Le 17 février nous laissons Recife et son carnaval (mais aussi ses eaux nauséabondes d'eaux usées et sa chaleur torride) pour un lieu plus sélect, l'île de Fernando de Noronha.
Après 24 heures de navigation tranquille, l'île se découpe au petit matin dans le soleil levant : magique !
Fernando est en grande partie une réserve naturelle. Mais, contradiction du Brésil, c'est en buggy bruyant et polluant que nous nous déplaçons.
Même après quatre ans de voyage, explorer une nouvelle île reste un véritable plaisir.
Ici pas trop d'aventure, les écolos ont tout aménagé pour éviter le maximum d'interaction entre les touristes et la nature. Nous déambulons donc sur des passerelles en bois surélevées au milieu de la forêt.
Pour le reste des activités, il n'y a pas grand chose à faire sur l'île sauf à s'imprégner de l'ambiance plage à la brésilienne.
Nos amis Richard et Solène de Vamazoli nous ont rejoints et c'est avec eux que nous partons du Brésil en direction des Antilles.
Cette remontée de 2000 MN qui nous attend est particulière. Car nous retraversons l'Equateur pour naviguer à nouveau dans l'hémisphère nord.
Le soleil va retrouver sa course d'Est en Ouest en passant par le Sud (nos panneaux solaires vont être contents ;)).
La Croix du Sud va disparaître.
Les dépressions vont à nouveau tourner dans le sens inverse des aiguilles d'une montre et les anticyclones dans l'autre sens.
Nous allons également traverser la zone du pot au noir!.
C'est une bande de quelques milles autour de l'Equateur. Appelée aussi ZCIT (Zone de Convergence Intertropicale) par les météorologues, elle se caractérise par de l'instabilité, des vents sporadiques, une atmosphère chaude et humide et des orages. Pour un marin, c'est pas vraiment l'endroit où on veut s'éterniser.
On se dit qu'après le pot au noir, il y a les alizés. C'est vrai qu'on touche bien après le 5ème parallèle des vents plus réguliers mais bien forts. La mer est bien formée et comme nous nous dirigeons vers le Nord-Ouest on prend les vagues sur le côté. Elles viennent taper sur la coque comme des coups de boulets. On se fait bien secouer les plumes.
Pour rajouter au tableau, les premières plaques de sargasses font leur apparition. Ces algues flottantes se prennent dans les safrans et les saildrive. Elles nous ralentissent de quasiment 1 noeud. On essai de les éviter en les contournant, mais malgré ça nous sommes obligés régulièrement de stopper le bateau face au vent et de faire une marche arrière au moteur pour s'en débarrasser.
Et petite anecdote, lors d'un quart de nuit au large de la Guyane, je vois un navire léger mais assez long nous foncer dessus. A bord les gens crient et nous lancent des fusées. Je vire de bord fissa et ouf ils nous laissent tranquille. Etaient-ce des pêcheurs qui avaient peurs pour leur filets ou des trafiquants qui ne voulaient pas de curieux ? En tout cas je m'en suis tiré avec une belle frousse. (Et donc là j'ai pas pris de photos ...)
Enfin, après 13 jours de mer nous jetons l'ancre de nuit devant l'île de Meyrau aux Grenadines dans le Sud des Antilles. Il est 2 heures du matin, on est fatigués mais aussi super contents.
Il y a moins de 4 ans nous quittions cette île des Grenadines et en naviguant toujours vers l'ouest nous sommes revenus à notre point de départ. Donc ...