Il est 7h du matin sur le port de Padang Bai, et le speedboat pour Lombok a une heure de retard sans que personne ne sache vraiment pourquoi. Autour de moi, une dizaine de voyageurs dans le même état, assis sur leurs sacs, en train de refaire leur itinéraire sur leur téléphone. C'est à ce moment précis que j'ai compris que le vrai sujet, en Indonésie, n'est jamais l'île qu'on choisit, c'est le temps qu'on accepte de perdre entre deux. Ce n'est qu'en discutant avec d'autres voyageurs sur ce même ponton que j'ai réalisé à quel point chacun avait improvisé son parcours de la même façon, avec les mêmes surprises et les mêmes regrets sur le temps perdu en transit.
Au départ, mon plan tenait sur un post-it : Bali pour atterrir, Lombok pour la nature, les Gili pour finir en beauté. Sur une carte, la logique semblait imparable. Sur le terrain, chaque étape a demandé une réorganisation, parce que les distances qui paraissent courtes sur Google Maps se transforment en une demi-journée de bateau, de taxi partagé et d'attente sur un quai.
Bali a joué son rôle d'entrée en matière, entre les rizières d'Ubud et les scooters qui filent dans tous les sens. C'est vivant, hyper organisé pour le tourisme, parfois un peu trop. Lombok a cassé ce rythme d'un coup, routes plus abîmées, infrastructures plus rares, mais des plages qu'on a souvent pour soi seul pendant de longues minutes. Les Gili, enfin, imposent leur propre tempo : pas de scooters, pas de voitures, juste le vélo ou la charrette, et trois ambiances franchement différentes d'une île à l'autre, de la plus festive à la plus silencieuse.
Ce détail des transports, c'est justement ce qui manquait à ma préparation. Les ferrys publics annoncent des horaires qu'ils tiennent rarement, et les speedboats, plus fiables, coûtent vite le double ou le triple pour la même traversée. Sur un budget serré, ce genre d'écart change complètement la façon dont on construit son itinéraire. J'aurais gagné plusieurs jours, et pas mal d'argent, en regardant en amont un comparatif sérieux des îles plutôt que de m'en remettre aux recommandations glanées au fil des conversations d'auberge.
Avec le recul, je ne regrette aucune des trois étapes, mais je répartirais autrement le temps, moins sur Bali, davantage sur les Gili, et une vraie marge de sécurité entre chaque trajet plutôt qu'un enchaînement serré. Pour qui prépare un premier voyage en Indonésie, mieux vaut construire l'itinéraire à partir d'une vision large du pays, avec ses grandes régions et leurs contraintes de déplacement, plutôt qu'à partir d'une liste d'îles qui donnent envie sur Instagram.
C'est d'ailleurs en fouillant après coup que je suis tombé sur un comparatif qui aurait clarifié pas mal de mes choix notamment sur les écarts de rythme entre les îles. Et pour prendre du recul sur l'ensemble du pays avant de se fixer sur un itinéraire précis, la fiche dédiée à la destination donne une vision d'ensemble assez utile, bien plus complète que ce que j'avais réuni moi-même avant de partir.