Jour 8 - La chasse au serpent et la pêche au Piranha

Publiée le 28/09/2019
Après une première après midi découverte et émerveillement, les choses sérieuses commencent.

Pour de vrai. Tout est dit dans le titre. Nous partons en barque à 8.00 après un copieux petit déjeuner; une quarantaine de minutes plus tard, nous observons un coati - petit rongeur qui ressemble à un raton laveur roux très discret, que nous avons surpris lorsqu’il s’est montré sur la berge pour voler des œufs. Puis nous nous amarrons avant de continuer à pieds.


Nous arrivons sur une plaine verte avec un plan d’eau au centre. D’autres oiseaux appelés « spatula rosada » marchent lentement au bord, perchés sur leurs pattes comme des flamants roses. Leur nom vient de la forme de leur bec rose, qui ressemble à une spatule. Des petites masses sombres dépassent de l’eau : des caïmans. Quelques tortues sont aussi dans l’eau et toutes sortes d’oiseaux nous survolent. Nous traversons cet espace immense en nous aidant d’un bâton, écrasant parfois sous nos bottes des restes de petits crabes rouges et d’escargots de la taille d’une pomme, mangés et laissés par les oiseaux. Il fait une chaleur incroyable et nous sommes reconnaissants d’avoir des chapeaux de paille prêtés par les locaux. Il est presque 9h. Nous resterons en plein cagnard jusqu’à midi. Pourquoi ? Pour aller débusquer un anaconda. Petite occupation matinale. Nous n’en menons pas large : le but est de fouiller les herbes avec notre bâton, de battre le sol devant nous pour le faire sortir de sa cachette. Comprenez bien que l’anaconda est un serpent sauvage qui ne fait pas moins de 20cm de diamètre, qui peut aller jusqu’à 9m en Bolivie ou 13m au Brésil, et que celui que nous cherchons allègrement à déloger fait 5m. « hay que ser muy attentivo, se ven solo la cabeza o la cola », « il faut être très attentif, on ne voit que la tête ou la queue ». Bien sûr !


Sans résultat, nous avançons en ligne et battons les herbes hautes des marécages avec énergie. Lorsque nous commençons à fatiguer à cause de la chaleur (certainement 35 degrés, mais ressenti 10 000 !), mon bâton fait fuir quelque chose qui glisse à toute vitesse vers Alexandre. Je crie « là !! C’est énorme, ça a bougé et c’est marron !! ». Tout le monde se fige, David quitte le bout de la ligne que nous formons et avance lentement pour fermer le cercle. Les herbes bougent à nouveau, le serpent s’échappe. David et Alexandre le poursuivent et essayent de le bloquer sous leur bâton, mais il glisse et se faufile dans les herbes hautes. Nous avons raté un faux cobra. Déception et excitation à la fois !! Nous continuons à avancer par principe, mais plus rien. Nous discutons finalement de tout et de rien et décidons de faire demi-tour au bout d’une quinzaine de minutes. 

Au même endroit, Héloïse crie « là !!  Ça a bougé !! ». Même manœuvre, nous faisons un cercle et David cherche le serpent du regard pendant quelques secondes qui paraissent interminables, au milieu des plantes marécageuses. Il lève alors son bâton lentement, murmure « uno, dos... tres » et le plante avec force dans les feuillages qui se mettent à bouger subitement. Incroyable ! Il l’a eu !! Nous nous approchons et soulevons les feuilles du bout de nos bâtons pour découvrir un faux cobra de deux mètres, diamètre 15 cm, beige et noir luisant qui tire une langue noire et se dresse d’énervement. David le maintient au sol avec la fourche de son bâton, il ne l’a pas blessé. Nous l’observons quelques minutes, prenons une vidéo, puis nous nous éloignons de quelques mètres avant que David ne le relâche. Fantastique ! Une vraie montée d’adrénaline. Certes, ce n’était pas un anaconda, mais nous avons observé ce reptile à moins d’un mètre.

Nous rentrons pour manger, cuits par le soleil et se disputant pour être le premier à la douche.

Nous repartons à 15h (pas avant parce qu’il fait vraiment chaud) dans l’autre sens, sur le fleuve. Cette fois-ci, pour pêcher le piranha. Bon, inquiétant et pas forcément évident me direz-vous. Exactement. Le piranha vous coupe le doigt si par malheur il l’attrape, imaginez donc le moment où il faut lui sortir l’hameçon de la gueule. Parce que oui, nous en avons pêché. Des piranhas jaunes, oranges, rouges ; des poissons-chats, des sardines locales (similaires à un Sar), des « venoms » (pas de comparaison possible, photo à suivre).

Sachez que les piranhas jaunes et rouges sont petits (à peu près de la taille de la paume de la main), tout comme les sardines ; les oranges en revanche font la taille d’une main complète... avec de jolies petites dents pointues, la mâchoire prognathe bien agressive et l’air bête et méchant comme dans les films. On est ravis ! Les poissons-chats font quand même une vingtaine de centimètres de long et font des petits bruits lorsqu’on les attrape. Cela ferait presque mal au cœur lorsqu’on leur coupe les deux nageoires et la dorsale, on a l’impression qu’ils communiquent ! Il est obligatoire de leur couper ces nageoires, qu’ils brandissent comme de petits couperets et qui sont extrêmement acérées. D’ailleurs, elles sont tellement solides qu’il faut un couteau pour les trancher.

Nous allons ainsi passer l’après-midi entière à pêcher debout, pieds-nus dans la barque, avec un hameçon accroché à un fil de nylon multicolore, au milieu du fleuve marron dont on ne voit pas le fond, avec quelques caïmans en fond de rive et des oiseaux qui tournoient au-dessus de nous pour parfaire le décor. Notre appât : un morceau de viande de bœuf crue que l’on tranche en petits bouts. On doit surveiller les guêpes qui sont attirées par la viande fraîche et par le poisson que nous laissons à chaque fois au fond de la barque, trempants dans un peu d’eau. Nous devons aussi être vigilants et ne pas mettre le pied sur un piranha en nous déplaçant dans la barque, ou sur un poisson-chat dont les nageoires auraient été mal coupées (ça arrive quand on n’a pas l’expérience...). David est impressionné parce que nous pêchons bien (enfin moi, je n’ai pris que 6 piranhas jaunes, mais c’est déjà pas mal, je vous assure). Il se trouve par ailleurs que nous pêchons notre repas du soir, heureusement que nous sommes efficaces !

David commence à vider les poissons dans le fleuve pour anticiper le travail de la cuisinière, parce que nous rentrons plus tard que prévu. Lorsque nous rendons notre butin en cuisine après avoir pris notre verre rituel de jus de fruit frais, nous nous rendons compte de notre pêche : une cinquantaine de poissons tous plus brillants les uns que les autres. Nous sommes fiers mais fatigués et il nous tarde de nous rincer pour enlever ces odeurs de viande crue, de poisson, de transpiration et de boue séchée.

Le repas commun se composera effectivement de beaux piranhas frits, de riz, de tomates, de manioc, de salade. Nous ferons quelques parties de cartes avec le guide après le dessert, jusqu’à l’extinction automatique de l’électricité  à 21h. Sous notre moustiquaire, nous dormirons vraiment bien, la chaleur est supportable et le lit confortable. Le petit déjeuner est prévu à 6.30, pour commencer au plus tôt la prochaine et dernière matinée dans la Pampa. Il reste encore quelques belles surprises... 

Un exemple de petit déjeuner copieux.
Un coati roux (Google)
La battue dans la pampa.
La battue dans la pampa : deuxième paysage
Terre de Pampa
Un nid posé au sol, au milieu des feuillages
Terre de pampa - 2.
Capture d’un Faux Cobra
Pêcher le poisson chat avec de la viande rouge.
Pêche au piranha !
Attention en décrochant les hameçons !
Une toute petite grenouille nous tenait compagnie sur la barque.
Notre butin de l’apres midi
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