Avant de vous raconter nos aventures du jour, j'aimerai vous parler de ce peuple adorable. Toutes les infos que nous avons eu proviennent de nos discussions avec notre super guide francophone Yokho, et pour les futurs voyageurs à destination du Cambodge j'ai son WhatsApp à disposition!
Je vous ai déjà parlé du passé, de ce peuple qui avait installé sur une grande partie de l'Asie du Sud Est, il y plus de 1400 ans, une civilisation raffinée, et qui a durée presque 1000 ans !
Ensuite les choses se sont gâtées, l'empire devenu faible et divisé fut conquis par les vietnamiens et les thaïs, au point que vers la fin du XVIIIe siècle, le roi du Cambodge, qui ne dirigeait plus qu'un tout petit pays, fit appel aux français pour l'aider à sauver son royaume.
Les Français conclurent un accord de protectorat, qui se traduisit rapidement par une colonisation en règle, et un accaparement de toutes les richesses. Comme le dit Yokho, " avec la colonisation il y a la bonne et la mauvaise mémoire, on préfère garder la bonne." Paroles d'une grande sagesse, en effet les français, au delà de la confiscation des richesses, furent les premiers, et les plus motivés, à extraire de la jungle les milliers de monuments que la foret dévorait petit à petit, et c'est à l'Ecole d'Extrême Orient, et à son travail que l'on doit aujourd'hui d'admirer ces chefs d'œuvres!
Après la colonisation, et une occupation des japonais durant la deuxième guerre mondiale, vint en 1963 le temps de l'indépendance, et sous la conduite de son roi Norodom Sihanouk, le pays entama sa marche vers les temps modernes.
Marche très vite écourtée par le putsch des Khmers Rouges, et des années de terreur et de génocide qui suivirent. Il y a une quarantaine d'années, le Cambodge revoyait la lumière, mais à quel prix!!
Plus de la moitié de la population est morte de faim, sous la torture, de maladie ou tout simplement assassinée par les fous sanguinaires. Le pays était vidé de toute forme d'infrastructure et l'économie était plus faible que 1000 ans auparavant, et reprenait lentement sa marche vers la modernité.
Marche difficile à ce jour, et qui n'est pas sans conséquences ni difficultés. Pendant des millénaires, les Cambodgiens ont utilisés des emballages naturels, essentiellement des feuilles de bananiers, feuilles qui une fois jetées au sol se décomposaient rapidement, et donnaient du compost. Depuis le début des années 2000, le plastique a fait son apparition, et aujourd'hui son utilisation comme emballage est générale, mais les comportements n'ont pas évolués aussi vite, et le plastique, sacs ou bouteilles, est un fléau pour ce pays.
Le Cambodge ne manque pas de travail, ici tout le monde a de quoi travailler tous les jours, 80% des cambodgiens vivent à la campagne, et près de 70% sont cultivateurs. L'agriculture est avant tout vivrière, et les paysans vivent au quotidien de leur production, le reste est vendu le soir et le matin sur les différents marchés que l'on trouve un peu partout. Deux secteurs exportent, les fruits , bananes et mangues, et le riz. Il y a également une industrie textile importante, qui emploie de nombreuses personnes, ainsi que le secteur du bâtiment, très dynamique, enfin le tourisme est une activité en plein développement
Pourtant, le pays manque cruellement d'élites, ici les enfants vont au mieux jusqu'à la fin du primaire, parfois à la fin du collège, et les plus chanceux jusqu'à la fin du lycée, bien que les nouvelles générations nées après le régime Khmers Rouges, soit de plus en plus enclins à envoyer leurs enfants étudier. Une seule université, dans la capitale. Mais certains cambodgiens partent faire des études à l'étranger, études financées par des bourses d'état, mais le problème des salaires ne les incite pas à rentrer au pays une fois leur diplôme en poche. Le salaire moyen ici est de 100$ par mois, et un médecin ou un ingénieur peut espérer monter jusqu'a 500, voir 1000 pour les meilleurs, quand on leur propose 10 à 20 fois cela en Australie ou Nouvelle Zélande!
Enfin, sur le plan religieux et familial, les cambodgiens sont à 95% bouddhistes, et vivent en famille. Dans un pays qui n'a ni système de retraite, ni système de sécurité sociale, la seule alternative est la solidarité familiale.
Les cambodgiens vivent en famille, et parfois près de quatre générations partagent le même toit. Les plus âgés font des travaux adaptés à leur situation, gardent les jeunes enfants et font à manger, puis finissent leur vie dans la maison de famille. Même les funérailles sont communes, les cérémonies de crémation étant très chères, les défunts sont enterrés provisoirement, puis , régulièrement, les habitants du village organisent une crémation commune en déterrant tous les corps et en partageant les frais de la cérémonie. Une véritable vie de village, comme il y a 1000 ans!
Un dernier temple pour la route !
Celui ci est très ancien, et date du VIIIe siècle, et sa particularité est d'avoir été bâti non par un roi mais par un prêtre, ce qui fait qu'il est plus petit, et qu'aucune statue de personnage réel ne figure sur les murs.
Il fut nomme citadelle des femmes par les premiers explorateurs, car un très grand nombre de gravures de danseuses apsara, les danseuses célestes, orne ses murs. D'ailleurs, André Malraux fut tellement conquis par leur beauté qu'il vola deux bas reliefs, et se fit attraper à la frontière, évitant de justesse la prison!
Ce temple possède un grand charme, perdu au cœur de la forêt, avec ses pierres de couleur rose
Nous poursuivons notre chemin vers la rivière aux 1000 lingas. J'ai déjà parlé de la cérémonie des lingas et de l'eau sacrée qui en sort. Afin que tout son peuple puisse en bénéficier, un roi fit sculpter dans le lit de la rivière qui arrose Angkor, des milliers de lingas, qui grâce à l'écoulement continuel de la rivière la transformait en eau sacrée disponible à volonté.
Mais , quand on est roi on est malin, du coup la rivière arrosant sa capitale et ses temples, toute l'eau disponible autour des temples devenait sacrée. Et comme ce roi là était un super malin, il se fit construire un petit temple perso tout an haut de la rivière sacrée, juste devant une magnifique cascade. Il fit là aussi sculpter des lingas dans le lit de la rivière, et obtint ainsi une jolie piscine naturelle a son usage exclusif !
Nous sommes allés jusqu'à cette cascade, aujourd'hui utilisée par toute la population pour se baigner dans l'eau sacrée. Et tous ces gens se baignent pour se purifier.