Si vous regardez bien le centre gauche de la photo, vous verrez une sorte de tunnel. En fait, ce sont d’anciens garages à…. Mig 23. Les avions de chasse soviétiques. Sans le savoir nous sommes entrés sur l’aéroport militaire le plus important en Estonie pour l’époque soviétique.
Toute une escadrille de chasseurs patrouillait depuis cette base, pointe occidentale avancée de l’URSS.
Mais elles ne nous empêchent pas de continuer notre chemin jusqu’à…
Et ainsi la journée avance, mais comme souvent….
Nous prenons donc un itinéraire « chemin »….
La route nationale qui relie Pãrnu à Riga est carrément suicidaire. Hyper fréquentée, sans bande d’arrêt d’urgence, Ghislain se souvient avoir vu un cycliste renversé alors qu’il y passait en voiture il y a dix ans.
La décision du bus est donc vite prise !
Nous arrivons en 2 h 30 à Riga, ville merveilleuse que nous avons visitée à fond il y a deux ans, et dans laquelle cette année nous ne flânerons qu’une journée.
Riga est aussi une capitale de la musique. En voici deux échantillons très différents dont nous avons pu jouir et que nous vous partageons : le premier dans la rue avec un jeune quatuor à vent ; le second dans la cathédrale luthérienne dotée d’un orgue exceptionnel où nous avons pu écouter un concert. Si vous avez 5 minutes, voici ci-dessous un morceau pour les virtuoses de l’instrument : la Toccata de Charles-Marie Widor (1844-1937). Cette partie de sa 5ème symphonie pour orgues est un must des concerts publics.
L’organiste est cachée derrière l’orgue gigantesque, mais on peut apprécier son jeu et l’assistance de sa collaboratrice à travers l’écran qui nous la montre interprétant Widor.
Mais il faut également songer aux besoins de la vie quotidienne.
Bref de la beauté, un peu de musique 🎶 et de visite, du nettoyage et…. il faut déjà quitter Riga.
Les trains sont compliqués ici, et il nous faut 6 heures pour réaliser une distance de 270 kilomètres seulement.
Il nous parle un peu de la situation dans les Pays baltes. Ils souffrent d’un paradoxe. L’économie est plutôt bonne chez eux, avec une croissance légèrement au-dessus de la moyenne européenne. Mais les jeunes diplômés émigrent beaucoup vers l’Irlande, le Danemark, la Norvège ou la Suède. Si vous ajoutez une démographie particulièrement faible (1,1 enfant par femme), vous avez une population déjà très petite (entre un million trois cent mille et deux millions huit cent mille habitants selon le pays) et qui continue de baisser. Le plus petit des trois, l’Estonie, est plus grand que la Suisse. Or la population est passée de 1,57 million d’habitants en 1990 à 1,36 million aujourd’hui.
Mais à partir de 1919, elle est devenue catholique : confession dominante de la Lituanie.
En parcourant la ville à vélo, nous rencontrons encore un monument qui rappelle la guerre lituanienne pour l’indépendance qui dura de 1918 à 1920. Inauguré en 1921, le monument comporte depuis 1934 une flamme au soldat inconnu. Chaque pierre de cette petite pyramide est issue d’un lieu où les Lituaniens ont combattu pour recouvrer leur liberté, et cette lutte a commencé dès le milieu du XIXe siècle.
Mais à vrai dire, le monument que vous voyez là est… une reconstruction de 1990.
Comme les autres Pays baltes, la Lituanie a donc énormément souffert de l’histoire des XIXe et XXe siècles. Le passé est très lourd. Les nombreux Juifs de Lituanie ont été massacrés et exterminés à l’arrivée des Nazis en 1941. Parmi eux toute la famille du philosophe Emmanuel Levinas a disparu. Ensuite, après la guerre, Staline déportera en Sibérie les Lituaniens récalcitrants ou suspects au regard du régime communiste. Nous vous recommandons à ce sujet la lecture du roman Quand les colombes disparurent, de Sofi Oksanen. Certes il parle des Estoniens, mais la persécution la plus radicale eut court dans les trois Pays baltes. L’histoire de ces derniers nous rappelle opportunément la valeur de la liberté qu’on aurait tort de croire, à l’ouest, acquise et assurée à jamais.
Mais revenons au présent et à ses joies malgré les inquiétudes que la Russie fait toujours peser sur le pays.
Et bien qu’ils aiment rappeler les « grands hommes », comme en témoigne…
À bientôt donc !