Possibilité d’une île ?

Publiée le 09/08/2026
Nous arrivons en Estonie avec une intention précise : visiter une des deux grandes îles au nord-ouest du pays. Mais nous débutons par un passage à Tallinn que nous désirons revoir deux ans après un premier voyage à vélo dans les Pays Baltes.

Nous allons directement, aimantés par la nostalgie, au Café de Pierre….
Bien nous en a pris….

Tallinn est certainement la plus belle ville médiévale conservée d’Europe du Nord. Occupée par les Danois, puis les Chevaliers teutoniques, puis les Suédois et enfin les Russes, avant d’accéder en deux temps, au XXe siècle, à une indépendance chèrement payée (en particulier à l’époque stalinienne avec la résistance des « frères de la forêt ») et dont tous les Estoniens savent le prix.

Sévèrement endommagée par les bombardements russes de 1944, la ville a été très bien restaurée avec le soutien de l’Unesco.

Les remparts de Tallinn
Leur restauration est remarquable..
Qui font faire une partie du tour de la ville…
…. Et offrent de belles vues sur les toits et les clochers au loin…
Ici la vie et l’histoire s’anastomosent…
Il reste à espérer que la pharmacienne ne se trompe pas de remède…
Nous terminons cette journée au réputé Olde Hansa, restaurant médiéval…
…. qui rappelle l’époque de la ligue hanséatique.
Et le lendemain…
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Tallinn est vraiment une ville très attachante
Elle allie d’ailleurs histoire et ultra modernité…

Car au moment de partir nous découvrons le nouveau quartier branché de Rotermann bâti à partir des entrepôts, moulins, usines fondés au XIXe siècle par l’industriel du même nom. On y trouve des cafés, restaurants, des expositions d’art contemporains ou des performances. La reconversion est particulièrement réussie.

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On y trouve même de délicieuses boulangeries….
Bref… « ça balance pas mal » à Tallinn !

Nous quittons à regret cette ville que nous aimons beaucoup. Notre but est de découvrir une des îles célèbres d’Estonie. L’une est grande, une autre toute petite, une troisième de taille intermédiaire. C’est cette dernière, l’île d’Hiiouma, qui a notre préférence : on en fait le tour en un peu plus de 200 kilomètres et elle est réputée plus sauvage que sa voisine, la grande Saaremaa plus vouée à l’accueil touristique.

C’est donc parti !

Immédiatement sous le soleil…
Là, un petit immeuble de l’époque communiste.
C’est aussi le début de la contrée des cigognes !
Dans ce pays réputé être un des plus athées du monde…

Le midi, nous arrivons au bourg de Riisipere. Au bord d’un étang dévolu à la pêche et à la baignade, nous pique-niquons et en profitons pour… nous baigner, ce qui n’est pas encore arrivé si souvent durant ce voyage.

Vous désirez un café ?
L’étang est petit mais il est propre. À l’eau !

Nous sommes toujours seuls.

Ou presque !

Comme le dénivelé n’a rien à voir avec celui de la Finlande, nous roulons bon train. C’est d’ailleurs vraiment le cas de le dire car nous empruntons durant environ 50 kilomètres une ancienne voie ferrée datant de l’époque de la Russie impériale, définitivement abandonnée au début des années 2000 et devenue piste cyclable.

Elle semble droite à l’infini.

Ainsi sur une bonne partie de l’après midi, les kilomètres s’enchaînent.
Il n’y a pas foule entre les rangées d’arbres.

C’est le moment où Ghislain fait ce qu’il fuit d’habitude à vélo : écouter de la musique à travers ses AirPods. Une telle voie ferrée isolée s’accommode bien avec la BO du film Out of Africa qu’il redécouvre avec plaisir.

Mais hélas cette voie ferrée n’est pas seulement envoûtante et mystérieuse. Elle est aussi un lieu tragique. En 1941, juste avant l’invasion allemande, puis en 1949, Staline a fait déporter des milliers d’Estoniens vers la Sibérie. Ils ont été arrachés à leur pays et à leur terre depuis cette voie ferrée. La plupart ne les reverront jamais.

Ce monument en forme de croix construite avec des rails rappelle cette horreur.…
Ce qu’il reste aujourd’hui du quai où les Estoniens étaient entassés.

Un panneau nous explique que 80 % des déportés de 1941 ont trouvé la mort dans l’année qui a suivi. 

Staline ne supportait pas le désir des Estoniens de retrouver leur indépendance. La lutte durera des années encore (jusqu’en 1952 les Estoniens tiendront tête à la domination soviétique et lutteront contre l'assujettissement). Staline traitait les Estoniens insoumis de néo-nazis. Poutine a bien appris sa rhétorique.

Une vieille gare encore debout.
Au terme de 121 kms….
Et une fois installés, ni une ni deux…
Nous dégustons une spécialité locale
Et à cette fête nous nous dopons avec d’étranges potions avant d’aller dormir..
Le lendemain matin, après une bonne discussion avec deux Estoniens….
Nous nous mettons en route pour l’île d’Hiiumaa que nous avons choisie.
Nous allons y demeurer trois jours.
En voici la carte plus précise.
Mais avant d’embarquer nous voyons quelques trains….
… qui étaient peut-être ceux qui desservaient la voie ferrée de la veille.
À nous Hiiumaa !
Île sauvage peuplée d’antiques habitants.
Couverte de forêts profondes.
Et de toundra.
Mais ouverte sur les côtes.
Apparemment ce vieux moulin ne fonctionnera plus.
Mais curieusement son mécanisme est intact.
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Également dotée d’une histoire ancienne, elle a connu la domination suédoise, puis russe.
Mais elle s’attache aussi à la modernité : ils ont leur Tour Eiffel.
Mais les édifices les plus importants dans ce coin capital de la mer baltique….
…. à la sortie du Golfe de Finlande, ce sont les phares.
Gardiens des mers. Nous venons de voir le premier.
Nous sommes alors à la pointe nord de l’île….

Mais le temps est venu de songer au lieu où nous passerons la nuit. Il n’y a pas grand-chose sur cette île, cependant nous avons repéré sur la carte un Laavu en pleine forêt. Nous nous mettons donc en route sans nous douter des difficultés qui nous attendent.

Il est censé se trouver à une dizaine de kilomètres.

En avançant sur le chemin nous rencontrons un T34 soviétique…
Nous nous enfonçons de plus en plus profondément dans la forêt….
Mais sur la carte rien ne correspond. Sauf la présence de pins à l’infini.
Après 1 heure de recherches qui finissent par être vaguement inquiétantes….
Parfait pour le repas, …
… et pour le feu de bois !
Il commence à se faire tard, nous avons hâte de monter la tente.
Le lendemain, nous repartons sous un temps gris…
Quelques kilomètres plus loin, nous arrivons….

Il n’en reste plus grand-chose. En revanche on y trouve…

… des Alternatifs….
… et le Centre culturel de Viscosa, qui… ne paie pas de mine…

Effectivement il est construit dans une vieille usine de textile. Spécialité de la ville avant 1940, la production était envoyée vers Tallinn par l’ancienne voie ferrée parcourue avant-hier.

Il fait mauvais et nous sommes un peu fatigués, alors nous décidons de nous poser et de visiter l’exposition de peinture contemporaine où sont réunies les œuvres de jeunes peintres baltes de moins de 40 ans. Voici la photo de quelques tableaux parmi ceux qui nous ont marqués.

Une Pietà revisitée, de Victor Paukstelis
Une critique de la culture pornographique par Alina Burlakova
Mais on respire avec la magie du rêve et de l’enfance et cette « Garde robe »
Ou « The Meeting » de Monika Plentauskaité
Cette fumeuse très expressive est l’œuvre d’une peintre
Une œuvre plus classique de Lukas Marciulevicius, intitulée « Le champ »
Enfin cet étrange tableau d’un peintre connu en Estonie….
Bref une belle exposition dans un cadre singulier.
Doté d’une cafétéria dont les fauteuils sont confortables.
Mais nous repartons tout de même vers le phare de Kõpu

C’est en fait à la fois le plus haut et le plus ancien de l’île : sa construction avait été exigée par les marchands de la Ligue hanséatique au début du XVIe siècle. C’est le troisième plus ancien phare au monde encore en activité.

Amélioré au fil du temps, il a reçu une coupole type Eiffel.
De là haut on voit loin.

Nous continuons à nous enfoncer dans ce que Ghislain nomme la Bretagne d’Hiiumaa (cf la carte quelques photos plus haut). Et à son extrémité nous trouvons le troisième et dernier phare.

Difficile de ne pas voir un tel fanal.
Mais le temps chavire….
Nous optons tout de même pour un bivouac près de la mer …
Alors nous installons vite la tente…
Le lendemain matin n’est pas meilleur….
Et nous faisons d’étranges rencontres.
Des habitants semblent attendre le bus depuis longtemps.
Sans s’impatienter.
Bien que cela semble long !
À la faveur d’une embellie, nous nous arrêtons dans une église orthodoxe
Et divine surprise, un ensemble de musique baroque est en train de répéter
Mais cette fois cela se gâte vraiment et le pire est annoncé pour la soirée.
Il faut le reconnaître, Zeus et Éole ont raison de notre motivation…
On sent à ce moment à quel point un toit en dur peut faire du bien.
Le lendemain, c’est le soleil radieux.
1ere pause dans une réserve naturelle
…
Mais le meilleur est pour la suite.
Le chemin bien large au début…
jusqu’à ne plus nous permettre d’avancer à vélo
Nous laissant juste la place
L’esker se forme …
Venant de loin…
… Il finit par se perdre dans la mer.
Cette quatrième journée sur l’île aura été une merveilleuse surprise.
Et malgré encore quelques difficultés liées aux intempéries des derniers jours…
…. nous savourons pleinement les dernières heures à Hiiumaa
Et nous sentons dans la nature estonienne comme les nains sur les épaules du géant.
Ce mardi 28 juillet, après 235 kms à sillonner l’île de Hiiumaa….

….. nous prenons notre dernier ferry et nous retrouvons le continent. Nous allons maintenant vivre une transition vers la Pologne 🇵🇱 via l’Estonie 🇪🇪, la Lettonie 🇱🇻 et la Lituanie🇲🇲.

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