Des Halles à la Cité

Publiée le 06/09/2019
Du quartier des Halles à l'île de la Cité, quand le Moyen Age et le consumérisme modernes se téléscopent

Le Ventre de Paris

Ce voyage dans le temps commence dans la rue Montorgueuil, autrefois cette rue amenait jusqu'aux portes de Paris le poisson en provenance des cotes de la Manche, héritière d'une voie romaine qui filait vers la mer et plus loin la Bretagne insulaire. Aujourd'hui c'est une rue remplie de commerces de bouche, tout comme autrefois, mais aussi d'une kyrielle de restaurants attirant bobos et touristes sur leurs terrasses. 

Je quitte ce quartier surpeuplé pour me glisser dans la rue Tiquetonne, à voir la forme de la rue, mais surtout celle des immeubles on devine que nous sommes aux pieds des remparts , à cette époque la muraille de Philippe Auguste entourait Paris.

Je rejoins ensuite la rue Etienne Marcel, et au N° 20 je trouve la Tour de Jean Sans-Peur, Duc de Bourgogne, qui la fit bâtir en 1411. C'est un des derniers vestiges du Moyen Age à Paris.et tout ce qui reste du palais ducal.En la visitant on monte un escalier à vis. D'étranges signes sont gravés dans la pierre à différents endroits, signes qu'à ce jour aucun historien n'a pu expliquer ni identifier, graffitis des membres du palais? Signes destinés à une invocation ou à éloigner le mauvais œil? Tout est permis en terme d’explication!

Au cours de la visite je découvrirais des latrines, les plus vieilles connues à Paris, et surtout chauffées!! En effet elles étaient adossées à une cheminée et bénéficiaient ainsi de sa chaleur à travers le mur! 

Tout en haut de l'escalier, la colone centrale s'évase en un arbre couvert de feuillage qui serpente au plafond. Cet arbre possède trois feuillages différents, la feuille de chêne pour rappeller son père, celle de l'aubépine pour le souvenir de sa mère, et celle du houblon pour lui-même. 

Le palais était à l'époque adossé à la muraille de Philippe Auguste, mais lors du percement de la rue Etienne Marcel par l'éventreur de Paris, le baron Haussmann, il fut tout bonnement rasé!

Au cours de ma visite, j'ai pu découvrir également une exposition sur la justice au Moyen Age, j'ai ainsi appris l'origine de deux expressions:" L'affaire est dans le sac", et "Une affaire pendante".

Il faut savoir que pour instruire les affaires judiciaires, les greffiers de l'époque inscrivaient sur un sac le nom des justiciables ainsi qu'un résumé de l'affaire en cours, et déposaient dans ce sac tous les documents et pièces à conviction, ce qui donna "l'affaire est dans le sac!" , puis ils pendaient le sac à un clou accroché au mur du tribunal dans l'attente du jugement, ce qui fit dire d'une affaire en attente qu'elle était "pendante"!

Mais je continue ma route, et celle ci me ait passer devant l'église St Eustache, une des plus imposantes de Paris, avec 100m de long pour 43 de large et une hauteur de 33m à l'intérieur.Malheureusement inaccessible ce jour-là, elle a été bâtie sur le même plan que Notre Dame et en gardant les mêmes proportions. 

Un petit détour par la rue du Jour voisine, c'est l'ancien chemin de ronde de l'enceinte de Philippe Auguste, bien plus tard, Charles V s'y fit construire un séjour appelé "Séjour du Roi", la rue pris le nom de "rue du Séjour", qui devint rapidement "rue du Jour". 

Je continue vers la rue de la Ferronnerie, au XVIIe siècle elle était fort étroite, bien plus que de nos jours, et un certain jour de mai, le 14, le roi Henri IV y fut assassiné. Cela se passa devant une auberge, aujourd'hui restaurant, qui portait le nom prédestiné de "L'Auberge du Cœur Couronné Percé d'une Flèche", aujourd'hui le restaurant s'appelle plus sobrement "Le Cœur Couronné".

Juste derrière cette rue, on trouve la Fontaine des Innocents, qui rappelle le souvenir du cimetière qui jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, accueilli plus de deux millions de corps de parisiens. Le cimetière était situé entre des murs exigus, L'odeur pestilentielle n’empêchait pas toute une foule de prostituées et de marginaux de vivre au pied des murs de ce cloaque. Les étals des boucheries alentour, ainsi que le pilori et l'estrade des suppliciés posés sur la toute proche place du châtelet ajoutaient certainement à l'ambiance morbide qui devait régner sur l'endroit. Juste avant d’être rasé, l'amoncellement de cadavres dans les fosses communes avait surélevé le sol du cimetière de de deux mètres par rapport au niveau de la rue! 

Lorsque l'un des murs s'effondra et que des milliers de corps et d'ossements se répandirent dans les rues et les cours des maisons, le cimetière fut détruit, les corps furent entassés dans des charrettes et jetés dans les catacombes.

Je passe par les Halles. Ce qui fut pendant 800 ans le ventre de Paris, du marché aux Champeaux du Moyen Age aux Halles des XIXe et XXe siècles, est devenu une verrue, une monstruosité architecturale, cave de béton où plongent les voyageurs du RER et les consommateurs attirés par les boutiques qui peuplent ces souterrains où ne brille que la lumière des néons. Par contre la foule de marginaux qui vivaient autour de cet endroit animé n'a pas changée depuis ces siècles passés, ils sont toujours aussi nombreux à mendier, a faire de la musique, des tours de magie ou à tenter de vider vos poches!

Je descend jusqu'au Chatelet, assister une fois de plus à l'oeuvre de notre éventreur parisien, qui a rasé tous les bâtiments qui entouraient cette place, château féodal, prison, et le tout premier palais de justice de Paris, pour en faire une place où se croisent deux immenses boulevards.

Je fuis jusqu'au pont neuf, en passant par le quai de la Mégisserie, où les ateliers de tannage ont été remplacés depuis bien longtemps par des graineteries et animaleries, qui font face aux bouquinistes.

Je traverse la Seine par le Pont Neuf ( le plus vieux de Paris) pour arriver à la pointe de l'Ile de la Cité.

Là je contemple un instant le square du Vert Galant, nom qui rappelle Henri IV, et qui est un hommage coquin à ce roi dont la vigueur légendaire est immortalisé par la forme de ce square qui pénètre hardiment la Seine de sa pointe! 

Au moyen Age, ce square n'était par sur l'Ile de la Cité, qui se terminait beaucoup plus haut, mais faisait partie d'un petit groupes d’îlots. Lui était "l'île aux Juifs", certainement parce que des juifs y furent brulés à plusieurs reprises. Un autre brasier célèbre fut installé à cet endroit, celui de Jacques de Molay, dernier Grand Maître du Temple.

Mais il est temps de rentrer, ma promenade se termine ici, je reviendrais un autre jour pour explorer cette île.

rue du jour
reste du séjour royal
rue Montorgueuil
rue Tiquetonne
tour jean sans peur
palais de bourgogne
tour jean sans peur
Paris à l'époque
signes mysterieux
signes mysterieux
signes mysterieux
le plafond
latrines chauffées
tour jean sans peur
sacs de justice
st eustache
pilori
fontaine des innocents sur l'emplacement du cimetiere
bonjour Ravaillac
c'etait là
les halles
quai de la megisserie
pont neuf
square du vert galant, bucher des templiers
5 commentaires

Wally

Belle promenade dans les rues de Paris après toi 😉

  • il y a 2 mois

oliv58

Merci mon ami. La prochaine pour bientôt j'espère 😊

  • il y a 2 mois

Wally

J’attends la prochaine promenade avec impatience mon ami 😎

  • il y a 2 mois
Anna

Annabaty

Très intéressante page d'histoire ...de Paris !!!!!!

  • il y a 2 mois

oliv58

Merci Annabaty !

  • il y a 2 mois
8 Voyages | 63 Étapes
Paris, France
9e jour (05/09/2019)
Étape du voyage
Début du voyage : 28/08/2019
Liste des étapes

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