Arrivé a Chiayi apres avoir passé le vendredi soir a Taipei avec mon ancien collegue Tony et notre pote Ludi, qui est certainement la personne qui parle le meilleur francais du monde, alors au'il est 100% Taiwanais.
Mon mode de fonctionement sera donc de sortir du train, regarder la carte de la ville a la sortie de la gare, car il y en a toujours une, repérer la rue dans laquelle se trouve mon auberge dont j'ai préalablement noté l'adresse dans mon carnet, marcher jusque la-bas et... Me rendre compte que l'auberge est en self check-in, le reglement se fait sur internet, la porte de l'auberge a un mot de passe, tout est écrit dans le mail que j'ai recu, bref... Un peu anachronique mon histoire quand meme.
Mais comme j'ai tout de meme un telephone et un num local je peux contacter la personne en charge qui regle mon souci tres vite. Et finalement c'est facile... Quand tu parles mandarin. Et que tu sais dire "#" en mandarin. Super niche.
Je sors pour prendre un peu le pouls, j'ai entendu une mega fanfare passer a coté de l'auberge.
C'est une procession religieuse, c'est sur. Mais pour qui ? Et pourquoi ? J'ai beau demander au garagiste du coin de la rue et au policier qui fait la circulation, je n'aurai rien d'autre qu'un "c'est pour prier' comme reponse. Qui est une facon bien élégante, je le concede, de me dire que c'est super long et chiant a expliquer.
Je continue a marcher, tombe sur le marché de nuit, déambule, achete une boisson -passion nationale des Taiwanais- a la courge d'hiver et au citron (ca sonne vraiment ignoble mais c'est magnifique), vais manger rapidement puis prend le chemin du retour.
Je m'arrete dans un parc ou une soixantaine de personnes de l'age de mes grands-meres, voire de l'age de mes deux grands-meres réunies, chantent tour a tour au karaoke. Certains dansent, certaines chantent assises sur leur chaises, certains arrivent avec un en-cas pendant que d'autres repartent ou voguent d'un groupe a l'autre car tout le monde a l'air de se connaitre depuis au moins un demi-siecle. Ca fume des clopes en loosdé (interdit dans les parcs enfin!)... Moi aussi, tiens. Découvrir que ma future passion dans la vie etait d'etre un octagenaire(au bas mot) qui croise ses potes tous les samedis au karaoke plein air du parc du centre-ville apres avoir vecu des années d'occupation par les japs, une guerre mondiale, une guerre civile, une arrivee en trombe sur une 'nouvelle' ile suivie de 50ans de loi martiale m'a rendu nostalgique d'une vie que je n'ai pas vécu. Egoiste que je suis.