Rater les requins baleines au Mozambique aura été une de mes déception de notre tour du monde. Voir les requins baleines à Gorontalo aussi même s’il faut que j’arrive à relativiser.
Nous sortons du ferry fatigués, nous arrivons à Gorontalo excités, nous négocions notre rencontre avec ces montres des mers étonnés, nous montons dans des bateaux pour 50m de navigation dans les bouts d’amarrage amusés. Nous nous jetons à l’eau et découvrons les monstres gentils émerveillés. Nous nageons avec eux parmi les canoës à fond de verre et les guides qui leur lancent du krill directement dans la bouche désabusés. Nous tentons de remonter dans nos bateaux en galérant sous l’œil distant de nos capitaines énervés. Nous repartons sur la plage partagés. Le jeu en vaut-il la chandelle ? Faut-il cautionner ce type d’initiatives ou au contraire se rendre compte de la chance que l’on a de pouvoir observer encore ces animaux? Faut-il blâmer les instagrameuses qui se filment sans un regard pour ces animaux ou les locaux qui y voient une source de revenus inespéré?
Je reste partagé au moment de repartir pour le nord de l’île après un délicieux petit dej chez Elen. Celle qui aura géré notre transition Togian-Tomohon d’une main de maître. Efficace et rassurante.
Le trajet vers les volcans est de nouveau une longue alternance de vues magnifiques et de villes tristes, la playlist de Capucine en fond sonore.
Le lendemain, Tomohon nous offre un condensé émotionnel classique de notre voyage. Un marché « extrême » où les pattes de chiens côtoient les ailes de chauve-souris et les tranches de python. Un KFC climatisé mais sans saveur. Une piscine municipale chauffée à la géothermie avec une cascade en fond. Une guest house sur pilotis. Un volcan cachotier qui nous dévoile à peine son cratère. Des rencontres étonnantes avec un guide francophone et des ornithologues chinois.
Les nuages nous accompagnent jusqu’à Bunaken. On nous en a vanté les mérites, mais nous arrivons sceptiques…