Le déplacement en train imposait un changement à Tampere. La « Manchester » de la Finlande. Le délai d’attente est de deux heures et Christine, d’un œil d’aigle, voit au loin la cathédrale luthérienne que nous nous empressons d’aller visiter.
Construite au début du XXe siècle quand la ville est en plein essor industriel, elle contient des œuvres parmi les plus connues de la peinture finlandaise.
Dans un paysage quasi minéral et presque nu, hormis quelques fleurs et, au loin, deux cheminées d’usine résumant l’activité humaine, le tableau exprime une métaphore de notre monde, pris entre l’aspiration au meilleur et la morsure de la déception et de la douleur. Mais l’ange n’est pas à terre. Curieusement il est porté par deux jeunes garçons anonymes, pauvres, dont l’un d’eux nous adresse un regard qu’il est impossible de fuir et qui nous inscrit au cœur du tableau. Nous sommes partie prenante de ce monde d’aspiration et de déception, d’injustice aussi. Le regard du garçon semble dire que nous ne pouvons nous en dédouaner.
À noter que tous les personnages de ces tableaux étaient des habitants de Tampere.
Réalisée par Magnus Enckell, elle respire une sorte de sérénité, ouverte sur une réalité que l’artiste se garde bien de déterminer, et donc de dire ce qu’elle serait selon son idée. Loin du désir d’expliquer ce qu’est Dieu et le Royaume promis, il livre seulement deux choses à notre réflexion : il y a de la lumière (ainsi un des personnages en sortant du tombeau doit protéger ses yeux) et une paix et une pureté signifiées par les habits blancs. Belle métaphore de l’espérance.
Le lendemain, 15 juillet, nous souhaitons nous rendre rapidement vers l’immense lac Saïma, dont le dessin sur la carte ressemble à une dentelle. Mais comme une bonne centaine de kilomètres nous en séparent encore, nous décidons de prendre un bout de train. Les lignes sont peu nombreuses au centre de la Finlande, mais là il y en a une. Nous nous rendons donc à Naarajärvi et profitons de la voie ferrée jusqu’à Heinävasi.
Restent alors 55 kilomètres.
Et nous tenions à y être au soir du 15 juillet, car la journée du 16 s’annonce merveilleuse.
…. sous le soleil exactement !
Mais il n’y a qu’un moyen de se rendre sur cette île. Le canoë ou le bateau taxi local. Aucun véhicule n’est toléré sur cette île.
À bientôt pour la suite !