Ce matin départ à 6h de notre hôtel, pour un départ en train à 7h à la gare de Phnom Penh.
La ligne de train qui traverse le pays du nord au sud, de Battambang à Sihanoukville, a été construite par les Français du temps de l'époque coloniale, elle est monovoie et les trains ne peuvent se croiser que dans les quelques gares du trajet, ou à certains endroits précis. C'est ce qui nous fera perdre un temps incroyable.
Parti à 7h, donc à l'heure, notre train ne roule pas à plus de 50 quand on a de la chance, il doit souvent ralentir, voire s'arrêter, pour que les vaches, les voitures ou les tuk-tuk avec remorques dégagent le passage. Sans compter sur les croisements avec les trains de marchandises.
Il y aura aussi cet arrêt dans une gare minuscule, perdue au milieu des rizières, pour que les passagers partis très tôt de Phnom Penh, puissent aller acheter de quoi se nourrir aux femmes présentes sur le quai
Finalement, notre train qui devait arriver à 10h30 à Kampot, où nous sommes attendus, arrivera vers 11h45 , juste un léger retard !
De la gare nous partons vers un endroit appelé La Plantation.
Comme son nom l'indique, cet endroit est une plantation du célèbre poivre de Kampot, réputé être le meilleur poivre du monde, et un des deux seuls poivres au monde à bénéficier d'une IGP, avec un poivre vietnamien.
Malheureusement, notre programme était trop chargé aujourd'hui, et notre retard de train va bousculer notre journée.
Nous commençons par un cour de cuisine, où une jeune chef khmère va nous apprendre à réaliser un amok de poisson, un curry de légumes, et une salade de mangues vertes. Le tout étant absolument délicieux.
Malheureusement encore, la jeune femme, adorable cependant, prend énormément de temps à détailler l'utilisation de tel ou tel ingrédients, et nous n'aurons pas le temps de déjeuner avec les plats préparés, une visite de la plantation nous attendant. Cependant nous pourrons gouter nos réalisations, ce qui nous donnera encore plus de regrets!
La visite de la plantation nous apprend pas mal de choses sur le fameux poivre.
Déjà, sous le régime des Khmers Rouges, l'ensemble des plantations du pays avaient été détruites, le poivre étant considéré comme un produit de luxe, donc à détruire.
Le temps de retrouver les savoirs faire et de relancer la production, le poivre de Kampot n'est revenu sur les étals que depuis 20 ans environ. Il faut savoir que le poivre souffre énormément du réchauffement climatique et de ses conséquences, chaleur intense, saison sèche et saison des pluies dont les dates changent, des pluies trop violences et des sécheresses bien trop longues. Ces dernières années, la production a été divisée par deux, et dans 20 ans, le poivre de Kampot pourrait de nouveau disparaitre, mais cette fois ci définitivement.
La Plantation, a été créée il y a 15 ans, par un couple franco belge, qui avait fait fortune dans l'informatique. Ils ont décidé de monter un projet à la fois éco-responsable et social. Pour cela, toute leurs cultures sont bio, et 20% de leur chiffre d'affaire est consacré à améliorer la vie des locaux. Par exemple, les employés bénéficient d'une mutuelle d'entreprise unique au Cambodge. Au Cambodge, les enfants ne vont à l'école que par demi journée, les responsables de la plantation ont donc financé une deuxième école, qui prend en charge la deuxième demi journée, et les horaires sont calés sur ceux de la plantation, pour permettre aux parents de ne pas laisser leurs enfants seuls. Des logements sont mis à la disposition des employés habitant trop loin, et deux repas par jour sont servis gratuitement aux employés.
Tout ceci fait que la plantation n'a aucun mal à recruter et à garder ses employés!
A la suite de cette visite, nous partons pour une balade en bateau, qui nous donnera encore plus de regrets de ne pas avoir pu déjeuner tranquillement, car cette balade ne présentera aucun intérêt.
Le soir direction Kep, à une trentaine de km, où nous dormirons, et où demain nous aurons une journée tranquille.