Ce jour là, Elle m'a donné une adresse pour la carte Sim. 22 rue Rustaveli. Je connais. Il faut descendre de notre coline, passer le pont, traverser la vieille ville et l'avenue est juste après. La grisaille de la veille à disparu, le ciel bleu et le soleil de Tbilissi me ravissent. Je retrouve mes marques puisque c'est au moins la 4e fois que je viens chez Nato.
J'ai décidé de fouiner dans d'autres quartiers que ceux que je " connais' .En téléphone l"adresse de quelques galeries .İl faut à nouveau franchir le fleuve Je n'en suis plus à 2:ou 3 km pres. La galerie semble intéressante d'après le commentaire.
"Nichée dans le quartier branché de Marjanishvili, c'est l'une des galeries d'art contemporain les plus influentes de la ville. Elle propose un programme très pointu qui fait dialoguer des artistes géorgiens prometteurs avec des signatures internationales."
Allons y pour le quartier branché. De toutes façons les galeries d'art contemporain sont toujours dans les quartiers branchés. Le quartier branché me plaît beaucoup.
Je suis rentrée à la nuit en choisissant de passer par le quai qui longe la Koura pour me retrouver plus facilement. S'est présenté un passage souterrain. Pour moi, autant continuer tout droit, sur le même trottoir. Sauf qu'il n'y avait pas de trottoir. Seulement une illusion de trottoir. La bordure (15cm de large ) surplombait une petite rivière au pied de la falaise. De l'autre côté une quatre voies avec une circulation d'enfer, voitures, bus camions qui me frôlaient, faisaient des phares, klaxonaient lorsqu'ils m'apercevaient à la dernière minute. La même sensation que si j'avais pris en voiture une autoroute à contre sens. Mon lacet s'est défait. En équilibre sur la bordure je ne pouvais pas le rattacher sans quitter des yeux les bolides qui venaient sur moi. A un moment j'ai tenté le tout pour le tout. J'ai traversé. Dans ce flux continu de véhicules dans les deux sens, je ne sais pas comment j'ai fait, mais je me suis retrouvée sur le trottoir d'en face, les jambes flageolantes et les larmes aux yeux. Ma dernière heure n'était pas arrivée. J'ai rattaché mon lacet.
(Vous vous demandez pourquoi, je n'ai pas fait demi-tour. Tourner le dos au trafic aurait été suicidaire.)
Nato avait gardé un appartement pour moi. Grande chambre, cuisine, salle de séjour...Rien à voir avec le petit placard de la 1ère visite (j'avais adoré mon petit placard).. Je peux donc me faire à manger et terminer les petits chantiers en cours
Elle est ukrainienne et habite en Russie depuis plus de 20 ans (entre Sochi et la Crimée). Mariée à un pope elle travaille à l'église. Sa mère et d'autres membres de sa famille sont toujours à Lvev à l'est de l'Ukraine. Elle a vu les tanks et entendu siffler les drones. Son mari ne sera pas enrôlé puisque le patriarche de l'église orthodoxe soutient Poutine (selon le principe du glaive et de la croix, il faut bien en garder quelque uns pour porter la croix.). Son fils est en Pologne, designer dans un cabinet d'architecture), il ne pourra pas. revenir en Russie où il est né.
Ça y est, je suis à jour. Tout à l'heure, je vais prendre le bus pour Gyumri où Dom, Vazo et Lucie m'attendent.