Il faut dire qu’une telle luminosité ne simplifie pas le sommeil, malgré le masque de rigueur, et Ghislain qui ne sait pas bien le fixer le retrouve toujours au bout de son nez. Alors il sort de la tente.
Nous n’avons pas d’objectifs particuliers pour cette journée. Nous allons de l’avant en songeant surtout à nous assurer que le retour à la santé de Christine est bien consolidé.
Il est déjà 18 heures 30 et nous avons fait 90 kms. Mais Christine est toujours en forme. Quel est son secret ?
Cependant au bout de 110 kms il faut nous poser et nous reposer. Nous avons repéré un camping qui semblait avenant sur Google Maps, mais la réalité nous fait déchanter.
Il est 20 h 45. Il faut trouver un lieu de bivouac dans un environnement peu adapté. Finalement au village de Jävre, 6 kms plus loin, nous sonnons à une porte en demandant l’autorisation de s’installer sur un espace tondu devant une vieille baraque servant de remise.
Permission accordée. Ainsi nous nous installons sur un bout de gazon accolé à l’E4 que nous retrouvons sans cesse, puisqu’elle traverse elle aussi la Suède du sud au nord, mais avec laquelle nous aurions souhaité moins d’intimité.
Quand soudain Christine s’aperçoit…
Nous décidons ensemble de son retour à Jävre tandis qu’Antoine et Ghislain continuent l’itinéraire prévu pour ce jour. Car il est important pour Antoine de ne pas prendre le bus ou interrompre le cours d’une étape. C’est son premier road trip et il tient à l’accomplir entièrement.
Christine replie donc les 25 kms.
Du coup elle fait une troisième fois le même trajet, en trouvant une variante - avantage des répétitions - et rejoint Piteå où elle parvient à monter dans un bus qui accepte de prendre un vélo et ses bagages, ce qui n’était pas simple à obtenir et ce pourquoi elle a dû déployer tous ses talents de négociatrice.
Le Loppis est une sorte d’institution informelle suédoise : chacun peut à tout moment vendre à sa guise ses affaires en l’indiquant dans la rue. C’est une sorte de droit au vide-grenier permanent. Et beaucoup de suédois le pratiquent, et même ils peuvent se réunir en une sorte d’association locale qui organise le Loppis pour tout un village. Les deux grands-mères que vous voyez sur la photo ci-dessous sont responsables du Loppis local.
Elle aura plus de 3 heures de retard à l’arrivée…
Où nous dînons d’une soupe de poisson au restaurant du camping : les deux végétariens ont accepté de faire une exception. Cela valait tout de même le coup de tâter de la soupe de poissons suédoise que Ghislain leur vantait et qui était, ma foi, bien appétissante et roborative après ces deux journées un peu éprouvantes.
Nous approchons maintenant des 2000 kms (1877 parcourus exactement).
Les prochaines étapes seront-elles plus courtes ?
Bravo les amis et bravo à toi Christine qui a eu 2 étapes médicalement difficiles ! Heureusement avec celle-ci on voit que tu es de nouveau en pleine forme, capable d'ajouter allègrement 50 km pour un sac de tente et d'utiliser tes talents de négociatrice pour monter dans un bus. Bonne suite de voyage