La route des salars d'Atacama

Publiée le 11/07/2019
1er mars 2019 // San Pedro de Atacama Jour 4 - On part à la découverte des étendues de sel et ses lagunes colorées dans le havre de paix le plus aride au monde, un lieu aussi dangereux qu'apaisant.

Durée : 1 journée

On y a fait : Mirador volcans Licancabur & Juriques, Monjes de La Pacana, Le gardien de Tara, Mirador Aguas Calientes 1, Salar de Loyoques, Laguna Quisquiro, Laguna Negra, Aguada de Quepiaco

Altitude ‎: +/- 4 500 m

Distance de chez nous : 10 500 km

Volcans Licancabur et Juriques


Notre journée commence par un petit déjeuner face au volcan Licancabur (5 920 m d’altitude) qui trône sur la frontière bolivienne aux côtés de son voisin Juriques (5 704 m d’altitude) qui semble avoir été tassé d’un coup de massue sur la tête.

Le Licancabur est un des volcans les plus majestueux et célèbres de cette région. Son nom signifie « montagne du peuple » de lican « peuple » et cabur « montagne » dans la langue des indiens Atacama.

Dans leurs croyances, les volcans et montagnes, ces géants de la terre, étaient considérées comme des divinités. De cela sont nées de nombreuses légendes dans le but d’expliquer certains phénomènes géologiques.

Et comme il ne peut exister de légende sans un amour impossible, on va vous raconter celle du grand amour du volcan Licancabur.


Licancabur et Quimal, un amour shakespearien


Les volcans Licancabur et Juriques ne sont pas seulement voisins, ils sont frères jumeaux. Ce sont les fils de l’impérieux et sanguin Lascar, un volcan très âgé mais pourtant le plus actif des Andes. Ces deux guerriers fougueux partagent la même passion amoureuse pour une femme-volcan nommée Quimal dont les sentiments sont éprouvés en retour pour Licancabur.

Leur querelle incessante pour conquérir le coeur de leur bien-aimée provoquait de terribles tremblements de terre et perturbait l’équilibre de la nature.

Afin de mettre un terme à cette violente bataille entre les deux frères, leur père envoya une boule de feu en direction du plus arrogant : Licancabur. Mais il manqua sa cible et décapita son autre fils Juriques.

Fou de rage, il refusa que Licancabur puisse un jour connaître le bonheur avec Quimal et exila sa belle à l’autre bout du désert laissant ainsi l’amoureux dans une tristesse si intense que ses larmes écoulées ont créé les déserts de sel de la région d’Atacama.

Mère Nature ayant pitié de leur destin tragique accorda aux amoureux un unique contact une fois par année au moment du solstice d’hiver (le 21 juin dans l’hémisphère Sud) lorsque l’ombre du volcan Licancabur vient effleurer les courbes du volcan Quimal.

Avant d’entamer une nouvelle année de solitude, les amants consomment leur amour cette nuit-là. Pour les indiens Atacama, cette date symbolise alors le jour de la fertilité et préparent ainsi à cette période la terre pour favoriser l’abondance des récoltes. Pour eux, ce qu’apporte ensuite la terre sont les enfants de Licancabur et Quimal conçus lors de cette nuit féconde.

Il existe de nombreuses versions de cette légende mais il est toujours question d’une volcanique querelle amoureuse.

Ah l'amour ! ...


La route des salars - Volcans Licancabur (5920 m) & Juriques (5704 m)

Monjes de La Pacana


On reprend ensuite la route en direction des Monjes de La Pacana, ces énormes roches sculptées par l’érosion naturelle du vent pendant des milliers d’années qui ressemblent à des moines (« Monjes » en espagnol). Elles sont appelées aussi les Sentinelles de Tara.

Lorsqu’on les regarde de loin, on ne se rend pas du tout compte de leur taille avant d’être à leur pied. Il réside d’ailleurs dans ce désert une perception altérée des proportions car tout est si grand et si vaste que nos yeux et notre esprit ont tendance à minimiser cette immensité.

On a aussi du mal à imaginer la puissance d’une éruption volcanique qui a projeté à cette distance ces énormes formations de pierre orangées. C’est face à ces géants de pierre plantés en plein milieu du désert qu’on se rend compte de la force de la nature.


Le Gardien de Tara & le Salar Aguas Calientes


L’une des formations rocheuses les plus connues est le « Le gardien de Tara », puisque l'on passe généralement à côté avant de prendre la route vers le Salar de Tara. Sa ressemblance avec un indien lui vaut également le nom d' « El indio ». On le dit protecteur des salars de Tara & Aguas Calientes.

Plutôt que de reprendre le van pour le rejoindre, on choisit de s’y rendre à pied. On prend conscience alors de la sècheresse de l’air et du soleil qui tape sur nos têtes à cette altitude.

Mais on prend surtout conscience de cette sensation indescriptible qu’on ressent d’être à cet endroit précis au milieu du désert le plus aride du monde. De cette sensation de liberté et d’immensité, cette réunion entre l’humain et la nature sans artifice, sans réseau, avec toute sa beauté et son authenticité.

Ce n’étaient pas les plus beaux paysages qu’on ait vus, mais marcher à cet endroit a été un moment intense. Les mots peinent à exprimer ce qu’on a pu ressentir à cet instant.

Avant de remonter dans le van, la guide nous donne quelques informations sur les roches et minéraux sous nos pieds. On remarque de petites pierres noires et lisses qui détonnent sur le sol orangé. La guide nous explique que c’est le soleil et la chaleur qui font fondre le sable et donnent ces pierres semblables à du verre noir.

On se dirige ensuite vers le Salar Aguas Calientes situé juste derrière le Gardien qu’on vient admirer depuis un mirador.


La route des salars - Monjes de La Pacana
La route des salars - Monjes de La Pacana
La route des salars - Monjes de La Pacana
La route des salars - Monjes de La Pacana
La route des salars - Seuls au milieu du désert le plus aride au monde
La route des salars - Monjes de La Pacana, le Gardien de Tara
La route des salars - le Gardien de Tara et le Salar Aguas Calientes derrière
La route des salars - Salar Aguas Calientes

Salar de Loyoques


On reprend ensuite la route en direction d’une nouvelle merveille de la nature : le Salar de Loyoques. Avec ses dégradés de couleurs, ses différentes textures et ses courbes en relief, il semble sortir tout droit d’une peinture d’aquarelle. Il nous rappelle un peu le Salar Aguas Calientes lors de notre découverte des Lagunas Altiplanicas.

Ce Salar s’étend sur 80 km2 et nous offre un panorama magnifique sur ces bassins de lagunes et tourbières salées à plus de 4000 m d’altitude.

Après de longues minutes de contemplation et quelques souvenirs capturés dans les appareils photos, on retourne dans le mini van pour s’engouffrer dans cette palette de couleurs en direction d’un spot pour déjeuner.


La route des salars - Salar de Loyoques
La route des salars - Salar de Loyoques
La route des salars - Salar de Loyoques

Laguna Quisquiro


En traversant la partie nord du Salar, on réalise une fois descendu au même niveau que le mirador nous donnait une vue d’ensemble et complète, et qu’observer cette vaste étendue d’en bas ne rendait pas justice à sa beauté.

En revanche, quand de là-haut on pensait n’apercevoir que des lagunes et déserts de sel, quelle a été notre surprise d’arriver à une sorte de canyon : la Laguna Quisquiro.

Nous voilà au milieu du no-man’s-land dans un désert de rocailles orangées, à longer un canyon dont l’eau sombre et claire à la fois accueille des flamants roses assoiffés et affamés.

Et c’est là qu’on va déjeuner. Quel privilège !!

Après avoir savouré notre lunch, on part se balader à pied autour du canyon et on aperçoit en route une petite grenouille de la taille d’un pouce. Ici. Improbable ! On en parle à notre chauffeur qui nous dit que c’est très rare d’en croiser.


La route des salars - Au milieu du no-man's-land
La route des salars - un canyon du Laguna Quisquiro
La route des salars - un canyon du Laguna Quisquiro
La route des salars - un canyon du Laguna Quisquiro
La route des salars - un canyon du Laguna Quisquiro
La route des salars - une grenouille dans un canyon du Laguna Quisquiro
La route des salars - un canyon du Laguna Quisquiro, c'est l'heure du lunch !

Laguna Negra du Salar Aguas Calientes


De nouveau sur la route, on retourne au Salar Aguas Calientes mais cette fois au niveau d’une de ses lagunes : la Laguna Negra.

Dans le mini-van, une des personnes du groupe demande à quelle altitude nous sommes et la guide lui dit qu’en général elle évite de répondre car parfois le mal de l’altitude dit « Mal des Montagnes » peut être déclenché par le seul fait de le savoir.

Mais après quelques insistances, elle finit par nous donner l’altitude. En arrivant à la lagune, une jeune coréenne du groupe se sent prise de violentes nausées, de vertiges et finit par rendre son déjeuner. Était-ce une réaction psychologique ? Ou un symptôme du Mal des Montagnes ? Difficile à dire.

Une fois la jeune coréenne prise en charge, la guide nous emmène au bord afin d’aller y toucher l’eau. On doit être vigilants car certaines zones sont à une température trop élevée ce qui provoquerait de sérieuses brûlures.

Alors chacun notre tour, on vient tremper nos doigts dans cette eau si chaude !


La route des salars - Laguna Negra du Salar Aguas Calientes
La route des salars - Laguna Negra du Salar Aguas Calientes, c'est chaud !
La route des salars - Laguna Negra du Salar Aguas Calientes, c'est chaud !

Aguada de Quepiaco


La journée touche bientôt à sa fin, il nous reste un dernier arrêt. En chemin, on croise un troupeau de vigognes (« vicuñas » en espagnol). On est vraiment tombés amoureux de ces camélidés sauvages d’une telle grâce et rapidité. Et que dire des « baby vicuñaaaa » qui nous font fondre par trop de mignonnerie.

Entourés de caillasse et de poussière, nous voilà pourtant arrivés à la rivière de Quepiaco avec son eau pure et sa mousse verte qui apporte de la fraîcheur au paysage mais surtout aux animaux qui passent par là.

On profite de nos derniers instants dans ce havre de paix et de notre dernière journée dans ce désert, dans cette région et dans ce pays ! Car demain matin, direction l’ARGENTINE !


Désert de Tara - Troupeau de vigognes qui traverse OKLM
Désert de Tara - Aguada de Quepiaco
Désert de Tara - Aguada de Quepiaco
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