De Å à Reine, le sud des îles Lofoten

Publiée le 23/08/2018
Après une semaine de voyage en Norvège, nous arrivons dans les îles Lofoten, au dessus du cercle polaire arctique. Petit paradis pour randonneurs, cette succession d'îles de pêcheurs sera notre terrain de jeu pour la semaine à venir.

À propos des îles Lofoten

Les Lofoten sont caractérisées par des montagnes et des pics, des baies protégées et des côtes découpées. Si le nord de l'archipel fournit des étendues herbeuses relativement importantes, le relief est de plus en plus escarpé au fur et à mesure que l'on descend vers le sud, laissant place à une forme caractéristique d'« Alpes dans la mer », où seule une étroite bande côtière est assez habitable. Le point culminant de l'archipel est le Higravstinden (1 146 m). (Source Wikipedia)

Trajet d'Oslo jusqu'au nord

Les îles se trouvent sur la partie nord du pays, au delà du cercle polaire arctique. Nous nous trouvons avant cette étape à Oslo, la capitale, au sud du pays. C'est un petit périple que nous démarrons pour rejoindre Å, la "ville" la plus australe des îles.

Nous quittons notre hôtel à pied, rejoignons la gare d'Oslo, où nous prenons un train en direction de l'aéroport d'Oslo. Nous prenons ensuite un vol intérieur jusqu'à Bodo, ville continentale à proximité des îles, où nous montons à bord du ferry ralliant les îles. Une journée de transit ! (nous mettons les infos pratiques sur ce trajet en fin d'article)

A bord du ferry en direction des iles Lofoten depuis Bodo
François sur le pont du Ferry en direction de Moskenes
Le continent qui s'éloigne

Les îles, enfin !

C'est le point d'orgue de notre visite norvégienne : les îles Lofoten. Tout le monde nous parle d'elles, comme étant parmi les paysages les plus beaux du monde. Alors nous sommes ravis d'arriver à Moskenes, petit port où nous récupérons notre voiture de location pour la semaine.

Nous arrivons sur l'île, à Moskenes, avec la lueur du soir

En quelques minutes, nous sommes à Å (qui se prononce "Ô"), minuscule village (comme la plupart des villages de l'île) où nous passerons la première partie de la semaine.

Nous sommes logés dans la plus vieille maison du village encore debout (1868), une maison en bois, où nous avons une chambre privée, simple, mais suffisante. Nous partageons les espaces communs avec les occupants des autres chambres, touristes de passage également.

À propos de Å

Å est un village traditionnel de pêche, spécialisé dans le poisson séché et notamment la morue. Nous ne sommes pas en haute saison de pêche, mais l'odeur se fait sentir fortement à proximité relative des entrepôts de poissons en cours de séchage !

Le centre-ville de A... le port et ses trois cahutes quoi !
La vue sur le port de A
Vue sur le port de A
Yoyo à proximité d'un stockage de tête de morue séchées, devant des penderies à poissons
Le port dans le village de A

Comme à notre habitude, après notre arrivée dans un nouveau lieu, nous aimons faire la visite aux alentours. Ce soir, nous avons de la chance : la lueur est magnifique, elle nous permet d'observer un ciel grandiose au dessus de la mer.

On aurait vraiment cru une peinture impressionniste de Monet.

Yoyo cherche les dauphins au large sur fond de lueur rose dans le port de A
Un dauphin passe proche de A
Iles, après îles après îles....
François en bord de mer, à A

Le coup de la panne

Jour levé, François s'est réveillé, se frottant les yeux, préparant le cerveau à aller randonner pas trop tard pour profiter de la journée. Le cadran de la montre indique 3h30 du matin. Serait-elle tombée en panne ? Dommage, il l'aimait bien, cette montre. Certainement la pile qui a lâché dans la nuit. Quelques somnolences plus tard, soleil déjà bien plus présent, il faut se lever. Mais les aiguilles montrent désormais 4h50.

En fait non, la montre fonctionne parfaitement. Les neurones de François n'étaient juste pas prêts à accepter de la lumière du soleil à 3h30 du matin. Ici, le soleil se couche aussi très tard, et en cette période la nuit n'est jamais vraiment noire. 

De toutes façons, nos colocataires asiatiques de la résidence nous ont rappelé l'heure de se lever en faisant un barouf d'enfer dès 6h du matin.

Randonnée autour du lac Ågvatnet

A 100m de Å, on peut démarrer une rando autour du lac Ågvatnet. Relativement peu de dénivelé, distance tout à fait raisonnable, et pourtant... une randonnée loin d'être facile. Il nous faudra 5 bonnes heures pour en faire le tour.

Toute le coté sud du lac est une immense tourbière où il faut jouer d'équilibre pour ne pas glisser ou s'enfoncer. Chaussures mouillées après 300m de marche. Nous en rigolons et nous nous donnons des noms indiens : Yoyo sera Tourbière Boueuse, François le roi des cailloux.

Par moment, des mains courantes sont même obligatoires à emprunter pour gravir quelques grosses plaques de pierre au dessus du lac. La chute serait problématique.

Nous comptons monter jusqu'à un certain col pour avoir un meilleure vue, mais on s'est un peu perdu dans les tourbières, donc nous renonçons après quelques dizaines de minutes de marche. Nous sommes donc repartis sur la poursuite du tour du lac.

La météo est relativement bonne, et s'améliorera tout au long de la journée, pour devenir la plus ensoleillée de tout notre voyage. Du soleil, du vrai, enfin ! Ce qui nous permet de faire de parfaites photos de ces Alpes de bord de mer.

Autour du lac Agvatnet
Randonnée autour du lac Ågvatnet
Yoyo en randonnée autour du lac Ågvatnet
Ronron en randonnée autour du lac
Le cirque rocheux autour du lac Ågvatnet

En fin de journée, nous prenons la voiture pour parcourir les différents villages alentours. Nous passons pour la première fois à Reine, où la lueur est formidable. Cette première journée dans les îles Lofoten est réussie.

La ville de Reine en fin de journée

Une matinée au musée de la pêche à la morue de A

Il pleut. Alors nous prenons le temps de visiter A, qui est un vrai musée à ciel ouvert. Tout le village est un musée en fait. Chaque bâtiment a son histoire, et certains peuvent être visités pour découvrir comment vivaient les pêcheurs du village avant.

Aussi, nous passons au Torrefisk Muséum, le musée de la pêche à la morue. Nous apprenons beaucoup de choses sur cette activité qui fait vivre l'ile depuis des siècles. Ce musée est tenu par un passionné, ancien pêcheur. Il avait par ailleurs été visité par notre ami George Pernoud lors d'une émission de Thalassa pour un tournage dédié à son métier.

un petit biscuit du musée de la pêche à la morue de A ?

La pêche de la morue constitue encore l'activité principale des îles Lofoten. Chaque hiver, de nombreux pêcheurs viennent de tout le nord de la Norvège pour pêcher d'énormes quantités de poissons qui seront ensuite salés et séchés à l'air libre. Curieusement, aucun oiseau ne vient se nourrir de ces garde-manger abondants et facilement accessibles. La raison doit être le sel….

Tout se mange ici dans la morue : séchée, elle pourra être conservée. La langue, le foie pour faire de l'huile (le fameux), mais aussi les têtes qui sont particulièrement appréciées en bouillon au Nigéria.

Une demie-journée de pêche au large de Reine

François aime la pêche depuis tout petit. Accompagner le papy sur les rives de la Durance, enquiquiner Papa et Grand-Père dès le levé à l'aube pour aller monter des lignes autour de lacs en Savoie, passer des après-midi au parc de la tête d'or à ne ramener rien d'autre que des vilains poissons chats.

C'est donc tout normalement que nous participons à une journée pêche à bord d'un navire avec un professionnel du coin, Lars. Il nous emmènera au large avec une ligne et nous montrer comment on s'y prend ici.

Ronron fait encore le fier, Lars qui passe a coté veille sur son navire
Yoyo, en tenue pour la sortie en mer, est prête et souriante (pour l'instant)

Nous sommes contents : aller naviguer, et peut être avoir notre repas pour le soir. Nous sommes déterminés. Mais le vent va vite tourner.

La pluie s'invite au voyage très rapidement, pour commencer. Bon. Il fait un peu froid, mais nous sommes bien équipés. Les vagues se forment cependant, et le bateau commence à tanguer de plus en plus sévèrement. Vous voyez venir la suite ?

Dans le mille.

Après une heure de bateau vers le large, nous nous arrêtons, et là, c'est le drame. Le bateau à l'arrêt n'est qu'une feuille morte. Il ne faudra pas beaucoup de temps pour avoir l'estomac retourné pour nous deux.

En mer, qui SEMBLE calme, la détresse dans le regard est bien présente

Bien sûr, nos lignes vont et viennent dans l'eau. Mais la fixer et la remonter depuis le fond (100m de profondeur) ne font qu'augmenter le malaise. Le mal de mer, le vrai, l'intense. Celui qui te fait te demander dans quoi tu t'es encore embarqué. Et qu'il reste encore 3h sans aucun échappatoire.

Alors les quelques lignes plongées remonteront quelques beaux poissons, certes. Mais à quel prix ? En vrai, je pense qu'on aura balancé plus de choses dans l'eau que ce qu'on en aura remonté :D ! hashtag vomi


Lars prend soin de découper des filets des poissons pêchés pour le repas de ce soir

Nous sommes tout de même récompensés pour notre bravoure (lol). En effet, la luminosité sur le retour était incroyable. Dans le port de Reine, l'éclaircie nous offrait des lueurs orange superbes.

Lueurs orange dans le port de Reine
Du orange au bleu, Reine se couvre et se découvre
Nuages au dessus des montagnes de Reine
Lueurs au dessus de Reine

Nous nous couchons épuisés, et presque sans manger, mais rigolons tout de même de notre ridicule sortie de pêche où la houle aura eu raison de nous.

Demain, nous quittons notre hébergement de A, pour aller jusqu'a Flakstad, en faisant un petit détour vers Vinstad pour randonne en chemin. La suite au prochain article !

À propos de notre passage à A

  • Nous logions à A-Hamma, au coeur de la ville de A. Simple mais suffisante auberge collective
  • Nous sommes partis pêcher avec Aqua Lofoten
  • Le musée Torrefisk Muséum est à faire ! le propriétaire est polyglotte, passionné, et très sympathique !
  • Pour se rendre à A depuis Oslo en avion : aller à la gare, prendre une ligne jusqu'à l'aéroport (Lufthavn). Il y a une ligne directe, mais de nombreuses lignes plus lentes de 5 minutes (mais moins chères) y vont aussi (comme la R11 que nous avons pris). Il est facile de les trouver sur le panneau dans la gare (le plan est similaire à celui des métros en France). Le trajet jusqu'à l'aéroport coute environ 100 couronnes par personnes (10 euros). A l'aéroport, il y a des vols internes jusqu'à Bodo. À Bodo, on peut se rendre sur le quais (20 minutes à pied de l'aéroport, ou des lignes de bus de la ville qui nous déposent au centre (mais 6euros environ le trajet pour 4 minutes !). Sur le quais, et environ toutes les 4 heures, il y a un ferry qui va jusqu'à Moskenes, sur l'île, très proche de A. Le Ferry coute environ 25 euros par personne, et il n'est pas nécessaire de réserver si vous êtes à pied.

1 commentaire

Jean-Pierre

JPP

Superbes photos !

  • il y a 3 ans