Belgrade au jour le jour

Publiée le 20/05/2021
Musées gratuits et déserts. Cafés bondés et animés. Autant de plaisirs que j'avais oubliés. Je déguste, et puis, au hasard des rues, une belle rencontre :Ana.

LE MUSÉE NATIONAL

 Monumental, grave et silencieux. Le personnel désœuvré et tatillon. Covid  oblige. Le gardien-médecin prend la température. Le Sas d'entrée franchi, champ libre. J'ai beaucoup matraque Renoir dans mes cours avec les étudiants. Il a fallu que je vienne au Musée de Belgrade et découvre ce minuscule tableau pour convenir que c'est un bon peintre. Il y a un temps pour tout. 

Tasse sur une soucoupe. Renoir
Travailleuse Marjane Trepche 1926

Une peinture solidement bâtie.les peintres comme les sculpteurs ont le geste ample et sûr. Ils réussissent cette prouesse même dans les petits formats comme ci dessous. 

Femme dans un intérieur  Lioubomir Ivanovitch 1916
Le joueur de tambour, Douchan Jovanovich 1936

La seule salle fréquentée ? La salle des icônes. Dans une atmosphère recueillie et glaciale les spectateurs scrutent attentivement dans la pénombre le moindre détail. J'ai un peu de mal avec les icônes. Elles sont lisses et glacées et il y a trop de copies de copies de copies. C'est vraiment une affaire de spécialistes et je ne suis pas spécialiste. Et puis, je les préfère dans leur contexte, dans les églises encrassées par la suie des bougies. Je les aimes aussi pas restaurées et marquées par le temps, un peu en souffrance, comme ce Saint Georges terrassant le dragon. Le Musée ne leur va pas. 


Saint Georges terrassant le dragon
Se restaurer

Un petit café sur la place en face l'opéra (il y a des concerts tous les soirs), permet de passer de l'ombre à la lumière,de l'atmosphère feutrée au vacarme de la rue. C'est la loi du contraste propre aux capitales. Un point de vue unique partagé par tous (celui de la carte postale !) me permet d'embrasser l'ensemble de la place et en particulier la statut équestre qui mérite un petit commentaire : en s'approchant le spectateur ne voit rien du valeureux cavalier, mais seulement les couilles du cheval. A vous d'interpréter, je ne fais que décrire. 

"Sur mon chemin j'ai rencontré ... ANA" 

Heureusement que je suis distraite ! 

Le chemin du retour je le connais maintenant par cœur, bus 31, tram 9 ou 14, 1ère à gauche, encore à gauche... Sauf que ce soir là, la tête dans les icône, la rue de gauche s'est décalée vers la droite. 🤔

J'ai alors ressorti la phrase magique* à l'adresse d'une grande jeune fille qui croisait mon chemin. C'était Ana. 

Ana habite la rue d'à côté. Je n'ai pas bien compris si elle était d'origine  Croate, bosniaque ou Serbe, ce qui mériterait d'être éclairci ( comme pour la plupart des jeunes que j'ai rencontrés) Elle est basketteuse et a joué pendant 4 ans dans l' équipe nationale à Grenoble. 

Comme moi, elle se cherche et nous nous sommes trouvées. 

*"Do you speak English?" 



Ana
Un petit café
L'esthéticienne.
J'ai RDV
Un restaurant serbe
Tout était vraiment delicieux
Petit détour pour des questions administratives

Une journée délicieuse malgré la pluie battante. Nous avons beaucoup piaille'. Évidemment j'essaye de comprendre la grande histoire de ce pays à travers la "petite" histoire de chacun et plus j'écoute, moins je comprends les événements terribles que les Balkans ont vécus. Je suis peut être trop impatiente j'arrive juste. 

Le constat d'Ana sur la France où elle a vécu 7 ans : "vous avez tout, et vous vous plaignez beaucoup" !  Un salaire moyen en Serbie est de 500 euros. Un loyer (sans les charges) 300 euros :" Comment fait-on pour vivre à Belgrade ?" "On se débrouille....". J'ai eu quelques éléments de réponse aujourd'hui dans le bus avec Ognjen. Mais ce sera pour plus tard. 

Le Musée d'art Contemporain

Grosse déception en arrivant :La collection permanente était inaccessible. Seulement une expo photo, mais quelle expo ! Golanka Macich artiste plasticienne, reporter, journaliste m'a embarquée vers la Serbie des années 80 à 2000. Des centaines de photos sur plusieurs niveaux du Musée. Jamais ce miserabilisme qui produit une  esthétique convenue dans le photo- reportage. Toujours de la l'empathie et de la tendresse pour ses sujets devant lesquels elle s'efface pour les laisser rayonner. 

Les vitrines à. Belgrade
L'insouciance des années 80
IDOLi
Retour du front en 1991
Camp de réfugiés 1994
Escapade
C'est bien joli
Pour arriver au lieu de RDV (bus 32) c'est un peu compliqué

A l'arrêt du tram, une joyeuse bande de lycéens. Ognjen me fait remarquer que mon sac à dos est ouvert, j'en profite pour lui demander comment rejoindre le bus 32. Il va dans la même direction et propose de m'accompagner. Entre attente aux arrêts et transport nous avons eu le temps de bavarder pendant une heure. Pourquoi les jeunes parlent ils si bien anglais ? Grâce aux vidéo games et aux films américains. L'avenir est incertain, il rêve d'habiter comme moi à la campagne et d'entendre le chant des oiseaux (sic). Il a 18 ans et son propre appartement. " Comment on se débrouille?" : bien qu'ayant 4 enfants ses parents l'aident (classe moyenne) il est occasionnellement serveur dans un café et les week end, à la campagne, sa grand mère remplit son panier (elle a  un jardin, des poules et sans doute de la (ou du ?) rakia aussi !) 

L'église.St Sava
Je préfère celle la

Je l'ai découverte avec la maman d'Ognjen. Ognjen travaille à Paris avec mon frère. Dragana m'attendait pour me faire partager un coup de cœur de Belgrade. Encore une après midi délicieuse qui s'est achevée devant un café turc et un Blakava en terrasse. Merci Dragana. 

Un platane presque bicentenaire
Rencontre autour de la culture serbe et française. Focus sur Grenoble.
Petit détour par le stade
Le club de l'étoile rouge.

Au Revoir Belgrade et merci

L'été est arrivé, il commence à faire trop chaud pour moi en ville (entre 25 et 30 degrés). Je pars pour les montagnes. Je me dépêche de clore cette page, fermer mon sac et attraper un bus... pour qu'elle destination ? 🤔

EN RÉSUMÉ POUR LES VOYAGEURS 

  1. L'hôtel N parfait pour le voyageur. Rapport qualité prix très bien. 18 euros la nuitée, petit déjeuner compris (buffet qui vous cale pour la journée.).Le quartier est  agréable et tranquille. A proximité il y a tout (en cherchant). Le personnel féminin est accueillant. Le personnel masculin plutot renfrogné. 
  2. Le tram,  tout à côté. La ligne 9 et la ligne 14 vous conduisent très près du centre (pour la veille ville prendre la correspondance le 31 à la cathédrale StSava). Le 9 vous transporte jusqu'à la station de bus, au bord du Danube et au Musée d'Art contemporain. Le mieux est d'acheter une carte au kiosque sur laquelle vous faites enregistrer des tickets (3-6-10..) que vous pouvez utiliser une année. Vous rechargez la carte si nécessaire. Composter en montant. 
  3. Pour l'aéroport je me suis bien faite enfumée il y a un bus c'est le A1. 400 dinars, j'ai payé le taxi 2000,mais le chauffeur m'a aimablement porté mon sac. 
  4. Avec 25 à 30 euros par jour on peut bien profiter de Belgrade (2500 à 3000 dinars grosso modo). 
  5. Pour les rencontres, il vaut mieux être seul et parler anglais. Aucun touriste européen en ce moment à Belgrade.

2 commentaires

popette

C'est génial, tu nous fais profiter de ton voyage, belles photos et tu écris tellement bien, c'est intéressant, enrichissant, merci pour ce partage. (la dernière de mamie Rosa)

  • il y a 3 semaines
nicole

Rainette

Merci Popette de m'accompagner dans ce voyage. Ça fait du bien. Je pense à vous tous.

  • il y a 2 semaines