El Calafate

Publiée le 17/02/2020
On continue notre remontée vers le nord, cette fois ci côté argentin pour faire une étape glacier.

Après le treck, direction le nord pour aller voir le sud du Parque de los glaciares.

En route donc pour El Calafate, commune en pleine pampa sur les bords du Lago Nimez, non loin du du Lago Àrgentino (le plus grand d’Argentine). La ville partage son nom avec une baie sauvage locale, qui serait la cousine de la myrtille. Mais faites attention le buisson de Calafate lui a des épines, il ne se laisse pas manger comme ça! Et c’est très très bon en confiture, en sauce pour accompagner un plat etc...

« L’attraction » principale du coin est le glacier Perito Moreno, situé à quelques 80km (une broutille ici car ça ne fait qu’une heure de route). Ce glacier est connu dans le monde entier car il assure le spectacle avec des blocs de glace qui tombent à intervalles réguliers. En plus, c’est pour le moment le seul glacier du monde qui ne recule pas avec le réchauffement climatique. 

Jour 1

Sur les recommandations de notre auberge de jeunesse, nous partons en bus en direction du Perito Moreno. C’est là que l’on s’aperçoit qu’on a atterri dans un tour organisé avec guide... alors que l’on pensait avoir juste réservé un aller retour. Ça nous apprendra a ne pas faire répéter les gens qui s’entêtent à parler vite. Notre guide Maria Soledad dit Sole, en plus de nous hurler dans les feuilles pour que tout le bus entende, nous a appris deux trois choses:

En Patagonie, le vent souffle souvent et très fort, à tel point que les mamans lestent les vestes et sacs des enfants pour qu’il résistent au vent.La région d’El Calafate a bénéficié du boum de l’or blanc c’est à dire l’élevage des moutons pour leur laine au 19e siècle. Depuis ce temps là, la région est une immense propriété privée constituées par les estancias. A l’époque il suffisait d’être un homme blanc argentin ou immigré européen pour se voir attribuer une surface énorme, en échange de 10ans de contrepartie (j’ai pas saisi laquelle) à l’état argentin tout neuf. Et c’est sûrement à partir de là qu’ils ont inventé l’asado (barbecue) d’agneau ou cordero patagonico...La ville au départ était un point de marché d’artisanat/foire aux bestiaux et logement des gauchos avant de se développer. El Calafate a un festival annuel où ils arrivent à faire venir de gros artistes comme Luis Fonsi ( c’est une info qui ne sert à rien mais j’espère que maintenant vous avez Despacito dans la tête mouahah).

Arrivés au glacier, on nous propose un tour de bateau le long du glacier. Étant donné qu’on a plus de temps que prévu au glacier et que les français que l’on a retrouvé dans le bus y vont, on se dit pourquoi pas. Deuxième erreur ça coûte 1000 pesos pour une heure (11 euros avec le super taux de change que l’on a trouvé) pour se faire bousculer par les chinois et les poufs/kéké Instagram qui veulent leur photo ou selfie. 

Arrivés aux fameuses passerelles sur la péninsule, le spectacle commence! 

Par rapport au bateau nous sommes situés en face et en hauteur par rapport au glacier. Ce qui fait que l’on se sent moins petits par rapport à lui, mais que l’on a une vue panoramique sur les morceaux de glace qui tombent. 

C’est que notre champion toute catégorie des glaciers en impose! 40 à 70m de haut par rapport à la surface du lac dans lequel il se jette, 200m au plus épais (pour 150m de profondeur de lac maximum), 5 km de large et la superficie de la ville de Buenos Aires. 

Par moment il rejoint la péninsule et il se forme un pont de glace qui sépare un lac et la rivière qui l’alimente. Donc quand la glace fait bouchon, il peut y avoir 12m de différence de hauteur d’eau. Ensuite elle s’infiltre et la glace crevasse pour laisser passer. Au bout d’un moment le pont cède et c’est ce qu’on appelle la grande rupture! 

Nous arrivons  deux ans trop tard ou trop tôt ça dépend. Mais nous avons quand même vu de gros morceaux tomber en faisant encore plus de bruits qu’au W treck. Par moment on peut même entendre le glacier craquer, quand ça fissure dans la glace, et rugir (sûrement quand il frotte sur la pierre) ou gronder quand une grosse part ne va pas tarder à se détacher.  Je ne m’attendais pas à ce spectacle son et lumières en dégradés de bleu. L’avantage de tomber un jour de pluie c’est que les nuances apparaissent alors qu’il parait juste blanc les beau jours. 

Autre surprise, les « glaçons sous marins »! Les blocs se détachent de la profondeur et remontent d’un coup à la surface. Entre la taille et le bleu foncé de la glace on aurait dit des baleines qui remontent.

Nous somme resté comme des gamins à demander au glacier « encore, encore! » pendant 3h environs qui ont parus 30minutes. Et pourtant nous étions un groupe de personnes entre. 27 et 60 ans!

Bref, pas le choix que de se retrouver dans un « parc d’attraction naturelle », mais le spectacle est tellement génial que l’on comprend le tourisme de masse. Si ça nous intéresse, c’est normal que cela intéresse beaucoup de monde aussi. 

Et puis, comme nous avons lutté contre le froid toute la journée nous décidons de goûter le soir ce fameux cordero asado! La viande caramélise des heures près du feu, juste assez pour cuire lentement et rester tendre. Ce n’est pas vegan, la portion est argentine c’est à dire 300g par personne, mais quel régal!!!

Jour 2

Avant de prendre le bus, nous décidons d’aller faire trois courses en ville et de passer au musée historique qui nous a été vivement recommandé. Sur la route, comme nous sommes chargés Loïc se fait prendre en photo en mode tortue, un petit sac devant le gros derrière, par un touriste d’Asie^^ 

Au centro de interpretación histórica patagonica, la visite couvre 100 millions d’année. 

Au début c’était bien, au début y’avait rien, la nature avançait y’avait pas de chemin (Mickey 3D, « Respire » et on en aura bien besoin pour la suite...).

Il n’y avait que le continent de la Pangée,, et les dinosaures patagoniens était immenses. Puis vint la fameuse crise Crétacé- tertiaire chère au programme d’SVT des term S, et il est venu le temps des mégas mammifères. La dérive des continents se poursuit et l’homme arrive à pied. Les chasseurs cueilleurs aident les espèces à s’éteindre à force de chasse (comme les mamouts en Europe), dès la préhistoire finalement nous n’étions pas une espèce pas très écolo. 

Jusqu’à la colonisation espagnole, différents peuples vivent en Patagonie: Mapuche au nord qui repoussèrent l’expansion de l’empire Inca, Tehuelches, Aoninkenk, Selk’nam et Yamanas qui vivent en terre de feu (et donc on peut voir des représentions un peu partout à Ushuaia). 

Mais ça c’était avant. Car une fois l’Argentine indépendante, il est décidé de conquérir de nouvelles terres. Ce sont celles que l’ont avait jusque ici laissées aux indiens, ne sachant pas quoi en faire. Côté chilien c’est la même chose, et les pays entrent en conflits.


Mais les principales victimes de la guerre du pacifique, ce sont les indiens. A l’époque le chef des armées et des expéditions (vous savez celui des billets de 100 pesos) était « heureux » d’écrire dans son rapport  que ses hommes massacraient, réduisaient en esclavage et violaient un maximum d’indigènes « afin que cette race disparaisse et que la civilisation triomphe ». Le musée pose clairement la notion de génocide, et je ne pense pas qu’il ait été reconnu par l’état argentin ou n’importe quel organisme international. Le musée parle même d’un point de vue « européen centrée » en ce qui concerne l’histoire de la colonisation. 

Pendant les 4 heures de bus jusqu’à El Chaltèn, notre nouvelle étape, nous avons broyé du noir. Les Mayas et les Romains ne faisaient déjà pas de quartiers et beaucoup d’esclaves à l’Antiquité, ensuite il y a eu la traite des noirs, les camp de concentrations.... L’histoire se répète de manière morbide.

Et maintenant les peuples pauvres du sud peuvent bien subir de plein fouet les conséquences du réchauffement climatique, tant que nous mangeons notre quinoa en vrac nous avons la conscience tranquille. Pire, ceux qui ont le pourvoir économique et politique ont une vision tellement courtermiste des choses, que tant que l’on consomme tout va bien pour eux, nous n’allons pas droit dans le mur.

Qu’est ce que l’on doit faire pour que cela change en bien!?

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