Ce matin, notre guide Yokho , et le chauffeur de Tuk-tuk Dee sont venus nous chercher à notre hotel pour une longue et belle journée de découvertes. Nous allons nous plonger dans le lointain et glorieux passé du Cambodge.
Il faut savoir avant tout, que la période dite Angkorienne, se déroule sur plusieurs siècles, du 9e au 15e siècle exactement.
Les temples que nous allons visiter aujourd'hui ont été bâtis par une dynastie qui fonda le site au 9e siècle, et qui s'éteignit au 12e.
Ces rois éclairés, surent avec brio et une grande sagesse diriger et gérer une population qui se partageait alors entre bouddhisme et hindouisme. La plupart des temples qu'ils bâtirent comportaient deux parties, chacune d'elles consacrées au culte de l'une des deux religions.
Cela permit au royaume khmer de connaitre paix et prospérité sur plusieurs siècles, et de devenir un puissant empire, qui engloba à son apogée, le Cambodge, le Laos, le Vietnam, et une partie de la Thaïlande et de la Birmanie.
La capitale de cet empire, Angkor, comptait alors plus d'un million d'habitants, quand des villes comme Londres ou Paris, ne comptaient à cette époque que quelques milliers d'habitants.
De cette immense capitale, il ne reste aujourd'hui que les temples royaux, bâtis en pierre, alors que le reste des bâtiments, construits en bois, ont depuis longtemps disparus, et depuis, la jungle a envahi tout le site, de nombreux temples étant encore à ce jour a demi engloutis dans la foret, ce qui leur donne un charme incroyable.
En dehors de l'histoire fort intéressante de cet empire, nous avons appris quelques notions sur les deux religions qui n'ont cessé de s'interpénétrer, à tel point qu'on ne sait plus parfois si l'on est dans la partie bouddhiste ou hindouiste du temple.
L'histoire des lingas est un exemple.
Les lingas sont des stèles de pierre, sur lesquelles est posée une pierre dressée, de forme phallique. Cette pierre est censée représenter le pouvoir masculin de Shiva, le dieu destructeur du monde, mais qui représente aussi la création, et le socle dans lequel il s'enfonce représente le pouvoir féminin de son épouse Shakti, qui est l'énergie créatrice. Lors des cérémonies, le prêtre fait couler de l'eau ( ou du lait encore plus évocateur) sur le sommet du linga, le liquide descend jusque dans la partie représentant la femme du dieu, puis ressort par un écoulement situé plus bas. Le liquide est alors considéré comme porteur d'énergie créatrice et bienfaisante. Ce liquide était traditionnellement bu par le roi car il y en avait peu. Alors un des rois, désirant que son peuple profite des bienfaits des lingas, en fit sculpter un grand nombre , qu'il déposa dans le lit d'une rivière, afin que l'eau de celle ci soit porteuse des bienfaits divins.
Un autre temple, le Ta Prohm, ou "ancetre Prohm" , figure parmi ceux qui m'ont véritablement enchanté!
Ce temple perdu dans la jungle, a été complètement dévoré par la végétation, et en se promenant dans ces allées où les racines des fromagers et autres ficus étrangleurs se coulent le long des murs, on se prend à rêver a IndianaJones, surtout que, la chance étant avec nous, il y avait véritablement peu de monde en visite.
Dans un autre, le Bayon, est le temple du mystère, ou comme son nom l'indique, la "Montagne Sacrée" , constitué de 54 tours, chacune d'elles portant 4 visages à son sommet, tournés vers les points cardinaux. Ces visages, tous différents, arborent tous un sourire aussi étrange que celui de la Joconde. Ce temple respecte à la lettre les deux univers de son nom, le mystère de ses visages , quand à la montagne, il suffit de vouloir grimper ses marches pour comprendre. Les escaliers sont aussi raides que ceux des pyramides maya ( enfin je pense) , et sa forme excessivement pentue, rappelle celle du mont Meru, la montagne sacrée des Khmers.
Dans le dernier temple, le Preah Khan, on découvrira encore deux curiosités, la première sera le nombre impressionnant de trous parfaitement alignés sur les murs, ces trous servaient en fait à venir fixer les plaques de métal qui recouvraient la totalité des murs. Ces plaques étaient toutes gravées et décorées de motifs . La deuxième est ce bâtiment à deux étages, et ornée de colonnes gréco-romaines! Ces colonnes s'inspirent bel et bien des colonnes que nous connaissons dans le mponde romain, le Cambodge possédait dans le sud, un port qui depuis l'antiquité s'ouvrait au commerce avec d'un coté la Chine, et de l'autre l'Egypte et le monde romain . Des fouilles y ont révélées des pièces romaines et des bijoux venant du monde méditerranéen.
Toutes ces aventures nous ont bien fatiguées, alors ce soir au lit de bonne heure, car demain nous partons à la découverte du Cambodge rural cette fois ci .