Détour champêtre par les collines de Potrero de Diaz

Publiée le 29/04/2022
Longue étape jusqu'au village bucolique de Potrero de Diaz

Autour des conversations avec nos familles hôtes des derniers jours, nous avons revu notre itinéraire initialement pensé le long du barrage Cabra Corral.  Aux dires unanimes des locaux, le coin est trop anthropisé pour en faire un lieu de randonnée champêtre. Le détour par le village de Potrero de Díaz, perché dans les montagnes s'avère, quant à lui, complexe, du fait des sentiers potentiellement refermés par la vegetation. Par l'intermediation de Gringo Mamani qui tente de nous dégoter un guide sur place, qui nous accompagnera à travers les sentiers jusqu'à la localité d'Ampascachi, et nous évitera ainsi de finir dévorés par des pumas, nous choisissons finalement cette option, toujours préférable à la route nationale.


Malgré un départ retardé par les vicissitudes de Limón, qui nous casse un deuxième mousqueton, et une troupe qui s'est visiblement laissée ramollir par l'oisiveté des derniers jours, nous parvenons à l'entrée du chemin en milieu d'après midi. Ici, le soleil ne se couche que vers 19h30, nous avons donc un peu de marge pour gravir la route sinueuse qui mène à Potrero de Díaz, au cœur du cerro. En pleine montée, les chevaux, peu entraînés aux dénivelés, même mineurs, suent toute l'eau de leur corps et semblent trouver hardue la randonnée. Empathiques et inquiets à l'idée qu'ils nous fassent une crise cardiaque ou d'arriver en pleine nuit, nous mettons pied à terre pour les soulager et presser un peu le pas. Nous allons finalement plus vite lorsque nous donnons la cadence mais nous leur accordons pour l'instant l'excuse de la condition physique. Ce rythme poussif n'enlève rien à la beauté des paysages. La route à flanc de montagne très peu fréquentée s'offre à nous dans toute la largeur, de quoi flâner et se laisser aller aux rêveries et à la contemplation de la nature. La chaleur suffocante laisse place à une brise qui permet à nos chevaux de sécher et de retrouver un peu de peps. Nous atteignons le hameau peu avant le crepuscule, le temps de trouver, sans avoir même eu à chercher, chez Betty, une charmante bergère, le jardin et l'enclos qui nous herbegeront jusqu'au surlendemain. Après cette étape de plus de 30 km, les chevaux se jettent sur l'herbe. Quant à nous, il nous faut patienter un peu le temps d'apprivoiser le four artisanal... Accueillis par Betty au milieu d'un jardin qui sent la menthe, et ne nous préoccupant pas d'un accident de longe, nous dormons sur nos deux oreilles. Le souvenir de la première nuit de l'enfer est déjà loin derrière nous ! 

Loquito apprécie les paysages montagneux, moins la route...
Sur la route de Potrero de Diaz

Au réveil, le vendredi matin, nous n'eprouvons aucune difficulté à nous mettre au rythme paisible du village. Au milieu des chèvres et des cochons, nous faisons quelques menues réparations et nous délectons d'un bain rafraîchissant dans le petit ruisseau qui serpente au pied du terrain de Betty. Alex tente même, en vain, d'y pêcher quelque chose. La vie dans ces villages est d'un autre temps. Une grande partie de la journée de la bergère est consacrée à ses chèvres qu'elle amène faire paître dans la montagne tout en les surveillant attentivement. Les quelques fois où elles se sont échappées elle les a retrouvées, plusieurs jours plus tard,à des kilomètres de là. Nous ne voudrions jamais quitter ce mode de vie champêtre sans réseau... Barbara hésite même à se rendre à la messe de 17h, c'est dire à quel point ce havre de paix nous rapproche de Dieu !! 

Ici tout le monde se connaît et c'est en arpentant le coin que nous trouvons, grâce à Betty, Nelson, le gaucho qui fera avec nous la portion Potrero de Díaz- Ampascachi, et qui remplacera le guide qui se trouve être indisponible. Nous voilà rassurés, car nous aurions dû, dans le cas contraire, chercher notre chemin à travers les broussailles avec nos points de repère Google maps, sans aucune sorte de garantie de finir à bon port ! 

Alex prépare des pancakes au feu de bois
Puis ne sachant comment s'occuper, il se met à jouer à la dinette
La vie paisible à Potrero de Diaz
Comme un vendredi à Potrero de Diaz
Chèvres de Betty
On a retrouvé le cousin de babe
Avec Betty
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