Crète

Publiée le 30/06/2019
du 8 au 20 juin alternance de vélo et de tourisme

Crète

400 kms Kissamos - La Canée - Rethymnon - Plakias - Agia Galini - Tsoutsouros - Sitia - Palaikastro



Nous sommes le 29 juin et je reprends la plume après un silence radio de 3 semaines.

Plusieurs raisons à ce silence:

Tout d'abord j'ai perdu ma carte SIM et cela ne m'a pas permis d'utiliser mon smartphone une semaine entière.

Ensuite je pense que j'ai  tout simplement eu une grosse flemme d' alimenter mon blog  car  malgré tout c'est un peu astreignant.

Et puis enfin et surtout j'avais envie de profiter sans restriction de ce pays enchanteur.

Je me rends compte maintenant que la Crète était véritablement mon premier objectif dans mon périple.

J'avais déjà eu l'occasion d'y passer un peu de temps et j'étais resté sous le charme.

Les quelques jours que  j'y ai passés cette fois n'ont fait que renforcer ce sentiment.

Tout ici est surtout beauté, sérénité, joie de vivre, simplicité.

Un peu  d'austérité certes  et une femme qui n'a pas trouvé sa juste place au 21e siècle,  mais la Crète ne se fait pas en un jour.

Les hommes, eux, devisent à l'ombre sur les terrasses regardant  passer le temps depuis des temps immémoriaux.

Toujours un accueil chaleureux et des petits signes d'encouragement au cycliste dégoulinant.



Je suis arrivé en Crète à Kissamos dans la nuit du 5 juin.

L'arrivée était prévue à 0h30 mais le bateau avait trois quarts d'heure de retard.

J'avais réservé une chambre dans une auberge de jeunesse qui se trouve à 4 km de la petite gare maritime de Kissamos.

Le propriétaire de l'auberge m'attendait néanmoins  et nous avons trinqué un verre de raki à la main à 1h30 du matin.

Le lendemain lever tardif; Stylianos, c'est le nom du propriétaire,  m'avait préparé un petit déjeuner sur la terrasse qui donne sur une rue fréquentée et active; j'ai pu profiter de ces premiers moments avec lui pour le connaître,  c'est vraiment un personnage extraordinaire,  et pour qu'il me donne des conseils sur une balade à effectuer dans les environs l'après-midi.

Stylianos est originaire de Kissamos,  et après un séjour  de 2 ans en Islande pour suivre sa "lady" ,  est rentré  en Crète  et a ouvert  il y a une quinzaine d'années ce petit établissement hors normes qu'il a  nommé auberge de jeunesse.

Ce n'en est pas véritablement une mais  la convivialité et un peu le fouillis n'ont rien à envier â une  auberge officielle.

C'est un ancien footballeur qui portait le numéro 14 comme Yohan Cruyff, et porte sur lui très souvent le maillot de son idole Georges Best.

Il connaît  tout le monde à Kissamos et m'a branché sur un cycliste local dont j'avais besoin pour supprimer un bruit parasite et agaçant au niveau du pédalier.

Il n'y est malheureusement pas arrivé et j'ai dû garder ce petit bruit jusqu'à Izmir en Turquie, où il a miraculeusement disparu.

Adresse à  retenir pour  les voyageurs dans cette région  de la Crète.

Sur son conseil je me rends à vélo 20 km à l'ouest dans la région de Falasarna que j'avais déjà vue il y a 15 ans.

Les choses ont bien changé:  une eau toujours aussi transparente mais la plage  est maintenant  envahie  de voitures et, comme en  Sicile, la mer de plastique jouxte la vraie mer:  Stylianos, à qui j'en parle, me dit: "merci l'Europe".  Tsipras n'est pas particulièrement sa tasse de thé.

Le lendemain départ pour La Canée.

J'y arrive en début d'après-midi et je trouve exceptionnellement un camping alors qu'il n'en existe officiellement que 8 sur tout le territoire de la Crète.

J'ai pour moi seul un petit coin de paradis sous les orangers et les citronniers.

Je fais la connaissance  d'un couple d'australiens qui a une grosse expérience du voyage à vélo mais a loué cette fois-ci une voiture.

Graham en effet 72 ans et sa compagne Diane 65 ans.

Curieusement le frère de Graham, Peter est potier à Najac, tout près de Lexos,  depuis une vingtaine d'années.

Nous passons deux petites heures ensemble; vient se  joindre à nous un sud-africain qui partage avec nous un moment bien agréable.

J'en profite pour me balader à La Canée, vieille ville fortifiée au bord de l'eau, ancienne capitale, avec un nombre incalculable de terrasses où l'on voit principalement en ce moment de l'année des hollandais  et des allemands.

J'imagine ce que doit être cet endroit en juillet-août.

Moment bien agréable cependant.  Une bière à une terrasse reste un luxe dont il ne faut pas se priver.

Le lendemain je pars pour Rethymnon où j'ai trouvé une pension en plein centre-ville pour 2 nuits.

C'est une ville dans le même style que La Canée mais plus importante et moins mondaine.

Des boutiques de souvenirs et toutes sortes d'articles dans les rues bien ombragées où je flâne un peu.  J'en profite surtout pour bien me reposer avant les petites étapes difficiles que je vais  affronter dans les 3 jours qui suivent.

Mon smartphone étant déchargé je transfère la carte SIM sur mon petit téléphone de secours; en faisant la manipulation je fais tomber dans un parc la carte que je ne retrouverai pas.  Me voilà donc sans possibilité de téléphoner ni de prendre des photos pendant quelques jours,  le temps de réceptionner la nouvelle carte que je commande chez Bouygues.


Je quitte Rethymnon pour Plakias qui est située en bordure de la mer de Libye.

Il s'agit d'une petite ville balnéaire sans charme particulier.

Je passe la nuit dans une pension tenue par le propriétaire  qui est là depuis des lustres comme en témoignent les photos déjà anciennes.

L'objectif est pour le lendemain le monastère de Moni Preveli qui se trouve à quelques kilomètres.

Je m'y rends en fin de matinée sous un soleil de plomb.

L'histoire de ce monastère est tout à fait particulière: il a en effet constitué un îlot de résistance au 19e siècle pendant la guerre ottomane, et cette tradition s'est perpétuée au 20e siècle à l'occasion de la deuxième guerre mondiale pendant laquelle les moines ont recueilli et exfiltré des soldats australiens et néo zélandais.

La statue du moine résistant  fusil à la main est tout à fait saisissante.

Le site héberge par ailleurs un lieu de culte orthodoxe  empli d'or et de dorures, ainsi qu'un musée retraçant l'histoire du monastère et des environs qui il étaient  à l'origine la propriété de la famille Preveli.

Je me rends ensuite à Agia Galini située à une vingtaine de kilomètres.  il s'agit d'un petit port récemment aménagé pour le tourisme avec une quantité de restaurants et de bars assez impressionnante.

Le soir je choisis un de ces bars et me retrouve en compagnie d'une petite assemblée de quelques anglais qui séjournent là une partie de l'année. La moyenne d'âge est d'environ 75 ans et l'ambiance un peu surréaliste dans ce bistrot où l'on entend parler qu'anglais.

On se croirait dans le film Tamara Drew.


Le jour suivant Tsoutsouros plus à l'est, mi port de pêche, mi néo station balnéaire, style Sicile, jolie mais sans intérêt particulier (je commence à être blasé !).

Petite balade de 2 heures pour me rendre dans un village inaccessible par la route, pour tomber sur 15 maisons . .et 2 naturistes.

Le lendemain départ pour Sitia.

Étape d'une centaine de kilomètres passant par l'intérieur de la Crète.

Les reliefs changent: c'est un peu difficile mais j'ai connu pire.

Je passe près de Ierapetra sans pouvoir m'y attarder.

J'arrive donc le soir vers 19h dans un petit hôtel qui surplombe le port maritime où je dois prendre le bateau 2 jours plus tard.

L'hôtel est tenu par une dame tout à fait charmante, très attentionnée, ce qui n'est pas le cas de sa fille ou belle fille qui me réserve un accueil porte de prison du fait que mon vélo gêne l'espace d'une minute l'accès à l'hôtel.

Le soir je me rends dans une petite taverne située à 50 m de là: nourriture crétoise excellente, avec en bonus et gratis en fin de repas une petite carafe le raki et les gâteaux bien sucrés qui vont bien.

La porte de ma chambre n'est pas trop loin, et je m'endors comme un bienheureux avec quand même une petite gueule de bois pour le lendemain matin.

Ma carte SIM est arrivée à Rethymnon  et je fais l'aller-retour Sitia- Rethymnon en bus pour la récupérer.  Cela me prend la journée entière.

La ville de Sitia est plaisante mais je me vois mal y passer les 3 jours qui me restent avant de prendre le bateau pour Rhodes.

J'ai donc décidé de partir en direction de Palaikastro, petite ville à proximité d'un cap où se trouve le site de Vai, haut lieu de la culture hippie en son temps.

J'ai repéré à proximité des lieux qui me semblent sympathiques et réservé une chambre dans une petite pension très familiale à partir de laquelle je vais pouvoir rayonner  pendant 3 jours avant  de prendre  le bateau.

Moment de farniente, de vélo, de plage dans cette ambiance bout du monde une fois de plus.

En rentrant d'une plage je repère une voiture française immatriculée 22. Je trouve les 2 propriétaires à proximité : ils ont 70 et 66 ans, habitent Perros et ont acheté une maison sur les hauteurs de Sitia, qu'ils habitent maintenant 5 mois par an. Depuis qu'ils ont cette maison Ils ont la visite d'amis ... et de leurs enfants qui boudaient Perros. Sympas.

Je prends  le ferry le mercredi après-midi direction Rhodes avec des escales entre autres à Kassos et Karpathos.

J'arrive à Rhodes dans la nuit à 2h et débusque un petit endroit où dormir tout près de l'endroit où je dois prendre  le ferry à 9h30.

J'avais repéré un endroit éclairé à 300 m de là mais quand je m'y suis rendu j'ai vu que c'était un bar à strip-tease et j'ai passé mon chemin.

Un peu glauque mais j'ai réussi à dormir 4h: je suis d'attaque le matin pour partir sur le Turquie, non sans m'être promené pendant 2h dans la magnifique ville fortifiée de Rhodes.


Stylianos à Kissamos
Falasarna
La Canée
Diane et Graham à La Canée
De la neige sur la montagne
Des ruches colorées près de Palalaikastro
Même leurs cimetières sont blancs et marins
Entre Palaikastro et Sitia
Le port de Sitia
L'île de Karpathos le soir
Rhodes
2 commentaires

frisa41

Nous voilà donc transportés par miracle dans cette Crète inconnue de moi . Ton reportage est encore très vivant , riche en renseignements géographiques , historiques , gastronomiques , drôlatiques ( ha, ha, le bon raki!!!!).... Merci de ce 9ème épisode d'une série à laquelle j'avoue être accro ... Bises . Annie

  • il y a 3 ans

PatouBrest

On ressent bien que tu as beaucoup apprécié ton périple crétois, la gastronomie et le raki .. Je t embrasse

  • il y a 3 ans