A l'arrache

Publiée le 09/03/2016
On est retourné à Phnom Penh, en se disant qu'on verrait bien si une occasion se présente. Ce qui est sûr, pas question de continuer à errer en bus, de site touristique en site touristique, au Cambodge. Soit on trouve autre chose,soit on file au Laos.

A la recherche d'un programme qui nous plaît

 Nous voilà donc à Phnom Penh, dans le quartier des vélos d'occasion. 8 boutiques au moins, qui ont des piles de vieux vélos rouillés, sur lequels ils prennent des pièces pour restaurer quelques bicyclettes qui auront la chance de reservir un jour. Ils font ensuite un nouveau tas de vélos utilisables, qu'on emballe et envoye je ne sais où.


  On fait un tour rapide, on remarque quelques modèles plus valables que d'autres. On se pose à une table, pour boire un gros verre d'eau, et réfléchir sur la suite. L'idée de redevenir cyclotouristes nous tente bien. Mais partir sur la  route avec de vieux vélos taille asiatique, sous une chaleur écrasante, à travers un continent bien différent du notre, sans outils, sans équipement, pourrait bien devenir une galère. 

  On a un trajet en tête: suivre le Mekong. On échange les pour et les contre. Clément hésite, Laure pense que c'est jouable. Aller, si on  peut avoir 2 vélos, avec porte gourde, porte bagage, et de quoi réparer des crevaisons, pour 100$, on se lance.


  Et on trouve. Laure à un vtc 28'' , avec seulement un dérailleur arrière. Clément un vtt, selle montée au maximum, lourd avec fourche molle, mais vitesse avant et arrière. On fait monter des porte bagages et porte gourde, on prend des chambres à air et une pompe, ainsi qu'un cadenas.  


  On trouve dans des poubelles de vieilles planches de teck fines et solides, qu'on fixe en dièse # avec de la ficelle et chambre à air, trouvées dans une autre poubelle, sur les portes bagages en aluminium  (enfin, comme toujours en Asie,  que 6 Cambodgiens viennent fixer, mais qu'on a dû refaire un peu plus loin). On pose nos sacs à dos dessus, et on maintient le tout avec 2 tendeurs qu'on promène depuis l'Europe à vélo, au cas où. Clément fixe sa sacoche banane spécial scooter, achetée en Thaïlande,  pour en faire une sacoche avant. On est prêt au départ.

 On trouve dans des poubelles de vieilles planches de teck fines et solides, qu'on fixe en dièse # avec de la ficelle et chambre à air, trouvées dans une autre poubelle, sur les portes bagages en aluminium  (enfin, comme toujours en Asie,  que 6 Cambodgiens viennent fixer, mais qu'on a dû refaire un peu plus loin). On pose nos sacs à dos dessus, et on maintient le tout avec 2 tendeurs qu'on promène depuis l'Europe à vélo, au cas où. Clément fixe sa sacoche banane spécial scooter, achetée en Thaïlande,  pour en faire une sacoche avant. On est prêt au départ.


  On est arrivé à Phnom Penh le vendredi 22 juin, on a acheté les vélos le lendemain, on est à nouveau sur la route le 24.

Des qu'un blanc bricole, les cambodgiens sont toujours là pour faire à ta place. 4 qui bossent, 1 qui regarde, Laure qui ne peut plus rien faire.
Premier jour, première crevaison. Mais, ça valait le coup. Pour réparer, il vous faut: un serre joint, un cylindre, une canette de bière,  un bout de chambre à air, de l'essence, un briquet. Incroyable.

En vélo, il fait beau

Les premiers coups de pédale sont bons. La sensation de liberté est aussitôt là. Après 10km de folie urbaine, on est en pleine campagne. On atteint Srei Santhor, village qui doit sûrement avoir un hôtel. On remarque un groupe de jeunes blancs qui jouent dans une cour d'école. On leur demande s'ils connaissent une adresse pour dormir. Ils ne savent pas trop, mais au moment de répartir, le plus vieux d'entre eux nous arrête, et nous propose de venir visiter leur lieux de vie. On accepte.

   C'est en fait la maison d'un révérend. Et nous voilà entourés de 8 jeunes anglophones, 2 parents et leurs 2 enfants, ainsi que le révérend, son frère, sa femme et ses 2 enfants. On nous propose de l'eau, une chaise, on se met à raconter qui on est et ce qu'on fait là. Ils n'ont pas l'habitude de croiser des touristes. Puis c'est à eux d'expliquer qu'ils sont là pour enseigner l'anglais aux enfants du coin, pour aider à construire une maison, et mission principale mais sous entendue, prêcher l'évangile.


  Rapidement, on nous invite à dormir ici, et à partager leur repas, ce qui nous arrange bien.

 Après le benedicite, on apprécie le repas typiquement cambodgien, et en quantité. Échanges et parties de carte, on nous installe notre lit sur le balcon de cette maison sur pilotis, constitué d'une natte et d'une moustiquaire. On se passera de matelas et de coussin. 

  Nuit quasi blanche: le sol dur est une chose, mais il a soufflé un vent violent toute la nuit, et nous, en hauteur, avons vu tous les vêtements s'envoler, notre moustiquaire se transformer en voile de bateau. 

1 fois par jour minimum, le jus de canne à sucre.

Lundi 25 janvier

Petit déjeuner léger, mais on a savouré de la confiture, ça faisait très longtemps. On se propose à aider au chantier maison. Clément voulait depuis longtemps voir un chantier de bénévoles dans les pays pauvres. On a pas été déçus. En fait d'une maison, c'est plus une grande cabane, qui a été déplacée, et qui doit être remontée avant la saison des pluies. Le propriétaire est devenu hémiplégique, il a donc besoin désormais de vivre au village. Les jeunes regardent travailler Youtry, frère du révérend, et le fils du propriétaire de la maison. Parfois, ils plantent un clou, en s'échangeant le marteau à chaque coup. Puis filent manger un biscuit offert par les habitants. Leur partie du job, c'est de payer.

  Nous, on aide comme on peut, et rapidement Clément participe activement. Laure file un coup de main pour porter les poutres, mais est surtout occupée à répondre aux questions des jeunes blancs. 


   Entre Youtry et nous s'est installé une bonne complicité. Un sacré bonhomme qui a d'ailleurs fait un peu de cyclotourisme dans sa jeunesse. Cela doit être très rare ici, au Cambodge. 


Nous voilà marteau et scie à la main.
Les missionaires chrétiens, et en premier plan, le révérend et son petit frère, Youtry.

On nous offre le repas du midi, et comme il semble que notre travail à été apprécié, le révérend nous invite à rester autant de temps que l'on veut. Mais on veut repartir, et l'ambiance religieuse nous met un peu mal à l'aise.


  Alors on repart. Il est 13h, on evolue a travers les plantatons de Caoutchouc, alternant route bitumée et piste, vent de face. On dort en guest house, bien reposant.

Far-Est

Mardi 26 et mercredi 27 janvier

  Ce matin, le câble de dérailleur avant de Clément casse. Juste au même endroit, un réparateur de scoot. Il répare l'affaire en 30 minutes,pour 50cts.


  Nous décidons d'acheter à manger pour dormir en sauvage. Mais à l'achat du dernier ingrédient, des bananes, la vendeuse nous interpelle. Elle semble agressive, pas accueillante et pourtant on comprend, par miracle, qu'elle nous invite à dormir chez eux, juste derrière. 


  On dit oui encore une fois. Cette fois, pas un mot d'anglais. On doit se laver au milieu des poules et buffles, à vue de tous. L'eau est puisée dans une jarre d'eau croupie, les pieds sur une planche de bois. C'est la toilette normale ici. On passe la soirée à leur étalage de bananes et autres babioles, à être l'attraction des clients avant d'être invités à entrer dans la maison. La maison est sur pilotis, composée d'une seule grande pièce, une cuisine dans un coin, des rideaux dans un autre, qui forme un coin d'intimité pour les parents. Vivent la Kee et son mari avec leur 4 filles, ainsi que la grand mère à moitié folle. 

   On partage le repas avec Kee et son mari Tod, qui travaille dans les champs. Il a repris 5 fois du riz. Clément a aussi mangé la salade de papaye qu'on avait prévue de manger en sauvage. Les filles ne mangent pas en même temps. Quand on pose à Kee et Tod la question s'ils sont heureux d'avoir 4 filles, la réponse est directe: non. Les 2 plus jeunes filles vont à l'école, les 2 plus grandes n'ont pas eu cette chance. Elles sont destinées à être vendeuses de bananes elles aussi.

  Notre lit ce soir est plus confortable. On dort encore à même le sol, mais pas de vent, et on a droit à 2 coussins.


  Lendemain matin, personne ne prend de petit déjeuner. On remercie sans pouvoir rendre la pareille, et on parcourt 40km de piste jusqu'à une ville et un hôtel.  Il est encore tôt, mais Clément est très malade: la salade de papaye....Après midi dans le lit et et sur les toilettes pour Clément.

En voilà un, radeau de transport de bambous. Mais ça court pas les rivières non plus.

Jeudi 28 Janvier

  Clément resterait bien se reposer encore, mais la ville ne montre aucun intérêt, et surtout on est un peu limités par le temps. Notre visa cambodgien expire bientôt, et il nous reste pas mal de kilomètres pour la frontière Laotienne.

  Après 20km, on tombe sur des huttes construites au dessus du Mekong. C'est un lieu joli, avec des hamacs pour se reposer, au frais. Mais ce doit être indiqué dans les guides touristiques, puisqu'on rencontre à nouveau les blancs. Et du coup, le parking est payant, même pour les vélos, puis l'entrée, puis la location des hamacs. Clément est trop faible et l'endroit est parfait pour une convalescence. On paye donc tout sans broncher. 4h de baignade,  riz, sieste.

   On repart sur notre piste, et après 2h30 de pédale,  la nuit tombe. On se met en quete d'un coin dodo en empruntant un petit chemin. 100m plus loin, on entend un homme crier dans notre direction...demi tour. Ce n'est pas pour nous interdire l'accès, mais d'après l'homme, c'est dangereux de dormir là. Il nous invite à dormir sous sa maison. Il fait nuit, on n'a plus le choix. Et il est très difficile de refuser l'hospitalité de gens qui n'ont pas grand chose. 

   On monte notre tente au seul endroit autorisé (parce qu'ici,  c'est pas dangereux...), on fait notre lit à même le bois une fois de plus, toilette à l'eau d'une jarre occupée par des poissons, le tout sous le regard d'une dizaine d'enfants et ados pendant plus d'une heure. Laure adore être reluquée pendant sa toilette... Heureusement,  on a déjà mangé. 

  On dort bien, malgré le bruit alentour, la lumière en plein sur la tente (pour nous proteger), le coq qui chante n'importe quand.

Sur notre route. Autant aller y faire un tour. Hammacs, boissons et restos au dessus de l'eau.
Difficile de dormir en sauvage au Cambodge.  A chaque fois, quelqu'un pour nous inviter/obliger à dormir chez eux. C'est rarement confortable.

Vendredi 29 Janvier

  Journée difficile. On sait que de la piste, voire du chemin, nous attend. Et effectivement, ça aura été 30km de 'route', 20km de piste en mauvais état, mais surtout 20km de vtt sableux sous le soleil cuisant. On part sans eau, parce que d'habitude on croise un vendeur tous les kilomètres. Humour du Cambodge, cette fois rien à l'horizon. On finira par trouver un coca et de l'eau, en face de la plus grosse usine de sucre de canne du pays, complément déshydratés.

   On nous propose de visiter l'usine. Sûrement intéressant, on s'y dirige donc, avec le nom du copain rencontré a l'épicerie qui nous a certifié être connu la bas. Sauf que l'usine est à l'arrêt, elle ne fait qu'acheter la canne pour le moment. Demi tour, on continue à monter et descendre dans le sable, dans une forêt cramée, ou qui crame. Le feu est partout, sans personne qui le contrôle. C'est un désert animal.

  Puis le chemin devient un peu plus habité. Des ponts en palettes avec peages qu'on refuse de payer, parce que c'est profiter de ceux qui ne sont pas du coin, puis une rivière à l'eau fraîche. On dormira là, à l'abri des regards, à manger des noodles crues et 2 tomates.

Ce pont est payant.

Samedi 30 et Dimanche 31 Janvier

  Laure est malade, Clement aussi, ça devient la routine. On atteint Stung Treng après 55km. On y trouve une chambre,  sale, sans fenêtre, bruyante mais ca reste confortable pour nous. Comme on est encore malade, on mange pour la première fois en Asie dans un restaurant occidental. On y apprecie la propreté de la cuisine, la climatisation,  les sièges rembourrés, le WiFi, et le Burger avec fromage passe bien. 

 On reste 2 jours ici. La ville n'a rien d'autre à offrir qu'un marché, parfaite pour se reposer et s'alimenter proprement. L'avantage du vélo et d'être malade, c'est qu'on ne culpabilise pas de ne rien faire. Et même, on apprécie.

Une échelle cambodgienne. On a aperçu quelqu'un dans ce gigantesque palmier, après avoir pris cette photo. C'est donc bien une échelle utilisable.

Lundi 1er Février:on quitte le Cambodge

7h du matin, on pédale. 65km nous séparent de la frontière. Le paysage est encore et toujours asséché par les feux de broussaille. Ces kilomètres ne nous font pas du tout regretter de quitter le pays. 


A quoi va ressembler le Laos?

Ce décor sur 200km. Tout est brûlé, sans vie.
3 commentaires

François

RonronEtYoyo

Franchement ? C'est trop bien.

  • il y a 6 ans

Bebelle

Galères et imprévus, et comme à votre habitude, vous résistez !
Vous restez curieux des autres . Bravo
Prenez soin de vous!

  • il y a 6 ans

JennyEmericMichelle

toujours aussi débrouillards et quelles rencontres, tant de choses à nous raconter...gros bisous, restez prudents

  • il y a 6 ans
14 Voyages | 46 Étapes
Stung Treng, Cambodge
Étape du voyage
Début du voyage : 05/01/2016
Liste des étapes

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