Géographie d'abord : nous sommes très sud en lattitude ( entre 28 et 35 ° sud).
Ici les dépressions contenues entre l'Antarctique et le Sud de l'Afrique se succèdent à une cadence de 2 à 5 jours.
Quand le vent des dépressions rencontre le courant des Aiguilles, les vagues qui se forment peuvent atteindre jusqu'à 15 m de hauteur : ce sont les fameuses vagues scélérates.
Nous avons expérimenté pendant une heure 4 noeuds de courants et 20 noeuds de vent contraire (non prévus par la météo) lors du trajet Durban-East London. Les vagues ont très vite atteint 3 m et se lèvent à la verticale. Si bien qu'une fois monté sur la vague, le bateau descend direct derrière, d'une hauteur de trois mètres. J'ai bien cru plusieurs fois qu'on allait tout casser. Heureusement ça n'a pas duré.
Dans ces conditions le contournement de l'Afrique s'est fait en plusieurs étapes : Richards Bay - Durban - East London - Knysna - Hout Bay (Au sud de Cape town). Chaque départ est un coup de stress car il faut passer dans le temps imparti par la fenêtre météo (48 heures pas une de plus).
Pourtant à chaque passage nous nous émerveillerons des otaries qui dorment et jouent dans l'eau, des baleines dont on distingue les souffles au loin.
Lorsque vous naviguez en Afrique du Sud vous êtes inscrits auprès d'une association "gouvernementale" appelée OSASA. En effet, les conditions pouvant être très dangereuses et se détériorer rapidement, nous sommes obligés de signaler notre départ et notre arrivée (le fameux "passage plan"). Pour les plaisanciers, un réseau de volontaires de l'association assure notre accueil telle Elmarie à Richards Bay et Vince à Durban. Leur gentillesse et leur efficacité administrative nous ont été bien utiles.
Dans les autres ports, l'accueil par les Yacht Club est des plus chaleureux : Braai à East London, Mike et ses conseils avisés pour prendre la passe à Knysnas, Richard à Hout Bay qui nous a gardé la place malgré notre mois de retard (par rapport au plan de navigation initialement prévu).
Il nous faut souvent attendre plusieurs jours une fenêtre météo favorable pour pouvoir repartir. C'est l'occasion de visiter l'Afrique du Sud sous un autre angle.
Ici pas de déplacement à pieds : trop dangereux. On va d'une place à l'autre en UBER. C'est une des pires places au port que nous ayons eu de tout le voyage. Ilovent stagne en fond de marina dans une eau pourrie. Nous sommes entourés de grillages et de barbelés et des gardes armés veillent à l'entrée des pontons.
Des mendiants, souvent des jeunes noirs, viennent réclamer nos poubelles. Bouteilles plastiques et verres qu'ils amènent au recyclage. Poubelle organiques pour se nourrir. Quand le petit jeune m'a supplié de lui donner cette poubelle, je n'ai pas pu. Je lui ai demandé de m'attendre et j'ai vidé mes coffres de tout ce que j'ai pu trouver. Je n'oublierai jamais la joie dans ses yeux quand il a découvert le contenu de mon "filet garni".
Nous sommes resté presque 10 jours à Durban, il a bien fallu s"habituer à cet état de fait.
Nous sommes donc allé voir aussi ce qui était beau
Quel contraste avec Durban ! Ici on se croirait à l'île de Ré. Belles et immenses maisons donnant sur le lagon protégé par la passe. Petits resto, cafés et boutiques bobo...
Ils étaient pour moi les étapes incontournables de mon tour du monde.
Le Cap des Aiguilles marque la séparation entre l'Océan Indien et l'Océan Atlantique.
Avec le Cap Horn et le Cap Leuwin, le Cap de Bonne Espérance est un des trois caps mythiques des courses transocéaniques. Aussi Bonne Espérance résonne pour moi comme l'aventure en mer avec un grand A. De Vasco de Gama à Tabarly, de Magellan à Moitessier, leurs récits ont longtemps nourris mes rêves.
Bien sûr, eux sont passés d'Ouest en Est, pourtant je suis très fière d'avoir doublé Bonne Espérance, même d'Est en Ouest.
Les conditions étaient fidèles à ce que j'en attendais : un bon 30 noeuds bien froid !
, Nous sommes le 20 décembre lorsque nous atteignons Hout Bay. Pour finir en beauté, un bon vent catabatique nous cueille avec ses 42 nœuds soudains à l'entrée de la baie.
Résultat : Chariot de Solent arraché, Panneau solaire envolé ainsi que mon beau bonnet fourré acheté en Nouvelle-Zélande.
Pour couronner le tout le vent nous plaquera contre une arête bien affutée du ponton occasionnant une balafre de 40 cm de long dans la coque tribord.
Les 10 jours de pause technique en marina s'avèrent indispensables tant pour réparer Ilovent que pour reposer l'équipage épuisé physiquement et nerveusement par ces navigations éprouvantes .
Il est temps de s'occuper de Noël !
Mall commercial gigantesque, vins d'Afrique du Sud et animaux insolites : tels sont les points forts de nos excursions entre 2 séries de travaux au bateau.
Une année s'achève. Une autre va bientôt commencer et un nouvel océan nous attend.