Jaisalmer la jaune - Une nuit dans le palais du Maharadja

Publiée le 19/08/2017
Savez-vous pourquoi les femmes dans les villages au Rajasthan portent des bijoux massifs et lourds, alors qu'elles travaillent toute la journée en plein soleil?

Pourquoi ces boucles qui déforment parfois les oreilles, le nez, et des dizaines de bracelets aux poignets?


Les oreilles : dans le désert, les femmes parcourent de longues distance pour aller chercher de l'eau. Elles transportent les jarres (jusqu'à 5) empilées sur leur tête. Si on les interpellait de loin, elles ne pourraient pas se retourner. Les lourdes boucles d'oreilles leur permettent donc d'étirer les lobes pour mieux entendre ce qui se passe derrière elles. 


Le nez : dans les villages, les maisons sont rustiques et élaborées à partir de branchages et de paille. Le feu y représente donc un grand danger. Une lourde boucle entre les narines leur permet de garder les cloisons nasales toujours ouvertes et ainsi, de mieux sentir la fumée si une braise met le feu quelque part. 


Les bras : dans les zones rurales, les femmes travaillent agenouillées toute la journée, les mains au raz du sol. Les bracelets leur servent ici d'armure contre les morsures des cobras, très présents dans cette région. 


C'était la minute intelligente du jour. 


Après notre nuit dans le désert, nous avons besoin d'une bonne douche et d'un peu de repos. Comprenez bien, il fait 35 degrés, ce n'est pas un temps pour visiter hardiment le coin. Nous allons donc à Jaïsalmer même, à l'hôtel. Sur la route, nous croisons des antilopes et des biches; nullemét effrayées, elles sont à quelques dizaines de mètres de la route, au milieu du sable verdoyant, comme sur une peinture bucolique. Dans la voiture, on se rend compte que c'est mon anniversaire. Tout le monde me chante à tue-tête "joyeux anniversaire", sous les yeux du chauffeur perplexe, mais impassible. Il ne comprendra que plus tard quel jour nous sommes. Du coup on a du passer pour des gens très bizarres à chanter comme ça de bon matin. 


Ce repos bien mérité, nous l'aurons dans un des palais du Maharadja. Notre hôtel est une partie du palais actuellement habité, et nous logerons dans la partie "musée". 

Les deux suites sont somptueuses (sachant subil n'y en a que trois dans l'hôtel). Les murs en pierre sont sculptés comme les façades et le sol est en marbre. Les lits sont à baldaquins, les meubles en bois massif et les portes en bois elles aussi sont ciselées. La salle de bain est entièrement blanche et il y a une alcôve avec un petit bureau. La pièce est réellement grande (ma déformation professionnelle me ferait même dire qu'elle est largement aux normes PMR) et il y a une baignoire. De larges portes-fenêtres en bois occupent tout la longueur de la chambre, ouvrant sur un balcon et dominant un petit jardin aménagé, simple et raffiné. Tout est beau, tout est pensé, tout est assorti avec goût ; même les cadres lourds suspendus dans la pièce et représentant les différents maharadjas en tenues traditionnelles  sont esthétiques. Bien entendu, tout est climatisé et la piscine est un luxe que nous sommes ravis d'avoir à disposition, d'autant plus que nous sommes seuls pour en profiter. 


Lorsque je dis que nous sommes dans la partie musée, c'est que les portes de ces appartements ouvrent directement dans une pièce où se trouve une partie de la collection du musée du Maharadja: objets en argent, mobilier royal, armes. Nous avons donc croisé quelques visiteurs intrigués de nous voir accéder à ces pièces privées, qui jetaient des coups d'œils curieux lorsque nous ouvrions la porte. À notre arrivée, comme nos bagages étaient pris en charge par le personnel de l'hôtel, nous sommes arrivés en petit groupe jusqu'aux suites. Voyant le groupe, certains visiteurs ont cru qu'il s'agissait d'une autre partie du musée à visiter et nous ont suivis, avant de se rendre compte qu'ils entraient dans nos chambres. À leur place j'aurai fait pareil. 


Par acquis de conscience, nous allons quand même visiter la ville et manger dehors, après avoir profité de 2h de piscine matinale. Ne nous laissons pas amadouer par tant de luxe. 

Le restaurant est typique et pour cause, nous mangeons assis. Le décor est celui d'un magasin hippie qu'on trouverai en France, sans les vêtements. Des breloques suspendues partout, un plafond et des murs peints à la main avec toutes les couleurs qu'il devait y avoir à disposition, des nattes et des coussins colorés, brodés et sertis de petits miroirs jonchent le sol, accompagnés de tables basses. C'est accueillant, et le balcon offre une vue magnifique sur la ville. 


Nous visitons la forteresse de la ville, serpentons dans les ruelles étroites, mais avec ce cagnard il n'y a pas grand monde dehors. Nous retournons donc à l'hôtel pour nous reposer et faire des parties de pérudo endiablées autour de la piscine. Oui, nous avons amené le pérudo. Le soir nous mangeons sur le rooftop de l'hôtel, avec un personnel toujours impeccable et disponible, en uniforme blanc et petites moustaches bien taillées. Ils sont souriants et discrets, me donnent 21 ans au lieu de 31 ; je le répète,  nous sommes très bien accueillis. 


Nous repartons à 8.00 le lendemain, deux jours de route nous attendent pour rentrer à New Delhi. Nous nous arrêterons une nuit à Pushkar, une petite ville connue pour son calme et son invitation à la méditation. Je vous en dirai plus lorsque nous y serons. 

Jaïsalmer la jaune
Jaïsalmer - Palais du maharadja
Jaïsalmer / Restaurant du jour
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