La botte italienne

Publiée le 29/05/2019
Une petite semaine dans la botte pour découvrir la Calabre et les Pouilles avant de prendre le bateau pour la Grèce

Calabre - Pouilles


Etape de 600 kms.


Arrivée le 20 mai à 14 h à Villa Sant Giovanni, port d'arrivée depuis Messina des passagers avec véhicule. J'en fais partie du fait de mon vélo, sinon je serais arrivé à Reggio di Calabria, ce qui m'aurait arrangé car c'est sur ma route, 20 kms plus au sud.


Je vais longer la côte pendant cette étape en suivant principalement la route SS 106, considérée comme une des plus accidentogènes d'Italie.

Elle reprend le tracé de la route d'origine, en ayant cannibalisé toutes les voies parallèles : il ne reste donc plus que cette route, qui traverse villes et villages, empruntée par des semi-remorques, des Piaggos à 3 roues, des tracteurs ...; la plupart du temps le doublement est interdit, ce qui n'empêche pas les conducteurs de doubler. Effectivement c'est dangereux, sauf sans doute pour les vélos, qui bénéficient la plupart du temps d'une bande latérale.


Le temps est très beau et le léger vent du Nord me permet dans l'après midi de faire 70 kms, pour arriver le soir à Condofuri.


Premières impressions similaires à la Sicile de l'Est que j'aperçois sur ma droite en descendant vers le Sud.


Gens joviaux, prenant le temps de me parler dans le café où je m'arrête après Reggio.


Le vélo est ici une seconde religion, au même titre que le football, et mon statut de cycliste ambulant m'attire de la curiosité et de la sympathie.


La terrasse est manifestement le lieu social de prédilection: cela se vérifiera tout au long de cette étape.


Je dors le premier soir dans un bungalow sur une plage : le propriétaire, aperçu sur la route, a accepté de m'en ouvrir un pour la nuit. C'est confortable, avec la douche dans le bungalow voisin.


Des ouvriers sont à pied d'œuvre tard le soir et très tôt le matin (6h) pour que tout soit opérationnel pour début juin.

Ça va être une constante pendant ce court séjour dans la botte de l'Italie: la saison, sauf exception, ne démarre que le 1er juin, et il est très difficile de trouver un camping.


Le lendemain le vent a tourné et m'est encore favorable : 110 kms pour arriver à Caulonia où je débusque sans trop y croire, au bout d'un chemin de quelques kms et d'une petite rivière que je traverse avec mon vélo, un camping ouvert toute l'année.

Gérant sympa: il me fournit une prise électrique qui me permet de recharger mon téléphone. C'est là que j'ai écrit mon étape sicilienne sur le blog.


J'y reste la journée du 22 avant de rejoindre la charmante petite ville de Le Castella 125 kms plus loin.


Je teste un nouveau rythme : lever 6h, départ 7h30 après avoir décampé et déjeuné, vélo jusqu'à 13h avec les arrêts habituels toutes les heures environ : moins de circulation, temps plus frais, moins de vent selon ce que j'ai pu constater (les vents se lèvent plutôt vers 10h30 - 11h dans ces contrées).

Cela me permet de ne quasiment rouler que le matin et de pouvoir profiter du reste de la journée.


Autre changement : je me rends compte que j'ai trouvé physiquement et mécaniquement mon rythme de croisière : je me surprends maintenant à contempler les paysages, je passe les vitesses par automatisme, sans réfléchir.

C'est un cap bien agréable.


Après Le Capella direction Nord en passant par Crotone, belle petite ville.

La région est très paisible, avec une vraie campagne du côté de Isola di Capo Rizzuto, de la verdure, des villages, des cultures, la côte pas trop envahie : un bel endroit de repos pour des vacances.


Eole me pousse une fois de plus, du sud au nord cette fois-ci, puis de l'est à l'ouest, jusqu'à arriver à Marina di Schiavone le soir. Rien n'est ouvert et je finis par trouver un petit B&B très bien, face à la mer.


Je ne suis pas très descriptif pour cette étape, mais je dois avouer que ce n'est pas facile de décrire un peu toujours la même chose. Ça manque de diversité, mais c'est quand même bien agréable !


Le lendemain tout va bien, jusqu'à ce que je découvre que la route SS 106 devient 50 kms plus au nord une vraie autoroute.

J'ai beau essayer de contourner, de tourner, de virer, je n'y arrive pas : de dépit je prends l'autoroute, totalement interdite aux vélos bien entendu, sur 20 kms jusqu'à Policoro en me disant que demain sera un autre jour.

Je trouve un emplacement pour ma tente dans un village camping, qui va s'avérer héberger pour la nuit 200 ados en folie chantant et dansant jusqu'à 2h du matin.

Petit matin difficile et pluvieux, qui plus est.


Je consulte les cartes, qui me confirment que je suis bloqué jusqu'à Tarente, 60 kms plus haut, par l'autoroute.


Je consulte la météo, guère optimiste pour la journée et pire pour le lendemain.


Je décide de prendre le bus ou le train pour sortir de cette nasse.

Je me rends à la Gare, où le gérant du bar (seul local de la gare) me dit qu'il y a des bus le lendemain et qu'il faut acheter le ticket dans une agence de voyages en ville.

Je vais en repérage histoire de ne pas perdre de temps le lendemain.

Il pleut, je suis trempé, je repère l'agence ... mais je repère aussi un B&B juste à côté.

Je sonne, et je vois arriver Chantal, un look hors du commun (cf photo), sympa. Je négocie un peu, et prends une chambre pour la nuit du dimanche au lundi.

Je vais récupérer mes affaires au camping, omet de payer la nuit blanche 15 €, et rejoins le B€B à 13h.

Là je rencontre un cycliste allemand, compagnon d'infortune, Gerhard Rommel, bloqué lui aussi par l'autoroute.

Échanges avec Gerhard (né en 1953, la classe !), partage d'infos, photo.

Je décide de prendre le lendemain le bus pour Tarente (50 kms), puis le train pour Brindisi (70 kms), où je prendrai le bateau pour Patras en Grèce.

Là s'arrête mon étape sud-italienne à vélo.

Après une nuit d'orage et de pluie (je suis bien au chaud) les Pouilles depuis le bus et le train.

Des murs de pierre sèche, des maisons de plain-pied très minimalistes, des oliviers.

A découvrir une autre fois.





Villa San Giovanni en Calabre
Les premiers kms sur la SS 106
Pas difficile de monter une paillote
Du côté de Botricello
Les rois du sur-emballage
Fleurs sauvages avant Le Castella
Le Castella le château
Des paysages doux rompant avec le bord de mer
Hussein, cycliste Turc
Avec Gerhard chez Chantal
Chantal et Gerhard
Le port de Tarente
Le centre historique de Brindisi
5 commentaires

PierreToc

Coucou VIncent,
C'est toujours un plaisir de lire tes petites chroniques.
J'espère pour toi que le temps va se stabiliser et basculer vers l'été ...
Bonne continuation
Pierre C.

  • il y a 3 ans

schoun29

Salut Vincent, je te suis toujours avec autant d'enthousiasme!...
Bon séjour en Grèce.
Pierrick.

  • il y a 3 ans

frisa41

Bonjour frangin!. Malgré les vicissitudes du temps et les chemins pas toujours accueillants pour les cyclistes , tu sembles bien t'en sortir dans cette aventure que nous suivons toujours avec grand intérêt . Bonne découverte de la Grèce !
Bises . Annie

  • il y a 3 ans

marylippe

Bonjour Vincent, quel courage d'affronter toutes ces difficultés...qui se transformeront en (bons) souvenirs : pluie, boue, route /autoroute etc...
Mais le soleil, et les belles routes, finiront par s'installer durablement.
Merci de nous faire partager tous ces moments.
Pour ma part je suis revenu aujourd'hui de mon périple moto en Mongolie...quel depaysement !!!
Bonne suite
Philippe & Maryline

  • il y a 3 ans
Jean

jeanchabert

Merci Vincent
Je suis avec toujours grand plaisir tes aventures cyclistes bises.
Jean

  • il y a 3 ans