Au port de Labuan Bajo, la plupart des touristes n’ont qu’une idée en tête. Monter sur un des multiples phinisi, qui embarquent et débarquent leur cargaison journalière de chanceux. Dès lors c’est un peu la loterie qd il s’agit de choisir la compagnie qui nous convoiera jusqu’à Lombok. Il faut ruser entre les faux avis Google, les rabatteurs qui prennent leur commission et les agences plus ou moins connues. Nous nous laissons convaincre par Travel wise qui semble nous offrir des garanties plutôt solides et une cabine partagée correcte.
Le programme des premiers jours est chargé, et après qqes heures de navigation le long de la magnifique côte de Flores, nous entamons notre découverte des îles de la baie de Komodo par une nurserie. L’île de Kelor abrite dans ses eaux peu profondes des dizaines de jeunes requins à pointe noire. Longs de 30 à 50 cm, ils sont évidemment inoffensifs mais les voir nager autour de nous fait tout de même ressurgir des images ancrées par Spielberg. Il suffit alors de convoquer la comptine entêtante pour profiter pleinement du spectacle. Baby Shark, tututudu….
L’arrivée sur l’île de Padar au coucher de soleil après une calme navigation parmi les petits îlots nous laisse entrevoir un magnifique spectacle pour le lendemain matin malgré les multiples silhouettes sur la crête et les nombreux bateaux amarrés dans la baie.
Nuit de roulis, réveil à 4h30, débarqués dans la nuit noire à 5h, courte ascension vers le spot à la frontale, il est 5h30 et nous sommes aux premières loges pour le spectacle.
Notre équipage est bientôt rejoint par des dizaines d’autres et, alors que les lumières de l’aube apparaissent, les places se font de plus en plus chères. Cette île est d’une beauté rare avec ses plages de sables de différentes couleurs, ses crêtes et ses baies au découpage minutieux.
Quand les premiers rayons de soleil frappent le sommet des montagnes, les ombres et lumières soulignent entre plus la scène. Mais malheureusement nous ne sommes pas seuls, c’est la course à qui prendra le meilleur selfie, dans des positions parfois dangereuses ou abracadabrantes… Quittant la file qui attend pour prendre sa place sur « le » spot, nous retrouvons avec plaisir la famille angevine rencontrée à Labuan Bajo. L’occasion bien française de critiquer les dérives de ce tourisme photogénique…
De retour sur le bateau, un petit dej pancake bien mérité nous attend avant le stop snorkeling sur la fameuse Pink beach. Coraux et poissons colorés rivalisent largement avec le rose du sable, puis dans un festival de drones, nous préférons nous lancer dans un petit volley.
Le deuxième arrêt est pour l’île de Komodo, maison des fameux dragons. Énormes lézards à la morsure mortelle, endémiques de la région, et sur la liste des animaux à avoir vu une fois dans sa vie. Accompagnés de 3 guides et de leurs fameux bâtons fourchus, nous partons explorer la jungle à leur recherche. 3 « petits » mâles d’un bon mètre détalent sur notre passage tout comme les cerfs et les cochons sauvages. Cette exploration est un véritable safari pédestre intéressant et instructif. Malheureusement le retour sur la plage, proche des petites échoppes, nous offre de nouveau un spectacle déconcertant : 2 dragons bcp plus grands semblent comme tranquillisés pour offrir la poses aux groupes de touristes. Le revers de la médaille de la conservation spectacle.
Le dernier stop de la journée est aussi celui que nous attendons le plus : Manta bay. Comme son nom l’indique, ce haut fond est un lieu de chasse de ces poissons majestueux. Après une rencontre avortée pour cause de mauvaise météo en mars 2008 à Bali, nous espérons avoir enfin l’occasion de les découvrir.
Dans notre petit canot, nous sommes un peu fébriles. Aurons-nous la chance de les rencontrer ? Notre guide se jette à l’eau, suivi de tout notre équipage. Le fond est nu. Grand bleu jusqu’aux 15m. Une petite raie léopard nage au loin, mais pas de manta. Nous remontons dans l’annexe un peu déçus.
Deuxieme chance un peu plus loin, qqes snorkeleurs semblent s’agiter un peu… Gaspard se jette à l’eau et pousse un cri sous l’eau. Capucine le suit et devient hystérique. Je me lance aussi et le spectacle est magique : sur un joli fond de coraux, 2 monstres de 3m dansent par 5m de profondeur, bientôt rejoints par une troisième raie. 15mn à les observer voler dans l’eau, tourner et virer, bouche ouverte et nageoires souples. Un vrai ballet aquatique pour une émotion inoubliable.
Il est temps de laisser la place à d’autres chanceux. Nous rejoignons Anugrah pour notre longue navigation le long des côtes de Sumbawa, encore émerveillés par toutes ces beautés de la nature.
Coucher de soleil, riz légumes et poulet frit, découverte du Uno flip, nuit à la belle étoile sous le pont de la Voie lactée. 20h de mer, sans encombre, Célia est rassurée, nous pouvons accoster pour nous plonger dans une jolie cascade et nous rincer à l’eau douce. Nous finissons le périple en vue des côtes de Lombok par un feu de camp tardif et un dernier lever de soleil sur Sumbawa.
Puis chacun repart de son côté. Aventuriers au long cours, vacanciers pour qqes semaines et familles voyageuses se quittent à regret pour poursuivre leurs routes, la tête pleine de souvenirs impérissables mais trainant tout de même un petit mal être. Est-ce ça le mal de terre ?