Lever très tôt ce matin pour un départ à 5h00. Le tuk-tuk démarre pour environ 45 minutes sur des petites routes et des chemins escarpés, pour arriver au sommet de la montagne au Lipton's seat situé à 1970 m. Il fait vraiment froid, à peine quelques degrés. Bien entendu, je n'ai pas amené d'anorak, alors quatre couches de vêtements suffiront.
Lipton's seat est un célèbre point de vue, où l'homme d'affaires écossais Sir Thomas Lipton aimait s'asseoir, une tasse de thé à la main, pour contempler fièrement son domaine.
Sir Lipton s'installa à Ceylan, alors colonie britannique, en 1890. Avec son associé James Taylor, il introduisit la culture du thé dans le pays, qui deviendra le célèbre thé de Ceylan.
Son premier domaine à Haputale s'étendait sur 7 hectares. Aujourd'hui, il s'étend sur un total de 873 hectares dont 376 ha de thé et le reste de forêt, à une altitude comprise entre 1560 et 1970 m.
Il est un peu plus de 6h et le soleil pointe son nez.
Bientôt les rayons du soleil donnent vie à ce panorama splendide, au-dessus de la vallée embrumée.
Les plantations du domaine de Dambatenne s'étendent à perte de vue. La culture se fait sur un sol en pente drainé naturellement. Les théiers sont plantés en rangées suivant le relief naturel des coteaux. De grands arbres sont implantés régulièrement autour des plantations, ce qui permet de tamiser les rayons du soleil et de retenir l'eau par leurs racines.
On croise des écoliers se rendant à l'école à travers les champs de thé, mais aussi des lieux de recueillement où les cueilleuses de thé viennent sûrement prier pour faire une bonne récolte.
Les cueilleuses, généralement d'origine tamoul, viennent de commencer leur travail harassant. Elles empruntent les étroites allées à travers les plants et ramassent de 15 à 20 kg de feuilles par jour. Lorsqu'elles ont les mains pleines, les femmes jettent leur contenu dans un sac en tissu porté dans le dos et attaché à leur front par une sangle. Il s'agit d'une main d'oeuvre peu qualifiée et ces femmes vivent dans des conditions de grande pauvreté.
Seuls les jeunes feuilles et les bourgeons sont cueillis, ils prendront directement le chemin de l'usine de thé voisine. Les plants sont maintenus à une hauteur d'1,20 metre environ par des coupes régulières pour former ce qu'on appelle une table de cueillette.
Sur la route de l'usine, je m'arrête dans une école maternelle où les enfants m'accueillent en chantant. Ils sont trop choux.
Pendant ce temps, les collégiens en uniforme et en rangs serrés attendent d'entrer dans leur classe.
Je traverse les quartiers d'habitation des travailleurs(ses) pour me rendre à l'usine. Ne croyez pas que seules les femmes travaillent. Les hommes s'occupent de la taille des grands arbres, des pulvérisations, de l'apport d'engrais, du transport des récoltes et du travail à l'usine.
Vous ne verrez pas de photos à l'intérieur de l'usine, elles sont interdites, sûrement pour protéger les secrets de fabrication.
Il se passe au maximum 24 heures entre la récolte et la transformation du thé. Les séchoirs et les machines à rouler datent de la construction de l'usine en 1890. Malgré ces antiques machines, la production s'élève à 700000 tonnes par an .
La première étape est le flétrissage. Les feuilles fraîches et tendres sont étalées sur des claies de flétrissement et vont se déshydrater pendant plusieurs heures grâce à un courant d'air chaud. Puis vient l'étape du roulage. Lorsque les feuilles ont perdu jusqu'à 50 % de leur eau, elles sont roulées, écrasées, pressées, hachées à l'aide d'une rouleuse mécanique. Elles sont ensuite mises au repos pendant deux à trois heures à l'air libre dans une atmosphère la plus humide possible. L'oxydation permet de modifier la composition chimique du thé. Plus le thé sera fermenté, plus il sera noir. Vient ensuite l'étape de la cuisson. Les feuilles coupées en petits morceaux passent par une phase de séchage appelée dessiccation. Il s'agit de chauffer rapidement les feuilles à l'aide d'une machine qui produit de l'air chaud pour les sécher à moins de 3 % d'humidité. Enfin, le tamisage qui permet de trier les feuilles en différentes qualités et grades de thé. Elles seront finalement mises en sacs qui seront expédiés dans le monde entier.
Après cette balade matinale, je continue en faisant une petite randonnée dans les montagnes aux alentours. Je tombe sur l'Adisham Bungalow qui était autrefois la résidence de campagne de Sir Thomas Lester Villiers et qui abrite aujourd'hui un monastère Bénédictin. La demeure et les jardins sont magnifiques.
Après un total de 18 km de marche, je m'accorde un petit plaisir gourmand avec ce rotti au chocolat. Non, pas un rôti, un rotti ! Il s'agit d'une galette épaisse consommée dans tout le sous-continent indien. Je vous l'accorde, le chocolat ne fait pas partie de l'alimentation indienne, mais c'est tellement bon....
Il est tombé une belle pluie ce soir, pendant environ une heure. Ce sont mes premières gouttes d'eau au Sri Lanka.
Côté pratique.
Lipton's seat : ticket 550 LKR + ticket tuk-tuk 100 LKR (1,80€) + tuk-tuk depuis Haputale A/R, avec attente à l'usine 5000 LKR (14€).
Auberge Polo region rest inn : une très bonne adresse. Les chambres sont simples mais très propres, avec chacune un balcon donnant sur la vallée et les montagnes environnantes. La famille est particulièrement accueillante et sympathique. 24 euros la nuit, petit-déjeuner inclus.
https://www.airbnb.co.nz/rooms/5611055?source_impression_id=p3_1772721722_P3p_aC_CFpA6espa
A 50 mètres de l'auberge, un restaurant propose un grand choix de spécialités locales à prix doux : le Mint of the mist.