Archipelago trail : la dolce vita ?

Publiée le 18/07/2026
Première phase, assez courte : 4 jours sur l’archipel de Turku qui compte 40 000 îles et îlots. Nous suivrons un itinéraire vélo bien connu ici : l’archipelago trail. Environ 250 kms en prenant le temps de vivre « à la finlandaise » et de rencontrer des gens du cru.

Tout recommence donc le jeudi 9 juillet…
Et c’est reparti !
20 kilomètres suburbains…

Ce village a rayonné grâce au thermalisme développé au XIXe, et fut un lieu de villégiature de la bourgeoisie de Turku. Aujourd’hui, avec ses maisons en bois préservées, c’est une destination de séjour touristique. Simplement la différence avec la France et les pays de l’ouest de l’Europe, c’est que nous vivons ici l’antithèse du surtourisme. Nous nous sentons bien partout dans ce lieu réputé, mais parfaitement serein.

Tranquille. Presque trop ? C’est une question. Même en ville, le climat humain est détendu. Nous n’avons jamais vu d’insultes ou d’altercations entre Finlandais. Aucune tension dans l’air. Il doit y en avoir bien sûr, de la tension, mais elle n’est absolument pas apparente.

Nous avons fait quelques mauvaises manœuvres à certains carrefours, nous orientant mal dans ces villes entièrement nouvelles pour nous, et tous se sont arrêtés sans klaxonner. Nous l’éprouvons comme une bienheureuse anomalie : en France nous aurions déjà reçu plusieurs bordées d’injures.

Mais retrouvons les ruelles de Naantali.
…. et les espaces ouverts où il fait bon flâner,
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Bref, la paix.
Pas étonnant que ce lieu abrite la résidence présidentielle d’été
La Finlande veille sur ses petits…

Petit aparté à propos de la protection sociale en Finlande et de la qualité de vie. Ce n’est pas pour rien qu’elle est souvent citée comme une des premières nations d’Europe pour la protection de ses habitants. Couverture santé universelle, éducation gratuite jusqu’à l’enseignement supérieur et assez peu coûteuse au-delà, congés parentaux importants, soutien aux familles avec jeunes enfants, ainsi qu’à la vieillesse. Ils font la course en tête dans les pays scandinaves qui sont en général très avancés. Les impôts, assez élevés en Finlande, servent à cela. La difficulté majeure actuellement est le vieillissement de la population qui fait monter fortement les coûts et pose des problèmes de déficit public. Actuellement la politique est une politique de droite conservatrice. Elle baisse les impôts et rabote les budgets publics, mais l’activité repart mollement : les exportations de la Finlande étant relativement faibles, il faut compter sur la consommation intérieure, mais les budgets des ménages ont baissé avec la réduction des soutiens sociaux. Le serpent se mord donc la queue. Si vous ajoutez l’explosion des budgets militaires avec la menace que la Russie de Poutine fait peser sur la Finlande, il n’est plus nécessaire d’en dire davantage sur les sources de problèmes pour la société finlandaise.

Nous poursuivons notre route….
Discrète, cette église construite en 1750 ….
le Christ « Salvator »
et un navire
Le clocher est, comme il se doit dans ces contrées, détaché du corps de l’église.
Nous suivons les sinuosités des îles truffées de lacs.
Bientôt sur la route…
C’est la fête locale…
Ghislain peut y satisfaire son vieil amour des Coccinelles.
Mais nous nous instruisons aussi de la vie rurale finlandaise au XIXe siècle…
…. et de ses métiers aujourd’hui oubliés.
Nous terminons la journée dans un superbe petit camping à Mussalo.

Le sauna est une véritable institution en Finlande

Il y en a plus de 3 millions pour 5 millions d’habitants !

C’est un équivalent du café chez nous : on y vient discuter et se détendre au terme de sa journée.

Fin de soirée, vue de la tente …
Petit déjeuner dans le laavu du camping….
Vendredi 10 : et nous voici repartis pour une 2eme journée dans les îles…
Voici le trajet de ces quatre journées.
Nous sautons d’îles en îles….
Petite pause chez un maraîcher bio …
Sur cette île…
Cette calèche rappelle que le père Noël est passé par là…
Les bacs se suivent et se ressemblent.
Mais nous rencontrons un peu plus de cyclistes.
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Nous terminons cette journée paisible et courte (55 kms)…
Frais mais baignable !
Samedi 11, nous adoptons le mode cool des Finlandais.
1ere rencontre dans le premier ferry avec Petrus et Saina ….
Nous enchaînons sur un 2eme ferry
Nous visitons d’abord son église,  très simple.
Une église luthérienne villageoise typique.
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Le cimetière s’interpose entre le clocher et son église.

Mais en sortant de l’église, nous apprenons d’une habitante que c’est aujourd’hui la fête annuelle de l’île et que c’est à deux kilomètres de là où nous sommes. Ni une ni deux nous y faisons un tour. D’autant plus que l’heure du déjeuner a sonné.

C’est vraiment la fête de village.
Nous nous inscrivons au repas et faisons sagement la queue.
… Stina et son compagnon.

Le père du compagnon de Stina est né aux Etats-Unis en 1924 et il est venu en Finlande avec ses parents en 1934 (c’est notable car le chemin ordinaire à l’époque était plutôt inverse). Cet homme est donc un Finlandais à l’ascendance américaine ; et il nous dit qu’il est heureux de ne pas être Américain.

L’hiver l’île de Norskatta compte 60 habitants. L’été, un peu plus de 1000. Outre les habitants actuels et d’autrefois, des gens de Turku ou d’Helsinki y ont également fait construire une résidence secondaire.

Comme de juste, un petit orchestre local accompagne les agapes.
Au total une chouette ambiance locale.
14h : nous avons fait 12 kms depuis ce matin.…
La journée continue…
Le bourg rayonne par son église…. Et par rien d’autre.

Entrons donc la visiter.

D’abord elle contient le plus ancien jubé de Finlande
et également une magnifique chaire
Cet ange armé du XVIIe rappelle que l’être humain a été chassé du paradis terrestre…
Prisonnier d’un monde qu’il a façonné et où luisent bien peu de lumières.
La beauté sobre du lieu laisse quand même espérer.
Au sortir de cette visite, une nouvelle rencontre.
Et nous annoncer en prime le concert annuel d’un groupe…

Alors en route pour Nagu !

À l’arrivée, une petite baignade dans la baltique…
Christine apprécie surtout la farniente…
Nous nous installons….
L’heure du concert est arrivée !
Retour du concert à minuit et calme sur le bivouac.. Mais l’orage menace au loin.
Il nous épargnera.
Lendemain matin très serein.
Cependant nous ne repartons qu’à midi après avoir laissé passer une grosse averse locale.
Le pays est toujours aussi forestier, même sur les îles….
… associés à de très vieilles bâtisses.

La Finlande n’en possède pas moins quelques industries lourdes, telle Nordkalk. Grosse entreprise, aujourd’hui multinationale, de production de chaux et de calcaire créée en 1898 et dont le «  grand homme » fut Emil Sarlin, engagé en 1904, ingénieur et directeur général durant 50 ans. Il donna son envergure internationale à la boîte. Mais en développant fortement l’axe du ciment, il a modernisé nos sociétés et accru la production de gaz à effet de serre (la production de ciment en est un des plus gros responsables).

En tout cas l’homme n’avait pas l’air vraiment commode.
Le site de Kopparö, avant d’arriver à Pargas, est le plus ancien de l’entreprise..
Heureusement Pargas est encore préservée.
… et son camping a un petit air provençal.
Au moment de quitter l’archipel, nous plongeons une nouvelle fois dans la Baltique.

L’archipel de Turku n’a pas volé sa réputation. Et au moment de le quitter ce dimanche 12 juillet au soir, nous constatons que nous avons bien vécu 4 jours de dolce vita.

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