La cordillère

Publiée le 23/05/2016
Les montagnes, Gandalf! Les montagnes!

Braguio

On nous a présenté Braguio, perchée là-haut sur la montagne, comme un incontournable de Luzon. Après 1h30 de lacets, on y arrive. Ah comme c'est ... moche. De loin, ça nous fait penser à un bidonville en hauteur, que surplombe un nuage de pollution: avec le relief escarpé, les véhicules fument noir. 

Le centre-ville n'est qu'une succession de rues bouchonnees et de magasins de grandes chaînes. C'est bruyant, ça sent mauvais, tout s'entasse. Au bout de cinq minutes, on quitte les lieux. Rien ici, l'espace d'un instant, ne nous plaît. 

Coup de chance, on creve à ce moment là, à 150 metres d'un garage (C'est quand même plus pratique que dans les lacets!). La route qui suit redescend un peu et nous mène vers le Mont Pulag, plus haut sommet de Luzon (2928m), qu'on compte bien crapahuter le lendemain. Pour atteindre la montagne, on a passé 6h sur le scooter et rouler sur 180kms. On est récompensés par une auberge avec vue sur la vallée,  au calme (pas de camping sauvage; il fait froid la nuit dans les hauteurs et on n'a pas nos duvets!)

Ce the est dans la liste de ceux qu'on oublira pas

Mont Pulag

Le mont Pulag est le plus haut sommet de Luzon, et il est possible de monter à son sommet. C'est notre plan: se lever tôt,  manger, acheter des vivres et entamer la montée des 7 heures, des les premières lueurs, car le dénivelé est important et qu'on n'a que la journée. 

On prend du retard, et nous voilà à 8h au point info, qui est fermé. Pourquoi aller au point info? Aux Philippines, il faut presque toujours payer un endroit d'entrée pour les randonnées. 

Alors, on poireaute, on rumine un peu parce qu'avec le retard, on va devoir marcher sous le cagnard... ah, ça ouvre enfin! Allez, une petite signature ici, quelques pesos la, c'est bon, non ? Non, c'est pas bon et on déchante vite: on doit fournir un certificat médical. "Beh oui, deux personnes sont mortes pendant l'ascension!" (Pour rappel, au Népal on nous a rien demandé...) Et après ça, on apprend que le guide est obligatoire (36€ la journee) et que la randonnée se fait forcément sur deux jours parce que c'est très pentu... Nous voilà fasse à une belle impasse: on refuse de payer un guide et de partir sur deux jours,  et fournir un CM nous parait excessif. 

Resultat: pas de Mont Pulag. On aurait dû s'en douter cela dit: en Asie, tous les lieux/activités les plus "..." (le plus haut sommet, la plus grande cascade,....) sont verrouillés aux touristes. Pour y avoir accès,  il faut payer cher et accepter d'avoir un guide avec toi. Bref, zéro autonomie. Et le mont Pulag n'est pas une exception: il est considéré comme le rite de passage de tout randonneur Philippin,  et qui dit rite dit conformité. On repart sur notre scooter, déçus face à si peu de liberté.

Pourquoi retirer son casque quand il protege du MEGA-SOLEIL

Mont Amuyao

Ne nous laissons pas abattre par cet échec.  Y'en à d'autres, des montagnes à gravir aux Philippines! Comme le mont Amuyao,  par exemple, situé dans la "province aux montagnes". On laisse les affaires dans un hôtel et nous voilà à rouler une heure durant, parfois sur du bitume, parfois sur de la caillasse. 

La randonnée du jour est courte (6 kms dans un sens, et les mêmes dans l'autre) et commence dans le village de Barlig, entouré par de très belles rizières, inscrites au patrimoine mondial de l'unesco. C'est vert, c'est calme, c'est beau, c'est la montagne. On grimpe pendant presque 3 heures jusqu'au sommet, à 2700m d'altitude. On s'aide souvent de nos mains, parce que, comme souvent en Asie, c'est pentu, abrupte, et ça va au plus court. 

Ya a boire et a manger dans ces rizieres

Pendant l'ascension, on croise une seule personne; un homme qui travaille là-haut, au sommet, dans la station de communication. Il descend chercher de l'eau. 

Une fois au sommet, on admire le point de vue, mais c'est assez nuageux. On casse la croûte, on roupille un peu (dans la fraicheur des hauteurs), et on repart. Les nuages menacent...

Un banc unique pour une pause bienvenue

Lors de la descente, on croise des randonneurs bien équipés, avec leur guide et leur tente. On ne traîne pas, la pluie arrive. On arrive au bout d'une heure trente de descente hâtive au village. Et bien sûr, le déluge commence à ce moment là. Patience et soda, on ne veut pas rouler sous la pluie.

Une acalmie et on en profite. Le retour se fait sur un sol trempé mais au moins, on a pu randonner, enfin!

Rizieres decouvertes par hasard, inscrites au patrimoine de l'unesco, et point de depart de notre rando.
1 commentaire

Bebelle

Je me demande comment, après toutes ces découvertes splendides vous allez accepter notre Normandie si fraîche ?

  • il y a 5 ans
14 Voyages | 46 Étapes
Baguio, Région administrative de la Cordillère, Philippines
Étape du voyage
Début du voyage : 08/04/2016
Liste des étapes

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