La journée avait été éprouvante..Je pouvais me relâcher. Je commençais à m'assoupir dans le bus pour Kars lorsque le "chef de bord" d'une vingtaine d'année, à peine sorti de. l'oeuf, vient vers moi "Vous êtes musulmane?". J'étais fatiguée et je n'avais pas envie d'engager la conversation dans ce car qui faisait un bruit de tracteur et me secouait comme un ballot de paille."Chrétienne alors?". J'aurais dû dire oui, j'aurais eu la paix. "Athée"..İl n'a pas compris. Savait- que ça existait? J'ai expliqué et là, il s'est emballé. Conversation googleisée dans la pénombre du bus. Son dernier message pour conclure alors que j'avais argumenté que je ne pouvais pas croire en un Dieu bon qui laissait martyriser et tuer des petits enfants. Voici sa réponse: " Oui, nous travaillons de très longues heures pour cette raison, mais Dieu — le Tout-Puissant — demandera des comptes aux hommes à ce sujet dans l’au-delà. Quoi qu’il en soit, c’est Dieu qui vous a créé et qui vous a conduit là où vous êtes aujourd’hui. Je ne cherche pas à remettre en question vos croyances ; veuillez me pardonner cette intrusion. Bon voyage.." Bien sûr que je remercie Dieu de m'avoir conduite jusque là. Je suis bonne fille. Le fanatique m'a tapoté l'épaule à 6h1/2 du matin (j'ai cru que c'était Dieu)., nous étions arrivés à Kars. Le voyage n'avait duré que 6h. L'autogar était vide, enfin presque.Les chauffeurs de taxi attendaient.
Oui bien sûr, Un chauffeur connaît un super hôtel dans le centre pour 800 lt. (14 €36 d'après le cours actuel). 0n charge et on y va.! Le gars cogne à la porte (il est à peine 7h du matin). İl l'ébranle en pestant. Le patron sort et le fou dehors. Le gars est très nerveux. Je comprends qu'il ne sait pas quoi faire de la française avec ses sacs. Je lui propose de me laisser dans un café. Super idée. Un petit boui boui à 2 pas de là fera l'affaire.İl semble fermé mais il est ouvert.. Le local ressemble plus à un garage aménagé qu'à un café. 3 ou 4 hommes boivent du thé en fumant une cigarette. Ils me regardent tous d'un air un peu niais (je dois avoir le même air n). Mon énervé croise un pote sur le trottoir, échange quelques mots avec lui (il semble bien connaître le quartier) et illico décharge mes sacs et me plante là ( 500lt soit 8€97 au cours actuel pour un premier chauffeur). Ma bouée de sauvetage est ... chauffeur de taxi et il a un bon plan. On s'assied sur les chaises de maternelle avec un thé pour discuter du plan. Une affaire en or, en plein centre ville pour 1600 lt (28€72 au cours actuel). C'est trop cher. İl insiste. On y va. (pour la course 200lt soit 3€60 selon le cours actuel, c'est raisonnable).
À l' Hôtel du Centre, j'ai passé une nuit +une nuit +une nuit+une nuit.il fallait bien réfléchir avant de passer la frontiere georgienne.😂 Nato m'attend à Tbilissi mais elle comprend. Elle m'envoie des coeurs et des baisers
Tout ça pour dire que, comme à Van, les boutiques sont pleines à craquer et que la clientèle n'est pas là. C'est la crise économique en Turquie. Pourtant on continue de produire toujours plus à un rythme effréné (j'ai entre aperçu des ouvriers -esclaves dans un atelier dont la porte était ouverte. De jeunes garçons penches sur leurs machines à coudre faisaient voler les pièces de tissu à un rythme effréné).
Un petite demie heure a pied, ce qui me donne l'occasion de prendre mes repères dans la ville et de regarder, de m'étonner de m'amuser. Sur le chemin du musée, je cherche des traces de cette architecture qui me rappelle tellement Gyumri. Les petits maisons basses en pierres de taille, avec leurs colonnettes et leurs motifs décoratifs.
Les musées d'histoire sont toujours très intéressants dans les pays de l'est car chacun tire la couverture à soi pour s'approprier les plus anciennes civilisations et passer sous le tapis ce qui dérange. C'est aussi comme ça qu'elle est transmise aux enfants et cultive le nationalisme. L'histoire est un bon engrais pour faire pousser certaines idées. Le musée de Kars est particulièrement intéressant. İl s'agit de savoir comment ils vont s'en sortir avec la question arménienne.
Bien sûr, il y a les armes, les costumes, les bijoux , le tissage. Tout cela est très beau. Mais on s'habitue au beau. Dehors, plus de surprise, des pierres tombales très primitives .
Je dois repartir de l'autre côté de la ville bour le " Musée du front Caucasien". Le musée d'histoire valait le déplacement, en plus il est gratuit. Quelques locaux en font leur sortie du dimanche. Le personnel s'ennuie. Le quartier est assez excentré et un peu déprimant. Heureusement il fait beau.
La bataille de Sırakami (22 décembre 1914 – 17 janvier 1915) est l'un des épisodes les plus tragiques de l'histoire militaire turque. Le ministre de la Guerre ottoman, Enver Pacha a eu la très mauvaise idée de cette offensive en plein hiver. Le plan consistait à à encercler l'armée russe du Caucase pour reconquérir les territoires de Kars, Ardahan et Batoum perdus en 1877. L'objet du musée est de faire des 60000 soldats morts de froid et sous équipés des modèles d'héroïsme individuel pour sauver la patrie.
Dans la foulée Enver Pacha a organisé le génocide. İl a eu plein de médailles. İl est mort à 40 ans Une chance.
(Je vais demain à Ardahan pour passer en Georgie)
L'intérêt du château, c'est qu'il permet de prendre l'air à 2 pas du centre ville. Au pied du château une église arménienne,
On trouve de tout. Du vendeur de chapelets à celui de marrons grillés.
Ismaël est Kurde. Selon lui, la Turquie a beaucoup de tords vis à vis des arméniens. İl aimerait en rencontrer. D'ailleurs la frontière va s'ouvrir. Les Arméniens ont-ils envie de rencontrer des turcs ? İl me reprend : je suis kurde. Peut-être , mais les kurdes ont tourné leur veste avec Atatürk et participé au génocide. Silence. Bien sûr . Silence. Enfin on a beaucoup parlé pendant ces 4 jours. İl n'a pas grand chose à faire. Glandeur? rêveur ? Crise de la quarantaine.İl est prêt à laisser femme et enfants pour refaire sa vie n'importe où. Ah les hommes! Je ne me suis d'ailleurs pas gênée pour lui dire que cela me faisait rire.