Retour en Bulgarie

Publiée le 02/09/2015
Retour en Bulgarie. Que va-t'elle nous réserver cette fois ?

Jeudi 20 Aout


Apres une nuit calme dans notre champ d'eolienne, on reprend la route direction Varna, a environ 80 kms de la. On espere y trouver Internet, pour avoir quelques infos sur l'itineraire. Fini l'Euro Velo 6 et sa route (plus ou moins) balisee. 

La route est assez chargee en voitures et camions, mais on avance bien, on  a le vent dans le dos, alors on ne rale pas trop! De plus, sur la route, jolie surprise pour les gourmands que nous sommes, on trouve un magasin d'usine de gateaux! Pour l'anecdote, on s'etait donne le droit d'acheter un paquet chacun, donc 2. On est ressorti avec 5 boites ... Et a nouveau pour l'anecdote, on a du manger le dernier paquet le surlendemain...

L'arrivee a Varna se fait avec plusieurs cotes a la suite; certaines a 8%, d'autres a ... 11,5%... Ici, c'est le royaume du beton, un peu la cote d'Azur bulgare. Ici, le cycliste perd. On cherche un coin ou manger, de preference avec une vue sur la mer, un peu eloignee de la route et de sa pollution. On ne trouve pas, et on doit se rabattre sur une station essence qui offre table et bancs de picnic. On ne peut pas toujours avoir ce qu'on veut... Un point positif a cet arret : on rencontre plusieurs grands gaillards bulgares; ils parlent peu anglais mais donnent des reponses a nos questions. Et sont assez etonnes de voir que, meme si on a le meme age, on n'est pas interesses par les boites de nuit de la cote. 

Varna est assez grand. Quand on reprend nos velos le ventre plein, on decide de chercher un atelier velo, pour les roulements de Clement. On en trouve un, et c'est double bingo : Clement se voit offrir le changement des roulements, et on obtient les conseils d'un vrai cycliste sur la route. 

Plus loin, a un feu rouge, on se fait alpaguer par une jeune femme. Elle nous explique qu'elle nous a apercus ce matin sur la route, nous a klaxonnes et fait des grands signes de la main... Oh, c'est a dire qu'on entend un concert de klaxon a longueur de journee, du coup on ne fait plus attention .... Et on prefere aussi garder nos yeux sur le bitume plein d'ornieres... Elle aussi a fait l'Euro Velo 6, mais jusqu'a Budapest. Beaucoup de monde s'arrete la, parce qu'apres, c'est "moins tout"; moins propre, moins facile, moins balise, moins joli. C'est juste different. Et c'est peut etre ca qui fait tout son charme; la rusticite apres l'ordre, le sauvage apres l'ordonne, l'etonnant apres le connu. (vous vous en etes peut etre doute; on a surtout commence a decouvrir de nouvelles choses apres avoir quitte Budapest justement ... La Serbie a ete un vrai coup de coeur par exemple) 

La journee est bien avancee, on a deja fait 80 bornes, c'est maintenant l'heure de trouver un coin ou dormir. Il faut s'eloigner le plus possible de Varna et de tout ce beton pour dormir en paix. On roule avec pleins de camions a nos trousses, la route reste droite, on ne voit quasiment aucune route adjacente... Le moral en prend un petit coup. Allez, on continue a avancer. On tente un premier chemin, mais on abandonne vite; une voiture en descend. Le second chemin mene a une carriere abandonne, l'entree est faite de gros blocs, donc aucune voiture ne peut rouler dessus. Ce sera bon pour ce soir. Le repas a du se faire dans la tente: la pluie arrive vite!


100 km au compteur


Le long de la côte,  pas moyen d'approcher la mer pour le repas du midi. On finira à une station service.
Difficile aussi de trouver un coin dodo. On dormira dans cette carrière de sable, malgré  le temps menaçant.

Vendredi 21 Aout

L'averse de la veille laisse place au crachin, on se sentirait presque en Normandie! On remballe tout et on repart. La route est aussi, voire plus, moche que la veille: elle dessert de grosses usines qu'on devine sales et peu respectueuses de l'environnement. Après 20 kms industriels, on rejoint des petites routes plus calmes. C'est un peu plus vallonné,  mais c'est plus calme, plus vert. 

On arrive dans un petit village, et il se fait faim! Un feuilleté typiquement bulgare (gras, et au fromage; délicieux! ) , un banc, une fontaine d'eau et nous voila heureux. Il fait un peu frais, alors on met les KWAY,  ça change ! Une petite lessive à la fontaine, un p'tit cappuccino,  et la Bulgarie devient un chouette pays. Et rebelotte, une averse! On s'abrite sous un patio, nous et nos 4 vélos. Ça continue, ça prend son temps, alors nous aussi: on a frais, on se fait un thé,  au sec!
Une acalmie arrive, et nous voila repartis. On restera pas secs bien longtemps; il pleut à seau, tellement fort qu'on se trompe de route.  Ou plutôt,  on se rend compte que la route qu'on voulait emprunter n'existe pas. Au final, on monte vers le Nord, plutôt que vers le sud, et vers Provadia, une ville où d'après nos sources bulgares, il y aurait un hôtel. L'hôtel en question existe et est à 12,50 euros la chambre  (25 leva). Chaud et repos au programme! 

100 Km au compteur

Virage à droite,.. se resserre!

Samedi 22 Aout

Journée repos à Provadia. Quelques courses, une petite randonnée jusqu'a la forteresse, la rédaction du blog... on s'occupe aussi de notre séjour à Istanbul, et du rapatriement des vélos en avion: Il faut les mesurer et les peser. On a pas de balance avec nous... Le responsable de l'hôtel trouve la solution !

Lui et sa femme, qui tient juste à côté de l'hôtel un salon de manucure, ont été patients avec nous, toujours prêts à nous filer un coup de main. La gentillesse bulgare?

On doit donner le poids de nos vélos pour l'avion. Le gardien de l'hôtel à la solution.

Dimanche 23 Aout

Fini le repos, on reprend la route, à 9h30. Pas le temps de s'échauffer,  on passe vite le plus petit plateau pour une belle montée,  assez pentue, mais surtout très longue. Une fois la-haut, on se rend compte qu'on est entourés par des dizaines et des dizaines de monts. C'est vert, c'est calme, c'est des creux et des bosses. C'est loin de la côte,  et c'est tant mieux. 

La descente est raide, on se fait difficilement rattraper par les quelques voitures. Le bitume est bon, ça file droit, l'air est frais. Une fois arrivés en bas, on lève le nez, et la, on a droit à un très joli spectacle : des milliers de cigognes se sont rassemblées et volent en cercle. Apparemment, il commence à faire frais en Europe, c'est l'heure d'aller en Afrique. On observe ces immenses oiseaux, qui nous ont accompagnés tout au long du Danube,  jolies demoiselles avec leur robe blanche et noire, et leurs yeux en amande. On les a plus souvent vues à l'arrêt,  sur leur poteau ou à chercher de la nourriture, qu'en vol.  Plus on les observe, plus le groupe s'elargit: d'autres arrivent, d'ailleurs. Chouette coïncidence de tomber sur elles...

On reprend la route, et une petite mamie nous tend ses péchés à notre (furtif) passage. Des pêches gratuites? On fait vite demi tour bien sûr! Elle nous tend un seau, en gros "servez vous!". Les pêches sont petites mais délicieuses.  On lui en prend une dizaine pour la route et on remplit son seau, pour lui éviter la corvée.  Donnant-donnant! 

Plus loin, on se rend compte que le paysage a un peu changé. Les monts et vallons sont toujours là,  mais un nouvel élément est apparu dans cette partie de la Bulgarie. On voit qu'on s'approche de la Turquie; chaque village ou presque a sa mosquée et son minaret. La communauté turque est aussi plus importante: on achète du miel et du pollen à un papy qui est justement turc.

Les kilomètres s'enchainent, les jambes sont un peu plus lourdes. A Aytos, après 80 kms, on fait une pause courses/internet. Un avis émerge : elle est chouette la Bulgarie des terres! Le pharmacien à été direct "vous pensez quoi de la Bulgarie?". Reponse: c'est plus sympa dans les terres que sur la côte, et les Bulgares sont tres serviables. Notre réponse lui a fait chaud au coeur. C'était sincère. 

On repart chercher le coin dodo. La petite route qu'on voulait prendre et autour de laquelle on pensait trouver un endroit pour dormir n'existe pas/plus. Obligés de rouler sur la nationale... après quelques kilomètres,  on bifurque et on finit dans un champ, à vue... c'est pas l'idéal mais on trouvera pas mieux. 


100 km au compteur

C'est quoi? Bah, les milliers de cigognes qui migrent vers le sud.
Au passage, on entend: 'hé nectarina !'. OK,  on prend, ainsi que tomates et concombres. Merci mami
Formation rocheuse, datant sans doute de là deglaciation. Vous pouvez egalement voir Clément.
Quand on mange dehors, assis par terre, pas besoin de balayer. Ces grosses bêtes font vite le ménage.
Coin dodo en plein vent, sous une ligne haute tension, herbes hautes, sol chaotique, à vue. Mais raisin sauvage, et belle surprise au coucher du soleil

Lundi 24 Aout

Réveil matinal pour Laure (7h...), Clément dort encore. J'en profite pour rédiger deux trois trucs:le blog, un mail... est ce qu'on peut vraiment se déconnecter complètement ? J'ai du mal à y croire...

Aujourd'hui, l'idée est de faire entre 80 et 100 kms, pour se rapprocher de la dernière ville bulgare,  Malko Tarnovo, avant la frontière turque.  On enchaîne montées et descentes. Heureusement qu'on ne les compte pas; on perdrait vite le fil. 

On contourne Burgas,  autre grosse ville de la côte bulgare. Ici ça roule vite, beaucoup. Les oiseaux ont fait place aux avions. 

Arrêt repas, assis à table, près d'une petite épicerie. Et il fait 36 degrés... 

Une fois éloignés de Burgas, on retourne dans la Bulgarie verte, on trouve parfois des rivières. On remarque aussi qu'il y a de plus en plus de voitures de police. Mais pas n'importe laquelle: la police des frontières. Trouver notre coin dodo risque de ne pas être chose facile s'il y a autant de patrouilles...

C'est sans compter sur un coup de main de la Bulgarie: en contrebas de la route en descente,  on trouve une petite clairière avec fontaine, table et chaises sous abri, et une cheminée!  La tentation est trop grande. On s'installe. Même si on entend un peu la route, personne ne verra nos tentes! 

Après la douche,  une patrouille débarque: contrôle des papiers svp. Tout est en règle,  bien sûr.  C'est pas les cyclotouristes aux yeux bleus qu'ils cherchent... c'est plutot les Syriens... on se sent tres privilégiés d'un coup. Le petit bout de papier qu'on a nous ouvre beaucoup de portes (ou du moins ne nous en ferment pas), et plus on avance a travers l'Europe, plus on s'en rend compte. On demande timidement si on peut rester dormir la. "No problem!" 

On profite de la chaleur du feu pour se faire un apero et un bon repas. On discute de l'Europe, des Syriens. "Et si y'en avait un qui débarquait juste devant nous, vous feriez quoi?" Beh on lui proposerait une part de notre repas. Ça lui réchaufferait un peu le corps.


89 km au compteur


Omega 3 et 6? Pêcher,  c'est surtout manger pas cher.
Merci Bulgarie. Des coins comme ça se font rare.

Mardi 25 Aout

Nuit calme, fraîche.  La rosée est tombée,  tout est mouillé autour de la tente. Mais le soleil arrive, il est juste derrière la montagne. On range une partie de nos affaires, on relance un petit feu, on pose la tente au sol sous le soleil. Petit déjeuner original: la veille, on avait cuit du riz, mais c'était de trop. Alors ce matin, on improvise un sorte de riz au lait. Que des bonnes choses: riz, yaourt, miel et pollen! Et bien c'était très bon :)

On a 12 km à faire jusqu'a Malko Tarnovo et encore 9 jusqu'a la frontière.  Ça va grimper dur. Avant meme Malko, on passe de 270 m d'altitude a 80, pour remonter a 300 puis 400... petit arrêt pour acheter eau et gâteau.

La route jusqu'au checkpoint est pentue, mais avec la bonne vitesse, ça passe (et c'est passé!) tout seul. Arrivés la haut (680m d'altitude), on double les voitures (roumaines, bulgares, ukrainiennes, russes).  On quitte l'UE sans problème. Ciao l'Europe, ciao Schengen. La zone est sensible; on croise plusieurs militaires armés de leur kalashnikov ... a nous la Turquie maintenant! Dans moins de 300 km, Istanbul, et la fin de notre première étape :) 

3 commentaires

Gaelle

Quelle belle épopée!!! Hélène C. nous a donné l'adresse de votre blog et ça fait trop du bien en cette semaine de rentrée de lire vos aventures qui nous font voyager et s'évader.
Vous avez plus que raison de vivre vos rêves!
A très vite pour la suite de votre périple!
Bises
Gaëlle ( Sc Phys à Evreux)

  • il y a 5 ans

JennyEmericMichelle

magnifique....bye bye l'Europe, c le Japon maintenant? comme dit Wilfrid, c une page qui se tourne...d'autres belles aventures vous attendent...la suite au prochain numéro , que j'attends avec impatience, bizous les Zamours, vous êtes EXCEPTIONNELS (Mum)

  • il y a 5 ans
François

RonronEtYoyo

Hello à vous, les courageux ! La suite de votre voyage va être tout aussi folle ! Encore bravo, j'ai vraiment hâte de voir la suite, en particulier les treks au Népal ;) ! a+

  • il y a 5 ans