Aux portes de la Laponie

Publiée le 06/07/2026
29-30 juin : une étape marquante de 2 jours qui nous mène à la frontière finlandaise, dans des contrées où la culture lapone devient très présente.

Le matin au camping de Luleå.:.

Le soleil est revenu ! Les vêtements et les toiles de tente peuvent sécher tranquillement.

Nous partons pour Gammelstad, à 8 kms du camping.

Gammelstad était autrefois le site de Luleå, mais avec la montée progressive de la plaque sous-marine en Baltique, l’eau est devenue trop peu profonde pour les bateaux, et il a fallu déplacer le port et la ville une dizaine de kms en aval.

Cet exode est tout récent : il date de 1998

L’intérêt de Gammelstad, classé par l’UNESCO…

Autrefois, c’est-à dire jusqu’au XIXe siècle, la participation au culte du dimanche était obligatoire ou presque, et pour beaucoup elle allait de soi.

Cependant dans les campagnes les fermes étaient souvent loin du centre du bourg. Aussi les habitants se mettaient en route la veille. Le soir ils dormaient sur place dans des logements prévus à cette fin, qui se remplissaient le samedi soir et se vidaient le dimanche après-midi. Ils étaient nombreux dans ces logements temporaires mais se tenaient chaud l’hiver.

Mais allons pour commencer à la rencontre d’un trésor de l’église de Gammelstad, particulièrement remarquable.

Step by step. Passons d’abord le porche.
Voici l’objet, derrière l’autel : un triptyque exceptionnel du début du XVIe
Bien sûr, le centre en est la crucifixion.
Mais il comporte d’autres épisodes iconiques….
Ou encore la visite des rois mages.
Et sa présentation au temple de Jérusalem…
Ou encore l’hymne de Syméon….

Bref cette œuvre d’art ne manque pas de rappeler les principaux épisodes de « l’évangile de l’enfance » qui se trouve chez Luc.

Enfin en bas du triptyque, un Jésus hiératique lors de la Cène…
Mais le tour ne serait pas complet sans un coup d’œil sur…
Vous remarquerez les symboles posés sur le rebord
Hors de l’église nous arpentons le village.
Et découvrons des pépites…
Dont l’escalier n’est manifestement pas aux normes européennes.
Antoine s’entraîne comme cheval de trait…
Alors il s’est mis à la recherche d’un autre emploi…
Ce sera laitier !
Dans ce village rustique….
Où les conditions de vie…
… ne sont pas évidentes…
… malgré l’équipement.
Mais il est temps de quitter Gammelstad
Pour nous rendre par un chemin sympathique…
… vers le cœur de la nouvelle Luleå qui se profile au loin.
Nous nous posons en plein centre où se trouve…
… le point de baignade de la cité.
Antoine sans hésiter prend la mesure des choses…
Et s’illustre de façon spectaculaire…

Dans une eau qui est encore, fin juin, à 14 degrés 🥶

Son père, lui, est beaucoup plus prosaïque.
Et tout cela est salué par les avions de l’OTAN.

Plus sérieusement, ces avions nous rappellent qu’ici les exercices militaires sont permanents. La menace russe est ressentie comme une réalité immédiatement présente ici. Il y a quelques jours nous lisions dans Le Monde que Donald Tusk, premier ministre de la Pologne 🇵🇱, avait reçu des informations via les États-Unis sur une opération militaire russe qui pourrait avoir lieu dans les prochains mois et qui pourrait concerner directement la Pologne (ainsi que la Lituanie et/ou l’Estonie). Il semble que, la situation russe se dégradant, Poutine soit tenté par une fuite en avant dans son rêve de « Novorossia » qui reviendrait, dans sa version maximaliste, à retrouver les frontières de l’ex Union soviétique dont il estime que la disparition est « la plus grande catastrophe géopolitique du XXe siècle ». Bref, ici les préparatifs militaires sont palpables et nous savons que nous le verrons de plus en plus durant le voyage.

En attendant nous repartons, avec quelques surprises….

À vrai dire nous avons commencé l’étape très tard aujourd’hui, entre la visite de Gammelstad et la baignade. Il est 14 h 00 et nous avons le désir d’avancer le plus loin possible vers Haparanda.

Alors il faut rouler même si la pluie nous a rejoints et que nous sentons venir la flotte, la vraie.

Oui, elle est là, mais sans gâcher la bonne humeur.
Et elle rend les cafés d’autant plus intéressants.
Il n’empêche, après 90 kms, vers 21 h
Nous sommes trempés jusqu’aux os et il est temps de trouver un toit.

Faudra-t-il monter les tentes ?

Eh non car Christine nous a trouvé à Töre…
…un logement à l’ancienne. B&B improbable et inimitable, style années 70.
Après 101 kms d’une étape un peu difficile…
… ça fait un bien fou de pouvoir dormir au sec et à l’abri de tout moustique.
Car depuis quelques jours, cet animal qui n’est pas notre ami…
Et le lendemain, vers 8 h 30

Les variations météo sont rapides et importantes en Suède, en tout cas sur la période que nous vivons. Et nous ne cessons de nous dire que nous préférons encore les alternances de pluie et la température entre 13 et 27 degrés que la canicule subie en France et en Suisse.

Le ciel à présent éclate en bleu et il faut se protéger du soleil.
Les 2000 viennent d’être passés.
Juste à proximité de l’église de Kalix

Il suffit alors de continuer un peu pour trouver…

Un nouveau lieu de baignade ; cette fois un lac….
… où nous nous empressons de nager et de nous reposer.

L’eau des lacs est sensiblement moins froide que celle de la Baltique. De plusieurs degrés ; non polluée et assez végétalisée, elle est extraordinairement douce et agréable.

Nous avons fait alors environ la moitié de l’étape du jour.

Il faut donc reprendre la route.
Avec des chemins caillouteux…
D’autres sablonneux
Avec parfois des rencontres un peu inquiétantes qui nous arrêtent….
Mais nous nous replongeons dans la forêt et ses nids de verdure…
…. fréquentés par les chasseurs dans ce pays où la chasse compte beaucoup.

Au terme de 101 kms, nous entrons en Laponie par Haparanda. Pour fêter cela, nous allons dans le plus ancien hôtel de la contrée : Haparanda Stadshotell construit en 1900. En Laponie, en cette saison, les logements hôteliers sont assez accessibles, car la fréquentation touristique est inversée par rapport au reste de l’Europe et la dernière station « estivale » était Luleå.

Hormis le château d’eau de la ville (Vattentorn), construit quelques années plus tard…
Du style…
Avec presque personne dedans !
En fait vraiment personne !
Et en fin de soirée, le football à la demande d’Antoine.
Vers 1h du matin, il est l’heure d’aller se coucher…
0 commentaire