Mes 10 semaines à Hogar CIMA (2)

Publiée le 13/04/2019
Moi et CIMA

Et moi dans tout cela ?

Ma coloc

Je vis avec trois autres volontaires dans un petit appartement au centre de CIMA. C’est modeste, mais on y passe peu de temps. Vivre dans le centre nous permet de profiter pleinement de l’expérience, mais parfois ça peut être un inconvénient. Du fait de la proximité on a très peu de temps  "tranquilles" car les garçons sont toujours là et c’est très bruyant, on est levés à 6h avec leur cris, la flûte etc. Mais bon on vit le truc à fond du coup ! 

Je partage l'appartement avec 3 personnes. Il y a Axelle, une belge de 26 ans qui est là 3 mois dans le cadre de son stage de fin de licence ; Laura et Jhonny, des allemands de 18 et 20 ans, qui sont ici depuis 7 mois maintenant et qui restent  1 an au total. Ils sont à CIMA grâce à un programme de l’Etat allemand qui permet à des jeunes de partir tout frais payés, un an, en mission à l’étranger.

Globalement on s’entend tous bien, on a une vraie vie de colloc. Jhonny est tout de même un peu à part, c’est un marginal. Il est sympa, même si un peu loufoque. Le seul gros bémol : il a un vrai vrai VRAIIII problème de propreté, il a régulièrement des vers dans sa chambre (sympa).  

On s’est crééesun petit quotidien sympa. On petit déjeune toutes ensembles le matin, le soir on cuisine plus ou moins à tour de rôle (pour les haters, il se trouve que JE cuisine énormément ici). On va aussi deux fois par semaine à la salle de sport de Tambo pour faire un cours de full body. C’est toujours très drôle d'y aller : les spots de couleurs dans la salle ; les péruviennes de tout âge qui poussent des cris de motivations. On est un peu l’attraction à chaque classe, tout le monde vient nous regarder. On en profite aussi pour aller faire nos courses au marché, où l'on a nos commerces préférés. Ici pas de supermarchés, donc pas beaucoup de choix. Mais on a de la chance, il y a une variété de fruits et légumes incroyable.                                                        

Le WE soit on reste à CIMA pour passer du temps avec les garçons, aider à récolter les donations de nourriture dans les supermarchés de Lima ou participer à des évènements organisés par le centre. Sinon, on part en excursion à Lima ou ailleurs (je vais vous raconter cela dans d’autres articles). On est pas mal allées à Lima, car Laura connaît du monde, ce qui nous a permis de rencontrer des jeunes locaux et connaître les endroits chouettes de la ville. Il faut savoir que l’on met entre 2h et 2h30 pour rejoindre le centre de Lima en bus, donc ça complique chaque expédition.

Les collocs
Le salon/salle à manger/cuisine
Mon palace
Scène de crime avec un des couteaux de Jhonny
Avec nos nouveaux potes liméens
Ca cuisine asiatique
Dans notre carosse
Pisco souuuur dans notre coup de cœur à Lima (Isolina)

Mon quotidien

Le matin je partage mon temps entre l’administration où j’aide principalement à retranscrire les donations de nourriture dans des fichiers Excel, puis il faut trouver les prix de chaque article. C’est fastidieux et vraiment j’ai du mal à saisir pourquoi on fait cela et la manière de le faire, grosse perte de temps. mais bon, on essaye de la faire avec Le sourire. Je vais aussi à la cuisine où je suis présupposée à couper des légumes, apparemment je suis douée. Imaginez vous que l’on cuisine déjeuner et diner pour  50 personnes. Et enfin je vais une fois par semaine à la grange. Ca m’amuse d’y aller car ça n’est vraiment pas dans mes habitudes de faire ce genre de travaux : bécher la terre ; arracher du maïs pour nourrir les cochons d’inde/lapins ; nettoyer les enclos des animaux ; faire le compost etc.                                                                                     

L’après-midi, soit je traîne avec les garçons. On joue aux cartes, au basket, on parle etc.  Soit j’aide à diverses tâches comme réorganiser la remise pour la nourriture, trier les dons de vêtements etc. Pendants quelques semaines, j’ai aussi travaillé sur des missions de communication. Là, vous vous dites tous « mais je pensais que son volontariat était consacré à la communication de l’association », oui mais non. Il y a eu quelques couacs à ce niveau, j’y reviendrai plus tard.                                             

Le soir je bouquine pas mal ou je reste à papoter et regarder des films avec mes colocs.

Axelle qui "bosse" à la grange
Tambo
Je change d'orientation en rentrant
A la cantoche
Les kikis
L'amie des bêtes
Marco a eu 4 "bons points", on l’emmène au resto pour fêter cela
Sur la route pour Tombo (la ville la plus proche)
Mon magasin de légumes
Ma marchande de fruit
Le cours de full body
Petit repas entre potes

Mes anecdotes pas banales

Je suis au Pérou, à 9 774km de la France donc forcement en dix semaines j’ai vécu des moments improbables :

  • Vivre un  tremblement de terre qui a presque fait tomber des objets dans l’appartement
  • Passer une semaine sans eau et électricité
  • Assister à l’accouchement d’une chatte

  • Raper « jeune demoiselle » de Diam’s avec Axelle, devant un public pas conquis du tout par notre flow

  • Voir un cochon se faire tuer

  • Manger du cochon d’inde

  • Se fondre dans la masse dans une ville au fin fond du Perou où il n’y a aucun touristes. Ça a engendré pas mal de moments incongrus

  • Confondre un piment (rocoto) avec du poivron

  • Dormir dans un hotel de passes à Lima dans la jacuzzi room
  • etc.

La fameuse Suite Jaccuzi
Chercher le détail qui tue (indice, il se trouve sur le mannequin)
Incognito dans le bus
Un repas en famille classique
Chez l'esthéticienne 5 étoiles

Mon ressenti

Au global, CIMA a été une expérience très riche.

J’y aurais passé dix semaines, au lieu des trois mois prévus. Je pense que pour un volontariat il est essentiel de rester au moins un mois pour pouvoir profiter au maximum de l'experience.   Il faut plusieurs semaines pour pouvoir s’intégrer à l’ensemble et comprendre la structure.  Plus un volontaire reste de temps, plus les membres de l’association vont s’investir pour le connaitre et auront des facilités lui confier des tâches. 

Si  j’ai fait le choix d’écourter mon séjour c’est parce qu’après un mois je me levais le matin sans vraiment me sentir investie, je me languissais en quelque sorte. Or, si j’ai choisi de prendre un temps pour faire du volontariat ce semestre, c’est parce que je voulais participer concrètement à la vie d’une association et essayer d’apporter quelque chose, en l’occurrence avec mes quelques connaissances en communication.                               

Avant de porter mon choix sur CIMA, j’avais discuté avec la personne en charge de la communication/recherche de fond pour l’association, une française en service civique, avec qui j’avais convenu de trois missions. Or, elle a quitté CIMA en décembre et personne n’a repris son poste. Le temps passant, j’ai compris que je devais me trouver mes propres projets.                                              J’ai proposé de faire une sorte d’analyse de leur communication, pour ensuite donner des conseils et commencer à faire évoluer certains de leurs supports. Honnêtement, il y avait beaucoup de choses à repenser : le site était illisible, la newsletter adressée aux donateurs très pauvre, la page twitter inutile etc. Malheureusement, j’ai vite rencontré beaucoup d’obstacles qui m’ont fait baisser les bras : une direction omnipotente, une bureaucratie maladive et une peur du changement (et oui même dans les petites structures). J’ai eu une illustration de mon cours de politiques publiques à ESPOL qui parlait des freins à la prise de décision et au changement dans les organisations.

Ce problème de bureaucratie sclérose l’association à différents niveaux et la pénalise énormément selon moi.

Mille fois je me suis tapée la tête contre les murs face à leurs logiques. J’ai eu des discussions plutôt comiques pour comprendre des process/décisions ou expliquer mon point de vue, pas aidée par ma maitrise approximative de la langue. Vous le savez, j’aime comprendre vite et aller droit au but, or ici rien ne fonctionne comme cela, tout prend des plombes, tout est complexe …  Je pense vraiment avoir gagné en patience.

 

Malgré ces quelques déconvenues, j’ai adoré le temps que j’ai passé ici et je repars avec beaucoup de bons souvenirs.                                                                                                                                                   

CIMA c'est avant tout des rencontres et du partage. Au fur et à mesure des semaines, j’ai réussi à tisser des vrais liens et me faire une place chez cette population d’ados excités, drama queen, bruyants, qui sentent le fauve et sont obsédés par le foot.  J’ai eu en quelques sortes l’impression de revivre à l’internat le temps de deux mois. Je me souviendrais des moments de rigolade et de complicité. A diverses occasions ils ont aussi su me toucher par leurs mots et leur sensibilité. On sent une vraie reconnaissance et un attachement profond à CIMA. Pour preuve, chaque WE des ex-CIMA reviennent pour partager des moments avec les garçons actuellement au centre.


En résumé, je recommande vraiment CIMA pour réaliser un volontariat, vous pouvez en parler autour de vous. Les garçons sont géniaux, le personnel très gentil et il y a des choses à faire pour les aider dans leur quotidien. Avec moi cela n’a pas parfaitement collé car leur proposition ne convenait pas à mes projets et envies du moment.

 

Je vais terminer cet article en vous partageant ici l’hymne du centre. Il résume exactement  CIMA et les garçons le chantent toujours avec ferveur, ce qui est assez touchant.

Hymne de CIMA
Petite verre d'Inka Cola pour tchiner à cette belle aventure (soda local dégoûtant)
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