Bhuj

Publiée le 02/06/2026
J'ai passé 5 jours à Bhuj, une ville fascinante, qui a énormément souffert du tremblement de terre de 2001. Les environs sont très intéressants, notamment le Kutch.et les ruines de la ville pluri millénaire de Dholavira.

Jeudi 30 octobre 2025

J'ai à nouveau commandé une voiture avec chauffeur car la route est longue jusqu'à Bhuj. Nous partons à 9 H. La voiture est extrêmement confortable, heureusement, car la route qui nous attend n'est pas la meilleure qui soit. Par moments elle est excellente, à d'autres elle est en pleins travaux et se transforme en piste. Une horde de camions défile en permanence. Mon chauffeur est un virtuose, il a l'art de slalommer entre les camions tout en restant très prudent.

Nous restons à l'arrêt assez longtemps à un passage à niveau. C'est là que j'aperçois un hijra, un homme transgenre habillé en sari et maquillé. Il mendie, mais se contente de me faire un grand sourire en passant devant ma voiture. J'en verrai encore un autre à un péage.

Nous mettrons à peine 5 heures pour atteindre Bhuj, ce qui est un record. L'hôtel Fun & Food est situé sur une route périphérique très fréquentée. La réception est au premier étage (avec ascenseur). Les locaux sont flambant neufs et la chambre sent encore la peinture fraîche, ce qui n'est pas très agréable, mais tout est propre et le lit semble confortable.

En fin d'après-midi, je fais une petite promenade dans les environs. La ville me semble très poussiéreuse, mais les gens sont extrêmement aimables. Dans une petite rue transversale, je prends des photos et j'ai bientôt tous les habitants du voisinage autour de moi.

Premiers pas à Bhuj
Premiers pas à Bhuj
Premiers pas à Bhuj
Premiers pas à Bhuj

Vendredi 31 octobre 2025

Aujourd'hui, deux jeunes, appelés par l'hôtel, vont me faire visiter en tuk tuk les principaux monuments de la ville.  Le premier sera le temple de Swaminarayan, une énorme pâtisserie toute blanche avec de délicates sculptures et une forêt de colonnes. C'est un temple hindou, on peut prendre autant de photos que l'on veut, je ne m'en prive pas.

Le temple de Swaminarayan
Le temple de Swaminarayan
A l'intérieur du temple
Le temple de Swaminarayan
Le temple de Swaminarayan
Le temple de Swaminarayan
Le temple de Swaminarayan.

Je vais ensuite m'arrêter au musée du Kutch, très intéressant, mais photos interdites. Dans des vitrines sont mises en scène, dans leurs costumes traditionnels,  les différentes ethnies qui peuplent encore le Kutch. On y représente toujours un couple : la femme s'active  alors que l'homme se repose !

Des sculptures millénaires sont aussi présentées, mais ce qui m'a le plus émerveillée, ce sont les vêtements brodés à l'aide de points d'une finesse extrême. Quel travail extraordinaire !

Nous nous rendons ensuite au Prag Mahal, qui fait partie d'un ensemble de 3 palais construits à la fin du 18e siècle. Il a énormément souffert du tremblement de terre de 2001, mais a été reconstruit en partie. Des travaux sont toujours en cours. Le Durbar Hall est une merveille.

Le Prag Mahal
Le Prag Mahal
Le Prag Mahal
le Durbar Hall
le Durbar Hall

Je n'aurai malheureusement pas le temps de visiter l'Aina Mahal, le palais fermant à 12h15 et ne réouvrant qu'à 15 h.  Je me promets d'y retourner un autre jour.

Nous allons donc visiter un autre site : Chatardi. Ce sont les cénotaphes des Maharadjhas. On peut y constater les ravages du tremblement de terre, mais cela donne un charme inattendu au site. Les photos y sont interdites, mais on peut utiliser un portable ! Le gardien étant resté à l'entrée, loin des monuments, je ne vais pas me gêner pour utiliser mon appareil photos, d'autant plus qu'Il y a beaucoup de visiteurs indiens qui mitraillent avec leurs téléphones.

les cénotaphes des Maharadjhas
les cénotaphes des Maharadjhas
les cénotaphes des Maharadjhas
les cénotaphes des Maharadjhas
les cénotaphes des Maharadjhas

Retour à l'hôtel pour un moment de repos. Vers 16 h, je ressors pour aller à la gare, essayer d'acheter un billet de train pour Ahmedabad où je dois retourner mardi. La route qui mène à la gare est dans un état épouvantable. Aux guichets, il y a une queue formidable et une bousculade qui l'est tout autant. Je finis par arriver à portée de voix de l'employé pour m'entendre dire que les billets pour le train de 5 H 15 ne sont vendus que 48 H avant ! Il me faudra donc revenir dimanche.

Samedi 1er novembre 2025

J'ai rendez-vous ce matin avec mes deux conducteurs de la veille, pour aller voir entre autres le "white Desert". En chemin, je demande si l'on peut pousser jusqu'à Dholavira qui est dans la même direction. C'est un site archéologique de la civilisation de l'Indus. Les restes les plus anciens ont 5000 ans. Pour y arriver, il faut emprunter la "road to Heaven", une chaussée surélevée longue de 30 km qui permet de franchir un bras de mer pour rejoindre l'île saisonnière de Dholavira. J'aime beaucoup ce passage sur la route du ciel, on a vraiment l'impression de rouler sur la mer.


la "road to Heaven"
sur la "road to heaven"
sur la "road to heaven"

L'entrée du site de Dholavira est gratuite, il faut juste décliner son identité en détail. Il fait très beau, donc très chaud. Après avoir parcouru un sentier d'une centaine de mètres, on arrive à la porte de la ville dont il ne subsiste que des murailles, très frappantes. Plus loin, des citernes, des puits, des fondations de maisons, d'ateliers. Les murs qui restent sont merveilleusement bien construits. Je suis émue, cinq millénaires se sont écoulés. Comment cette ville a-t-elle disparu ?

Il y a beaucoup de visiteurs, des familles indiennes. Je prends bien mon temps pour faire le tour complet du site.

La porte de la ville
les ruines de Dholavira
les ruines de Dholavira
Une citerne ?
un puits à degrés

Nous reprenons la "road to Heaven" en sens inverse pour aller aux "Black Hills". Le paysage devient plus vallonné à mesure que l'on s'approche de ce site. En passant dans un petit village, je vois des femmes qui portent d'énormes ballots d'herbe sur la tête. Je demande à faire un arrêt photo. Les femmes n'ont pas l'air d'apprécier. Elles cachent leurs visages avec leur voile et semblent en colère. Je décide alors de renoncer aux visites de villages que j'avais l'intention de faire, d'autant plus que des enfants se jettent presque sous les roues de la voiture pour vendre des babioles. Tout cela me met très mal à l'aise.

Deux villageoises du Bhuj

Les Black Hills sont des montagnes qui contiennent soi-disant des minéraux à caractère magnétique. J'ai plutôt l'impression d'être sur des montagnes russes, la route ne faisant que monter et descendre. On arrive à un "sunset point" où il y a foule. Les voitures doivent s'arrêter un peu avant. Il faut continuer à pied ou à dos de chameau, ce que je me garde bien de faire. En réalité, le chemin à parcourir est très court, des escaliers pour changer. On arrive devant un panorama superbe, mais un peu brumeux malheureusement.

un des escaliers menant au Sunset point
On peut y aller à dos de chameau
la vue depuis le sunset point
la vue depuis le sunset point

Le dernier site à visiter est le "désert blanc". J'en attends beaucoup, mais je serai déçue. Cette année, il n'y a pas de désert blanc. Il y a encore trop d'eau. Les bonnes années, l'eau s'évapore et le sol est recouvert d'une épaisse couche de sel. Un festival avait été prévu en décembre, il sera annulé.


Cette année, pas de désert blanc

Nous retournons à Bhuj dans une circulation d'enfer, d'énormes camions entre lesquels il faut slalommer. A la tombée du jour cela devient encore plus dangereux. Pourtant le coucher de soleil est somptueux. On voit les bergers qui rassemblent leurs troupeaux de buffles autour de leur campement. C'est magique. De temps en temps, de petites étendues d'eau, peuplées de centaines d'oiseaux, rompent la monotonie du paysage. La lumière est superbe. Nous rentrons à l'hôtel à la nuit.

sur la route du retour
sur la route du retour
sur la route du retour

Dimanche 2 novembre 2025

Ce matin, je dois aller acheter mon billet de train pour Ahmedabad. A la gare, il n'y a pratiquement personne au guichet et j'obtiens très facilement mon billet pour 455 Rps !

Je vais ensuite au palais Aina Mahal.  Il faut payer 100 Rps pour l'appareil photo, ce que je fais volontiers et je ne le regretterai pas. Ce palais est le plus beau de tous ceux que j'ai vus. On remarque beaucoup d'influences occidentales, mêlées au foisonnement oriental. C'est très très beau. A noter : le lit du Maharadjah aux pieds d'or et le grand nombre de magnifiques miroirs qui tapissent les murs.

A l'entrée, on peut voir un rouleau de peinture de 15 mètres de long qui représente une parade officielle.


L'entrée de l'Aina Mahal
Un fragment de la parade
Un fragment de la parade
Une salle de l'Aina Mahal
Le lit aux pieds d'or
d'immenses miroirs tapissent les murs
un magnifique miroir
Un superbe plafond

En sortant du palais, une pluie très fine se met à tomber. Comme j'ai emporté mon parapluie, je continue ma promenade dans les ruelles adjacentes.

L'entrée d'un temple, malheureusement fermé

J'entends des chants provenant d'un temple voisin. Je m'y arrête. Il y a une cérémonie, une foule qui chante et qui danse au milieu des lumières éblouissantes de l'autel, les hommes d'un côté, les femmes de l'autre bien entendu. J'y reste un bon moment, je prends même une chaise pour assister au spectacle.

Je vais ensuite faire le tour du lac qui n'est pas aussi bien aménagé qu'à Jamnagar. De la route circulaire, on n'a que très peu d'échappées sur le lac. Au cours de ma balade, je croise des gardiens de troupeaux en pleine ville, un drôle d'oiseau, une lavandière et des gamins qui se baignent.

une des rares échappées sur le lac
Des gardiens de troupeau en pleine ville
un drôle d'oiseau
une lavandière
Des gamins qui se baignent

Lundi  3 novembre 2025

Ce matin, je traîne un peu. J'ai visité à peu près tout ce qu'il y a à voir à Bhuj. Il me reste à monter jusqu'au temple perché sur la colline qui domine la ville. Il fait très beau, mais heureusement quelques nuages viennent cacher le soleil de temps en temps. 

Je prends un tuk-tuk qui me dépose à l'entrée du chemin qui mène au temple. C'est un vrai sentier de montagne avec des marches très hautes et en mauvais état. Encore une fois, j'aurais dû prendre mes chaussures de randonnée et mes bâtons... Je galère un peu, mais le panorama devient de plus en plus beau au fur et à mesure de la montée. De l'ancienne forteresse ne subsistent que quelques fortifications.

Il s'agit de monter jusqu'au petit temple
La vue est belle sur la ville
de plus en plus belle

J'arrive presque jusqu'au temple, mais les dernières marches me semblent tellement périlleuses que je renonce à monter plus haut. Un groupe de jeunes gens m'a précédée au sommet. Je me dis que je pourrais redescendre avec eux, ils pourraient m'aider dans les passages difficiles, et ils vont le faire en me donnant la main. Ils sont très gentils et parlent bien anglais. En arrivant en bas, nous allons passer un bon moment à discuter.

je ne monterai pas plus haut !

Tout va bien, je ne suis pas tombée, nous sommes en terrain plat et je reste seule à me reposer sur un banc. Il reste un petit bout de chemin à parcourir pour regagner la route. Tout à coup, j'entends derrière moi des clochettes, c'est un troupeau de chèvres qui descend de la montagne avec deux bergers. D'autres troupeaux se sont rassemblés en bas.

un troupeau qui descend de la montagne
un troupeau qui descend de la montagne
D'autres troupeaux se sont rassemblés devant un temple

Je trouve facilement un tuk-tuk qui me ramène au centre ville où je vais à nouveau contempler le Prag Mahal avant de regagner l'hôtel.

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