Flash back

Publiée le 24/12/2021
Il y a déjà un mois que l'on s'est quittés. FLash back. Après l'atelier des enfants, retour à Erevan, nouveau passage à Gyumri pour caler notre projet avec Garnik le realisateur du film, avant de reprendre la route pour Alaverdi et Dilidjan pour les dernières visites de fermes

Le mélange des langues

Dans l'urgence, il y avait

  • À  rédiger le projet du film et le faire traduire en armenien pour que le realisateur, qui ne parle ni anglais, ni français  puisse le lire.
  • Traduire le budget rédigé en armenien par le même réalisateur pour que je puisse le lire. Vous pensez sans doute que ça commence mal. Pas du tout. Avec Garnik nous nous comprenons  bien en russe, mais de là à rédiger un texte littéraire, j'en suis très loin. Et pour lui l'écriture du budget en russe était sans doute compliquée aussi. 

Il a fallu donc me mettre à la recherche d'un traducteur le jour même avant de rentrer sur Erevan. J'ai trouvé Rima. 

Rima

Rima travaille dans une ONG qui enseigne le français à Gyumri. Elle est aussi spécialisée dans le travail social auprès des femmes. Certaines se trouvent dans une situation désespérée avec la perte de leur époux lors de la guerre, et des enfants en bas âge. Elles peuvent accéder à une formation professionnelle pour rentrer sur "le marché" du travail. Un marché évidemment dont les étales sont vides. La plupart veulent être esthéticiennes (des salons de beauté il y en a partout🙄) 

Rima est jeune et belle, pleine d'énergie et a répondu positivement à ma demande de traduction. J'ai ressenti un grand soulagement. Soulagement qui s'est peu à peu transformé en inquiétude. Notre relation a été compliquée 

Inquiétude lorsqu'elle m'a donné  rendez-vous  dans la nuit et le froid glaçant du petit matin, rendez vous qui m'a contrainte  à faire et défaire mon sac sans mot dire, ni maudire. J'étais prête à tout pour avoir cette traduction. 

Inquiétude lorsqu'elle a refusé de traduire certains passages qui pour elle n'étaient pas historiquement corrects. A surgi alors l'écueil , que dis-je, le récif voire l'iceberg "de Voghi ancien village Azeri" . J'avais appris oralement que ce village au nord de Gyumri était habité par des Azeris qui avaient eu à déménager avec meubles, vêtements, casseroles... et pour certains, les pierres de leur maisons après la victoire des Arméniens dans la première guerre du Karabargh. J'avais effectivement vu  beaucoup de ruines à Voghi. Je les avais d'ailleurs photographiées. Au moment où les armeniens sont menacés d'expulsion du Karabagh , je jetais du pétrole sur le barbecue. 

Les Archives Nationales a Erevan
Sur mon chemin, un joli garage
Tout est facile
Les ruines de Voghi

Conclusion, l'étape par Voghi a été supprimée du scénario, l'argument de Vazo m'a convaincue:l'Azerbaïdjan pourrait détourner le film à des fins de propagande. Garnik n'avait fait aucune objection. Rima avait-elle  traduit ? 

La traduction du budget

Rima, ne pouvait pas assurer. Trop bousculée. Je pense aussi que ce texte lui avait pris la tête. J'ai alors pensé à Artur 

Avec Artur, on ne voit pas le temps passer
L'anniversaire d'Armen
Les objets chez Armen
Jala était là aussi.
L'essentiel est invisible pour les yeux ?

Et puis j'ai repris la route pour Alaverdi

Revoir Irina, quel plaisir. Ma chambre est prête. Celle dans laquelle j'avais dormi la dernière fois, juste en face la petite cabane  que j'avais dessinée. 

Alaverdi ville industrielle sinistrée
Il reste d'immenses friches industrielles
A côté de chez Irina
Une ville au bord du precipice
La maison la plus haute

Petit jeu : " tu brûles", "tu geles".

Lors de mon premier voyage à Alaverdi, j'étais tout près des fermes sans m'en douter. Il y en avait trois à voir, j'en ai trouvé deux, la dernière je n'y suis jamais arrivée. 

Garnik à Akori
Garnik est à fond
Au dessus du plateau, les montagnes
C'est chez Garik que j'ai partage cette belle table que vous avez déjà vue.
La bergère et ses moutons

C''est ballot

Pour arriver chez Irina il faut grimper par une piste jusqu'à un embranchement. Irina s'était à droite, la ferme de Gevorg s'était à gauche 2km plus haut. 

Une visite éclair à la tombée de la nuit
Le café

Les boîtes de chocolats

C'est effarant en Arménie toutes les boîtes de chocolats sont conditionnées de la même façon. Elles font partie des incontournables du café et sont empilées sur des mètres linéaires dans les supermarchés pour finir, sans doute, dans les ravins de nos belles montagnes du Caucase. Je dis "nos", car contrairement aux arméniens  (ce ne sont pas les seuls) qui se sentent propriétaires d'une terre (même de l'Ararat qui n'est plus à eux), j'ai plus d'exigence, je me sens propriétaire de toutes les beautés du monde.. et il y en a de moins en moins. Vais- je partir en guerre ? 

Les ravins dans les montagnes du Caucase

A PROPOS, suis je française ?

La rencontre hasardeuse d'une ovule et d'un spermatozoïde m'ont jetée dans ce coin du monde, mais est-il pour autant à moi ? Il est moi parce que c'est ma langue, ma culture... Je n'ai pas aimé être jetée dans un coin, d'où la nécessité, comme pour le petit enfant, d'aller explorer un peu plus loin, à quatre pattes,   pour me mettre debout et regarder par dessus le mur. Lorsqu'on me dit "Vous êtes française ! " avec un regard envieux,  je me dis, au fond de moi, qu 'ils ont raison. C'est effectivement un cadeau d'être française et de vivre dans un pays qui m'a permis de rester en bonne santé jusqu'à un âge avancé, assuré une fin de mois sans travailler, et donné un passeport en or qui me permet d'aller courir le monde. Quelle chance que cette ovule et ce spermatozoïde. se soient rencontrés 😜

Jrashen est un nom imprononcable

Il faut séparer le J du r et faire rouler le r jusqu'au a sans l'ecrabouiller.  Pour ne pas simplifier l'affaire '"le village" Jrashen est non identifiable entre centre urbain (HLM kroutchevien)), zone de maisons zones déglinguées, vergers jonchés de plastiques  et monastère (le monastère de Sanahin célèbre dans le monde entier). Le téléphone de Rudik Sargaryan est muet. Le temps est gris et bouillasseux. Les affaires vont mal. Qu.'à cela ne tienne, il reste le Monastère, la balade sur les  hauteurs (quand on est bien bas il faut prendre de la hauteur !) et le musée des frères Mikoyan les dieux de l' aviation soviétique originaires de Sanahin. 

Le Monastère de Sanahin.
Un peu d'art brut
Un peu d'Orient
Au cimetière, on fait du vieux avec du neuf
Là haut sur la montagne
A la recherche du loup
Le Musée des frères Mikoyan

Les frères Mikoyan

Les frères Mikoyan sont nés à Sanahin la fin du XIXe siècle dans une famille d'ouvriers qui vivait dans des conditions misérables et éprouvantes physiquement alors que l'industrie lourde pour laquelle ils donnaient leur santé enrichissait la grande bourgeoisie. Brillants élèves à l'école et repérés par leurs instituteurs, ils ont pu accéder aux études supérieures. Au moment de la révolution bolchevique les frères Mikoyan  se sont engagés la fleur au fusil. L'un  est devenu commissaire du peuple au commerce et aux transports sous Staline et Kroutchev et l'autre Armen, ingénieur dans l'aéronautique est à l'origine de l'avion MIG. 

Un hommage ambiguë à la période stalinienne.
Continuons la collection commencée chez Artur à Gyumri

Pelerinage

Je suis retournée à Ozdon puisque je m'étais arrêtée en route la dernière fois pour casse croûter avec un berger avant d'atteindre le sublime petit "monastere" caché au fond d'une vallée à Ardvi. J'ai repris le même chemin par une journée douce et ensoleillée 

Ozdoun
Déception
La grotte sculptée
Le village est en contrebas
Le magasin
Serge est un joyeux luron

Dans le magasin les gens défilent, prennent trois bricoles, traînent un peu dans une discussion. Serge fait le clown et n'importe quoi avec la caisse (je lui ai donné un billet et il a rempli mon porte monnaie avec une poignée de ferraille qu'il a prise en vrac dans le tiroir et dont j'ai bien eu du mal à me débarrasser par la suite) Il est biologiste et travaille au laboratoire à Alaverdi. Comme m'a dit son inséparable compagnon de bringue dans la voiture, alors qu'ils me raccompagnaient chez Irina (la nuit était tombée depuis un moment déjà), "" Eto oumniy tchelovek*. qui peut se traduire de cette façon "c'est un homme intelligent qui a fait des études et que j'admire". 

Raphaël
Le tracteur
Les cadeaux
Le village

Ardvi restera un beau souvenir, grâce à la  balade et aux belles rencontre.. pour le reste.... 

Dilidjan, la dernière ferme

Je quitte Irina pour retrouver Tatev er Lilit et visiter une dernière ferme. C'est décidé je n'irai pas plus loin. Dernier tour de piste. 

Lilit est toujours créative
Lilit m'a présenté Tagoui sa voisine

Tagoui vend tout ce qu 'elle possède pour pouvoir payer l' opération du cœur qui prolongerait son temps de vie. Trouver 5000 dollars me paraît peu réaliste. Elle m'a demandé 25 dollars pour ce petit tapis qu'elle a tissé elle-même. Évidemment je lui en  est donné le double, sinon j'aurais eu l'impression de la voler. Dans une petite cabane à côté, il y a 2 vaches et dans une autre un cochon. C'est la campagne à la ville. 

La dernière ferme
Tout autour, des immeubles Kroutcheviens
La bergerie est en construction
Le père de Tatul,
Le café c'est un repas complet
Photo de famille
Après avoir emprunté la route goudronnée
Je n'ai pas regretté
Par monts et par vaux je me suis un peu perdue.
C'est lorsque je me suis retrouvée que je me suis perdue

Le bourg était en vue lorsqu'il m'a croisée sur le chemin avec un 4x4 en ruine, mais dont il restait le fondement. Il m'a proposé de me raccompagner, mais aussi de boire un petit verre avant de rentrer. Pourquoi pas ? La soirée s'est un peu prolongée et la nuit est tombée. 

Je suis rentrée un peu tard chez lilit

Le retour à Erevan

Après cette dernière visite, j'avais décidé de rentrer à Erevan. Tatev qui commence à me connaître m'a proposé un plan. Le genre de plan qui devrait me plaire m'a t-elle dit. Il s'agissait de me joindre à elles (Lilit et Tatev) pour une rencontre familiale dans un village a proximité d'Erevan. Elles avaient réservé un taxi, elles m'embarquaient et me déposaient au retour. Pourquoi pas ? 

Tout se passait dans le garage
La table des hommes
Ce n'est pas tout pour la vodka
Le raisin est aussi à volonté sur les tables
Les pieds de vigne hibernent
Un business man
Les hectares d'abricotiers.
Un balais en cadeau
Il fallait traverser la moitié de l'Armenie pour le trouver.
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