Jeudi 23 octobre 2025
Pour me rendre à Junagadh, j'ai donné rendez-vous à mon chauffeur d'hier. J'ai réservé à l'hôtel Bellevue Sarovar, un hôtel très chic, mais on me fait attendre jusqu'à 14 H pour le check-in. Ma chambre est immense et merveilleusement confortable. Un peu de luxe de temps en temps est bien réconfortant.
Je m'installe tranquillement. Je vais juste faire une petite balade le long de Railway Station Road. Je passe une porte magnifique qui me révèle au loin le splendide Mahabat Maqbara, le mausolée d'un nabab du 19e siècle. Je me réserve le plaisir de visiter cette splendeur demain.
Je vais dîner au restaurant du 1er étage de l'hôtel où l'on sert un buffet le soir. Je me régale, je goûte un peu à tout et tout est délicieux. Bien sûr, le prix du repas est à l'image de l'hôtel : près de 800 Rps ! Bon, ce n'est que 8 euros.
Vendredi 24 octobre 2025
Le buffet du petit déjeûner est digne de celui d'hier soir.
Je vais marcher jusqu'au Mahabat Maqbara qui n'est vraiment pas loin, à 10 minutes à pied environ. Il est encore plus beau de près. Je me régale à prendre des photos.
L'après-midi, je m'occupe de mon trajet Junagadh-Jamnagar. Je vais une fois encore prendre une voiture avec chauffeur, c'est un moyen de transport tellement confortable. Je vais m'adresser pour cela à l'hôtel.
Il est 16 H 30 lorsque je me décide à prendre un tuk tuk pour le fort d'Uparkot. Mon chauffeur va d'abord boire un chai pour se donner de l'énergie. A l'abord du fort, nous tombons dans un méli-mélo de voitures, motos, tuk-tuks, et voilà qu'il est fermé ! Je n'ai plus qu'à refaire le chemin en sens inverse.
Je vais à nouveau dîner à l'hôtel où la cuisine est vraiment délicieuse. Les desserts, dont j'avoue abuser un peu, ont parfois des couleurs fluo assez suspectes.
Samedi 25 octobre 2025
Je vais ce matin retourner au fort, après avoir vérifié sur internet les horaires d'ouverture. Il ferme à 16 H actuellement. Mon tuk-tuk me laisse en bas de la rue qui monte au fort, ce qui est sage vue la circulation difficile dans cette rue étroite où les vaches se sont réunies en troupeau.
La foule est énorme à l'entrée et la queue interminable. Je m'apprête à la faire, lorsqu'un responsable vient me chercher et me fait passer devant tout le monde ! Le prix de l'entrée est plutôt salé pour les étrangers : presque 1500 Rps. Comme hier, on me fait payer un prix astronomique pour avoir le droit de prendre des photos avec mon appareil. Apparemment, l'utilisation d'un téléphone est gratuite.... On m'équipe de deux bracelets dont un que je dois rendre à la sortie sous peine d'amende.
A l'entrée du fort, se trouvent quelques autels dédiés à diverses divinités hindoues, dont un où l'on fait des offrandes de noix de coco en les cassant.
J'arrive sur les remparts où sont exposés plusieurs canons. La vue est superbe sur la ville qui me semble beaucoup plus vaste que je ne le pensais.
Je n'échappe pas aux demandes de selfies de la part des familles indiennes. Je dois poser tour à tour avec chacun des membres de la famille, puis enfin avec tout le monde. J'en profite pour les photographier à mon tour.
Sur les remparts se trouvent quelques singes langur qui se régalent de bananes.
J'arrive ensuite à la Jama Masjid, un énorme bâtiment rectangulaire qui était un palais à l'origine, transformé en mosquée au 15e siècle.
Je descends ensuite dans un baori, l'Adi Kadi Vav. Il est très profond (41 m) et date du 15e siècle. Il porte le nom de deux jeunes filles esclaves qui venaient y puiser de l'eau. Il a été taillé dans la roche, ce qui le rend particulièrement spectaculaire. Le fort compte 3 baoris qui ont tous été taillés de cette façon.
J'arrive ensuite devant un autre baori, le Navghan Kuvo, encore plus extraordinaire. Il aurait près de 1000 ans. Il est profond de 52 m. Je descends tout au fond par un escalier tournant aux marches humides. Je m'enfonce peu à peu dans l'obscurité. Je m'éclaire avec la torche de mon portable, ce n'est pas le moment de rater une marche ! Plus on descend, plus il fait chaud et les visiteurs se font rares.
Le puits est envahi par les pigeons qui nichent dans des pigeonniers pluri-séculaires, creusés dans la roche.
En me dirigeant vers la sortie, j'avise un petit train, chargé de visiteurs, arrêté près d'un escalier. Je grimpe les quelques marches et oh surprise, je vois une grande retenue d'eau bordée de charmants petits pavillons. Au loin, la vue est superbe sur le mont Girnar.
Il me resterait à visiter les grottes boudhiques. Il faut pour cela prendre un autre ticket, mais ces tickets ne peuvent être obtenus qu'en ligne, ce que je ne peux pas faire. Tant pis, je suis de toutes façons complètement épuisée après avoir escaladé des centaines de marches depuis le matin. A la sortie, on me rembourse 100 Rps lorsque je rends le bracelet. Cela me paiera mon trajet de retour en tuk-tuk.
Dimanche 26 octobre 2025
J'avais prévu d'aller aujourd'hui à Girnar Hill. Les prévisions météo sont pessimistes, orages dans l'après-midi. Il a plu cette nuit, mais la pluie s'est arrêtée. Je décide malgré tout de tenter l'ascension. Je vais prendre le téléphérique pour voir au moins les temples jaïns.
Je prends un tuk-tuk jusqu'au départ du téléphérique. Mauvaise surprise : le téléphérique ne fonctionnne pas aujourd'hui à cause de la météo. Je décide donc de monter à pied jusqu'à ce que mes forces me trahissent, il y a environ 4 à 5000 marches à monter jusqu'aux temples jaïns. Je n'ai pas pris mes bâtons, pensant prendre le téléphérique, je vais donc me procurer un bâton de pélerin comme tout le monde, pour 50 Rps. C'est un morceau de bambou qui fera très bien l'affaire.
Nous sommes Dimanche, il y a donc foule sur le chemin. L'escalier étant assez étroit par endroit, on se bouscule un peu entre ceux qui montent et ceux qui redescendent. Je n'ai pas pris mon appareil photo, les Jaïns étant capables de m'empêcher de monter comme à Palitana. J'ai droit comme tout le monde à une fouille de mon sac, on me laisse mon téléphone. Par contre, on me confisque ma bouteille d'eau, le plastique étant soit-disant interdit à Girnar. Je pourrai cependant constater que dans toutes les petites boutiques que l'on voit sur le chemin, on vend de l'eau en bouteilles plastique. J'ai parfois des doutes concernant l'esprit de logique des Indiens.
La montée est superbe malgré le temps couvert. Je pense que la météo m'est plutôt favorable, j'aurais eu beaucoup plus de mal à monter sous le soleil.
On voit au loin la ville de Junagadh, mais tout autour ce sont des montagnes couvertes de forêts. Les singes langur sont omniprésents.
Tout le long de cet escalier qui n'en finit pas, on voit des petits temples, des boutiques.
Des dolis montent et descendent sans cesse les personnes qui ont du mal à marcher. Pour déterminer le prix de ce service, les personnes ont été au préalable pesées sur une balance rudimentaire. On me sollicite bien sûr, mais sans insister comme à Palitana. Pour dégager le chemin, les dolis crient "Badju". J'ai vite compris le message et je me serre sur le côté rapidement.
Plus on prend de l'altitude et plus les rochers prennent le pas sur la forêt et le panorama devient de plus en plus beau.
Je fais des pauses régulières et monte lentement pour ne pas m'essouffler. A chaque pause, je me dis "encore un peu et je redescends". Lors d'une pause, une indienne me conseille d'aller jusqu'aux temples jaïn qui ne sont plus très loin. Je vais suivre son conseil. Je me retrouve sur un épaulement d'où j'aperçois ces fameux temples. Le brouillard est tombé mais il donne une atmosphère magique à ce lieu. Les temples blancs ressortent à peine de la brume.
Je vais visiter le temple de Neminath, le seul ouvert. On doit laisser son portable et son sac à la consigne à l'entrée, donc pas de photos. Les femmes doivent se couvrir la tête d'une écharpe pour entrer dans le temple.
A l'intérieur, c'est l'obscurité complète. Une assemblée chante très harmonieusement, mais on n'y voit goutte. A la sortie, un gardien m'indique un autre bâtiment où sont exposées des dizaines de statues de Thirtankaras. Je descends un escalier et me retrouve dans une petite salle où une jeune fille chante des prières face à une statue monumentale : un moment de grâce.
Il commence à faire un peu froid et il bruine légèrement. Il est temps de redescendre, ce qui va me faire souffrir car l'escalier est sans fin. Je me plie aux demandes de selfies des familles indiennes et nous rions beaucoup de mon état de déliquescence et de la tête que j'ai sur les photos.
J'arrive enfin en bas. A peine passée la porte, je trouve un tuk tuk qui va me ramener à l'hôtel à la nuit tombée.