Das Cannstatter Volksfest.

Publiée le 07/02/2015
Il n'y a pas qu'à Munich qu'on fête la bière en octobre...

De la bière, mais pas seulement...

    En arrivant en Allemagne, début octobre, j'avais une idée en tête : profiter de la relative proximité géographique entre Stuttgart et Munich pour découvrir la mythique Oktoberfest. Lors de mon année Erasmus, il y a quatre ans, j'avais été surpris de la totale absence de cette fête en Westphalie. C'est qu'il ne s'agit pas d'un événement national, comme la Saint-Patrick irlandaise par exemple.

    Mais cette année encore j'ai dû déchanter. En fait d'Oktoberfest, la majorité des festivités avaient eu lieu en septembre et j'arrivais en Allemagne pour le week-end de clôture (20 septembre au 5 octobre). Je dus donc renoncer, à contre-cœur, aux festivités bavaroises. Cependant, tout n'était pas perdu. À côté de la Wies'n munichoise et ses six millions de visiteurs par an ; la Volksfest de Stuttgart et ses 3,5 millions de visiteurs en deux semaines de festivités (en 2014) est la deuxième plus grosse fête de la bière en Allemagne. Débutant avec une semaine de décalage par rapport à sa concurrente bavaroise, elle se terminait donc le 12 octobre cette année. Ça laissait le temps d'y faire un tour...

    Située dans le quartier de Bad Cannstatt dont elle tire son nom, la Cannstatter Volksfest a vu le jour en 1818, tout d'abord comme une fête agricole, soit peu de temps après l'Oktoberfest (1810). Les deux fêtes ont en commun leur décor : de grandes tentes dressées sur la Wasen (à Stuttgart), ou la Wies'n (à Munich), ce qui signifie "prairie" en allemand local. En revanche, la tradition des costumes avec la fameuse salopette tyrolienne, très présente à Munich, est beaucoup moins développée à Stuttgart. Ce qui fait la spécificité de la Volksfest, c'est son nombre d'attractions très diversifiées : il s'agit avant tout d'une fête foraine, la plus importante d'Europe selon ses organisateurs. La fête, qui a rencontré un vif succès dès sa création, s'est progressivement développée, jusqu'à atteindre les deux semaines de festivités dans les années 1970. Elle fut aussi un outil politique de premier choix, comme lorsque le roi du Wurtemberg Guillaume Ier organisa le sommet entre Napoléon III et le tsar Alexandre II en 1857 à la suite de la guerre de Crimée.

Dans la "prairie"

   Aujourd'hui, si la Volksfest a perdu toute dimension politique, elle n'en demeure pas moins impressionnante de par sa dimension. J'allais y faire un tour le vendredi, soit une semaine exactement après mon arrivée. Ne connaissant encore personne sur Stuttgart, c'est seul que je me rendis à Bad Cannstat. La Wasen, qui s'étend sur 35 hectares, pourrait ressembler à une grande fête foraine classique s'il n'y avait pas ces grandes Zelte, ces fameuses tentes où on va boire de la bière ou du vin (ce qui est une spécificité de Stuttgart comparé à l'Oktoberfest). En fait de tentes, il s'agit de véritables baraques en bois, qui peuvent s'étendre sur plusieurs étages : il y en a neuf, et elles peuvent contenir en tout 30 000 visiteurs. Ici, tout sonne un peu faux : les Zelte ne sont plus des vraies tentes depuis longtemps ; et la Wasen, entièrement recouverte de béton ne ressemble plus non plus à une prairie.
    J'espérais pouvoir pénétrer dans une de ces immenses tentes afin de profiter un peu des décors et des animations - chaque tente ayant son "identité" propre. Malheureusement, nous étions vendredi ; et toutes les tentes étaient gardées par des équipes de vigiles qui vérifiaient soigneusement que les visiteurs qui se pressaient dans les longues files d'attente disposaient bien d'une réservation. Je me rabattis donc au travers des allées, vers les buvettes ouvertes et les grands stands de saucisse grillées - Allemagne oblige. Dans les allées, une forte odeur acide d'alcool vomi prenait au nez, tandis que les cadavres de gobelets en plastique jonchant le sol témoignaient des beuveries du jour. De ci, de là, des visiteurs étaient prostrées dans un coin, pris dans une lutte féroce avec leur foie. Plusieurs fois, une ambulance fendit la foule pour venir chercher un buveur vaincu. Des patrouilles de secouristes, mais aussi de police se mêlaient aux visiteurs, arpentant la Wasen. Une équipe de journalistes télé suivait comme son ombre une brigade de policiers qui patrouillait dans les allées. Je finis par me trouver une place sur une espèce de bar tournant sur lui-même comme un manège. Le temps d'observer un peu mieux les visiteurs se pressant dans les allées pour ces festivités.
    Quelques propos surpris à la volée : "essaie de lui demander si il passe...", puis elle a crié : "Bernard !!", avant de disparaître dans la foule. Je ne suis donc pas seul. Le nombre de français venus aux festivités est impressionnant. De ci, de là, on attrape des bribes de conversation. Et la bière ? Pas terrible, franchement. C'est peut-être mieux dans les Zelte. Mais ici, dehors, c'est une de ces bières bon marché qui pèse au ventre, comme on peut en trouver dans quelque mauvais festival. Mais après tout, en France, on a bien le Beaujolais nouveau...

Tente deux secondes...
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Reportage.
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