Parikkala

Publiée le 02/08/2026
19-23 juillet. Nous quittons la région des lacs pour retourner vers Helsinki, mais une découverte surprenante nous attend sur le chemin…

Après avoir quitté notre Laavu, nous commençons par une petite baignade dans le lac…

Cela fait du bien malgré une météo nettement moins avenante et redevenue maussade et fraîche, avec peu de perspectives favorables sur la semaine à venir.

Puis après avoir salué un héron cendré…
Nous revenons à Puumala avec son grand pont et son ascenseur accroché au pont.
C’est une situation tout de même inhabituelle.
Et le spectacle vaut le coup d’œil….
Et au centre-ville nous tombons sur un club de fans d’automobiles Peugeot (?!)

Tout étonnés de rencontrer ici un Français, ils parlent avec Ghislain et présentent les modèles.

En voici deux parmi les 19 véhicules réunis.

Une 404 de 1971
Et un autre modèle, plus ancien, de 1959.
Mais nous préférons garder nos destriers pour la suite du chemin…

…. Qui devient franchement pluvieux vers 13 h. Pour le pique-nique, nous allons frapper à la porte d’une maison perdue dans la forêt, en demandant s’il est possible de pique-niquer à l’abri de leur garage ouvert. Réponse positive.

Et voici notre abri…
Au bout d’un temps la pluie s’est arrêtée…
…. et nous pouvons dévorer notre frugal pique-nique.
Notre seule compagnie fut un aimable crapaud.

Nous repartons dans la compagnie des averses et des montagnes russes… Il y a quelques moments difficiles pendant ce voyage et cette journée l’illustre.

Plus précisément elle l’illustrait jusqu’à 16 heures environ, où par hasard nous voyons au bord de la route un nouveau panneau Laavu.

Il est providentiel et nous nous arrêtons.

Totalement abrité, il comporte un foyer.
Alors que dehors la pluie s’accroît.
Petite visite guidée…
où nous nous empressons de nous étaler…!
Et la cuisine…
Voilà comment la galère se transforme…

Arrêt imprévu dans un endroit imprévisible (pas de carte des Laavus dans cette région). Alors Ghislain va à la recherche de lait dès que la pluie baisse. Il toque à la porte des maisons du coin. Après plusieurs maisons vides, il tombe sur deux hommes sympas qui lui offrent un litre de lait. Le petit-déjeuner sera complet.

Le lendemain matin…
… le soleil est revenu faire un petit tour.
Nous quittons les lieux…
… sans omettre de refaire la réserve de bois pour les suivants !
La journée démarre bien…
mais la route reste….
.… dans une espèce de toundra arborée.
Où l’on ne rencontre à peu près personne.
C’est aussi le jour où nous passons les 3000 kms depuis le départ.
Dans cette région quasi désertique, nous avons parcouru 80 kms….

La photo précédente annonce un dispensaire 20 kms à l’avance. Et vous constatez que le panneau, recouvert de végétation, est à peine visible.

Quand nous rencontrons enfin une famille, ce sont des personnes qui vivent à Helsinki et qui viennent l’été dans la maison d’enfance du père devenue résidence secondaire. Il nous explique que l’exode rural est aussi une réalité en Finlande. Son propre père tenait un magasin « où l’on trouvait un peu de tout » dans le village. Il a fermé en 2001.

Cela n’empêche pas les rares habitants du cru d’avoir de l’humour…
Au terme de ces 81 kms bien éprouvants …

Et cette ancienne affectation ne doit pas étonner puisque la frontière russe n’est qu’à 800 mètres.

…. La voici.
L’hôtel quant à lui est totalement désuet, mais charmant.
Toutefois nous ne sommes pas venus jusqu’à Parikkala, pour cet hôtel.

Mais plutôt pour un musée des plus surprenants. Un musée en plein air, qui est en fait un jardin d’un demi-hectare, peuplé de statues en ciment réalisées par un homme du village, ouvrier de presse à la papeterie voisine de Simpele.

Cet homme, Veijo Rönkkönen (1944-2010), a passé toute son existence à sculpter plus de 500 statues. Toute une partie de son œuvre est consacrée au Yoga, qu’il a découvert à l’approche de la trentaine et qu’il a pratiqué toute sa vie en en devenant une sorte d’expert. Chacune des 250 statues consacrées au yoga représente une position.

Elles sont au milieu des fougères. Aujourd’hui recouvertes de mousse.
Chacune des statues est posée sur un socle en pierre.
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On voit ici l’artiste au travail en 1982.
Il a aussi sculpté des scènes de la vie quotidienne.
…

Dans la deuxième partie de sa vie, après la mort de ses parents, il a surtout sculpté l’enfance, avec une tonalité joyeuse qui correspond aussi à une évolution dans sa personnalité : alors qu’il était renfermé et taciturne, depuis une jeunesse plutôt triste entouré qu’il était d’un père très malade durant de longues années et d’une mère malheureuse, voici qu’il s’épanouit et s’ouvre davantage à autrui.

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Le sport ou la gymnastique font partie de ses thèmes de prédilection…
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Mais aussi la tendresse….
La rencontre et la palabre.
Ou encore l’itinérance nomade….

… ce qui est singulier chez un homme qui n’a pour ainsi dire jamais quitté son jardin.

On trouvera également dans son œuvre des touches de surréalisme..
Ou une interrogation  sur le mal….
Ou à l’inverse une référence à la sagesse.
Et finalement l’auto-portrait…

…. de celui qui a passé sa vie dans son jardin d’un demi-hectare à sculpter plus de 500 statues. Aujourd’hui reconnu par l’Unesco, il a passé sa vie à se moquer de toute reconnaissance, demandant à ce qu’on laisse son jardin être envahi par la mousse.

Doté d’un sens profond de la finitude, il ne se voyait pas laisser son nom et n’entretenait aucune illusion ou chimère de ce côté-là.

Aussi ses statues prennent-elles la patine du temps. Au début du parcours, trois d’entre elles ont été restaurées pour donner une idée de ce qu’elles étaient dans leur état original.

Gageons que malgré les injures du temps, qui font également partie de l’œuvre

… ces statues continueront longtemps de stimuler ou intriguer notre imaginaire et de témoigner en faveur de ce maître de l’ITE art.

C’est par cette visite que nous terminons notre séjour en Finlande, car le lendemain…

… 21 juillet, nous rejoignons Helsinki par le train, en vue de passer en Estonie pour revoir Tallinn en passant, mais surtout pour faire le tour d’une île estonienne.

Mais nous mettons à profit la journée du 22 juillet, d’ailleurs bien grise, pour visiter….

…. Le musée des beaux-arts où Antti Faven peignant la bourgeoisie scandinave…
… côtoie Eero Ärnefeld qui témoigne de l’exploitation paysanne et ouvrière.
Nous faisons également un petit tour à la cathédrale orthodoxe…
….
Puis à la singulière « chapelle du silence ».
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Dont la sobriété est singulière en pleine ville.
Près des étranges méandres architecturaux du musée d’art contemporain.
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Mais le lendemain matin….

Salués par cette étrange réplique géante du « Manneken Pis » bruxellois.
Nous prenons le ferry pour Tallinn.
Anecdote en passant…

Nous constatons dans le ferry que Scandinaves peuvent pousser l’amour des chiens très loin : jusqu’à les considérer comme ayant besoin d’une authentique poussette.

Jusqu’à présent nous avions vu des chiens un peu partout.
Mais jamais jusqu’à être en position de recevoir les soins accordés à un nouveau-né.
Mais il est temps d’arriver en Estonie qui pointe déjà le bout de son nez en ce 23 juillet
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