Transition balte

Publiée le 12/08/2026
De retour sur le continent, nous allons seulement traverser l’ouest des pays baltes jusqu’à la frontière polonaise, en alternant vélo, bus et train, pour nous permettre de découvrir les lacs Mazures et plus largement le nord de la Pologne que nous ne connaissons pas.

De retour à Haapsalu, nous quittons le dernier ferry du voyage vers 18 h
Tout de suite nous nous mettons en route par un sentier indiqué sur Google maps…
…. qui nous conduit vers un endroit pour le moins inattendu….

Si vous regardez bien le centre gauche de la photo, vous verrez une sorte de tunnel. En fait, ce sont d’anciens garages à…. Mig 23. Les avions de chasse soviétiques. Sans le savoir nous sommes entrés sur l’aéroport militaire le plus important en Estonie pour l’époque soviétique.

Toute une escadrille de chasseurs patrouillait depuis cette base, pointe occidentale avancée de l’URSS.

La piste abandonnée semble sans fin.
Elle ne sert plus aujourd’hui qu’à des courses de vitesse sur départ arrêté.
Des restes de barrière sont toujours là.

Mais elles ne nous empêchent pas de continuer notre chemin jusqu’à…

… un séduisant B&B en pleine campagne.
Tenu par un Estonien bon vivant…
Après un bon petit repas…
Le lendemain, route tranquille vers Pärnu.
enfin presque…🥴
…!!
Sans compter les rencontres indésirables…
Mais aussi le plaisir de contempler quelques beaux éléments d’architecture rurale.
.
Et de déguster un agréable pique-nique agrémenté de Kvass et …
… de délicieux insectes grillés !

Et ainsi la journée avance, mais comme souvent….

…. le meilleur est pour la fin …

Nous prenons donc un itinéraire « chemin »….

Mais nous constatons que la pluie des jours précédents a laissé de redoutables traces…
Après une heure d’enfer, nous nous en sortons.
Mais c’est pour tomber sur un taureau qui nous menace en soufflant.
Enfin, au terme d’une étape de 123 kms, nous entrons dans Pärnu. …
Avec ses restaurants à l’ancienne.
Où l’on se sent à l’aise.
Et pour terminer la soirée, un tour sur le front de mer.
Où la lune nous fait le cadeau de se lever sous nos yeux.
Le jeudi 30 juillet, nous quittons Pärnu, ville amie de la sagesse.
Puisqu’elle a choisi le symbole de l’éléphant.
….. Qu’elle décline de toutes les façons.
Mais justement nous décidons de retenir un autre type d’éléphant….

La route nationale qui relie Pãrnu à Riga est carrément suicidaire. Hyper fréquentée, sans bande d’arrêt d’urgence, Ghislain se souvient avoir vu un cycliste renversé alors qu’il y passait en voiture il y a dix ans.

La décision du bus est donc vite prise !

Nous arrivons en 2 h 30 à Riga, ville merveilleuse que nous avons visitée à fond il y a deux ans, et dans laquelle cette année nous ne flânerons qu’une journée.

L’élégance prime à Riga.
Et le passé y est prestigieux.
C’est aussi une splendeur de la fin XIXe et une des reines de l’ « art nouveau »
-
Le « Monument de la liberté », construit en 1935….
.

Riga est aussi une capitale de la musique. En voici deux échantillons très différents dont nous avons pu jouir et que nous vous partageons : le premier dans la rue avec un jeune quatuor à vent ; le second dans la cathédrale luthérienne dotée d’un orgue exceptionnel où nous avons pu écouter un concert. Si vous avez 5 minutes, voici ci-dessous un morceau pour les virtuoses de l’instrument : la Toccata de Charles-Marie Widor (1844-1937). Cette partie de sa 5ème symphonie pour orgues est un must des concerts publics.

Les grandes orgues exceptionnelles de la cathédrale luthérienne de Riga

L’organiste est cachée derrière l’orgue gigantesque, mais on peut apprécier son jeu et l’assistance de sa collaboratrice à travers l’écran qui nous la montre interprétant Widor.

Mais il faut également songer aux besoins de la vie quotidienne.

Aussi nous saisissons l’occasion de cette pause pour….

Bref de la beauté, un peu de musique 🎶 et de visite, du nettoyage et…. il faut déjà quitter Riga.

En quittant la ville cette fois par le train, jusqu’à Kaunas en Lituanie.

Les trains sont compliqués ici, et il nous faut 6 heures pour réaliser une distance de 270 kilomètres seulement.

Mais le train favorise les rencontres….

Il nous parle un peu de la situation dans les Pays baltes. Ils souffrent d’un paradoxe. L’économie est plutôt bonne chez eux, avec une croissance légèrement au-dessus de la moyenne européenne. Mais les jeunes diplômés émigrent beaucoup vers l’Irlande, le Danemark, la Norvège ou la Suède. Si vous ajoutez une démographie particulièrement faible (1,1 enfant par femme), vous avez une population déjà très petite (entre un million trois cent mille et deux millions huit cent mille habitants selon le pays) et qui continue de baisser. Le plus petit des trois, l’Estonie, est plus grand que la Suisse. Or la population est passée de 1,57 million d’habitants en 1990 à 1,36 million aujourd’hui.

À la nuit tombante, nous arrivons à Kaunas.
Nous profitons du lendemain matin pour découvrir cette ville…
Avec un chœur très romain. On songe à certaines églises du Vatican.
Ici un retable apparemment gothique flamboyant, mais en fait il s’agit de néogothique
L’église Saint-Michel archange, elle, est singulière.

Mais à partir de 1919, elle est devenue catholique : confession dominante de la Lituanie.

Son intérieur est très sobre.
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Mais les peintures de son chemin de croix sont éminemment kitsch !
Sur le chemin nous voyons aussi la mosquée de la ville.

En parcourant la ville à vélo, nous rencontrons encore un monument qui rappelle la guerre lituanienne pour l’indépendance qui dura de 1918 à 1920. Inauguré en 1921, le monument comporte depuis 1934 une flamme au soldat inconnu. Chaque pierre de cette petite pyramide est issue d’un lieu où les Lituaniens ont combattu pour recouvrer leur liberté, et cette lutte a commencé dès le milieu du XIXe siècle.

L’inscription au milieu signifie : « À ceux qui sont morts pour la liberté de la Lituanie

Mais à vrai dire, le monument que vous voyez là est… une reconstruction de 1990.

Car les Soviétiques n’avaient pas supporté la présence de ce monument….
Mais l’oppression russe ne relève pas seulement des temps communistes, car…

Comme les autres Pays baltes, la Lituanie a donc énormément souffert de l’histoire des XIXe et XXe siècles. Le passé est très lourd. Les nombreux Juifs de Lituanie ont été massacrés et exterminés à l’arrivée des Nazis en 1941. Parmi eux toute la famille du philosophe Emmanuel Levinas a disparu. Ensuite, après la guerre, Staline déportera en Sibérie les Lituaniens récalcitrants ou suspects au regard du régime communiste. Nous vous recommandons à ce sujet la lecture du roman Quand les colombes disparurent, de Sofi Oksanen. Certes il parle des Estoniens, mais la persécution la plus radicale eut court dans les trois Pays baltes. L’histoire de ces derniers nous rappelle opportunément la valeur de la liberté qu’on aurait tort de croire, à l’ouest, acquise et assurée à jamais.

Mais revenons au présent et à ses joies malgré les inquiétudes que la Russie fait toujours peser sur le pays.

Les Lituaniennes célèbrent joyeusement les enterrements de vie de jeune fille.

Et bien qu’ils aiment rappeler les « grands hommes », comme en témoigne…

… cette statue toute récente (2023) du Grand duc Alexandre Jagellon.
Les Lituaniens d’aujourd’hui savent aussi se moquer de leurs grands personnages.
Mais il est temps de partir pour la Pologne où nous reprendrons le parcours à vélo.
Pour l’instant, ils sont solidement attachés à l’arrière du bus.
Mais à Suwalki, en Pologne, ce dimanche 2 août, nous les réenfourchons….

À bientôt donc !

1 commentaire

MPB

WHAOUH !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

C est génial !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Marie-Paule

  • il y a 29 minutes