera aussi des pêcheurs à l'électricité : ça fonctionne plutôt bien mais le poisson semble bien amoché tout de même !

Pêche électrique
Sur la route du retour

Un passage de bac et on se retrouve dans un village où plusieurs maisons fument. On s'arrête devant l'une d'elles : ils séparent les grains de leurs fruits, seule étape que l'on n'a pas vue en fonctionnement  hier à la plantation. Les charmants habitants nous invitent à entrer pour voir ça de plus près. Devant le four on n'y voit plus rien, la vapeur d'eau forme un épais brouillard.

En attendant le bac
Sur le bac
Préparation du café

Une nouvelle belle journée pleine de découvertes !

Jour 4. Le hasard fait bien les choses

Dernier jour à BMT en attendant notre bus de nuit pour Hô Chi Minh-Ville. Le gérant de l'hôtel nous fait une réduction sur la location  du scooter. On ne se fait pas prier.

On part de nouveau en vadrouille en ce Dimanche, jour de mariages dans les alentours de BMT. On croise des fêtes tous les 500m ! La plupart à base de karaokés endiablés.

Ces derniers jours nous ont montrés que les plus belles découvertes se trouvent autour des lacs. On en cible un sur notre carte et partons à sa rencontre.

En se rapprochant : c'est le jackpot ! Deux grandes plantations de cacaoyers. Avec de belles cabosses bien rouges.

Cacaoyers
Tanguy parmi les cacaoyers
Cacaoyers
Plantation de cacaoyers

Nouvelle expérience à midi : Comme d'habitude on s'arrête au hasard dans un troquet. On sort le Gpalémo pour essayer de commander un truc potable à manger. Ça se passe pas trop mal, la gérante est sympa et ses deux filles sont rigolotes.

L'assiette servie est classique : Riz, bœuf, tofu et légumes. En bonus, d'autres morceaux de tofu trempés dans un jus de poissons, c'est fou comme le tofu peut prendre une multitude de formes et de goûts.

Et puis, un autre morceaux de viande, on dirait du poulet. Tanguy commence à mordre dedans mais c'est assez cartilagineux, il ne le sent pas. C'est mis de côté.

Pas de gâchis pour Anaïs : elle prend le morceau dans l'assiette de Tanguy et le déguste. C'est plutôt bon jusqu'à ce qu'elle tombe sur un œil. C'est en fait un bout de tête de poulet !

Estimons nous heureux, le resto en face vend du chat et du chien !

Restaurant de rue
Huuuum
Village
Sur la route du retour
Sur la route du retour

Dans l'après midi, on se retrouve sur la route du café du premier jour. Allez ! Pause hamac. Ils nous reconnaissent et ont l'air ravi que l'on revienne ;) nous aussi.

Pour finir en beauté ce séjour, on a trouvé le resto pépite de BMT : un bun dao dans la rue.

Nous attendrons le bus de 22h30 dans une chambre de l'hôtel. La famille nous a offert de prendre une douche et de se reposer avant le départ. Encore une preuve de la gentillesse de la population locale !

En général, on est plutôt séduit par les vietnamiens. Mais il y a toujours un ou deux moments un peu moins agréables où l'on nous prend pour un porte monnaie sur patte. Ici à BMT, pas un seul soucis de ce genre sur 4 jours, au contraire.

Nous quittons donc les hauts plateaux pour rejoindre le delta du Mekong, en passant par Hồ Chí Minh. En espérant que le Sud soit aussi dépaysant et reposant que cette perle de Buôn Ma Thuột.

M-1 avant Noël

En nous baladant dans BMT un soir, nous apercevons toutes les illuminations de la ville, des chants de Noël et des énormes sapins décorés. 

Gros choc, mais oui, nous sommes bien à 1  mois de Noël. Nous avons du mal à y croire car nous souffrons de la chaleur; Nous avons même dansé dans un centre commercial sur des chants de Noël en tongs et short. Une première pour nous !

En parlant de Noël, on ne s'y attendait pas mais ici, au Vietnam, un partie de la population est catholique et fêtent Noël. il y a énormément d'églises. La présence catholique date d'avant la colonie française, mais c'est lors de cette période que la plupart des églises ont été bâties.

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