Singapour, telle Icare

Publiée le 10/03/2020
Singapour, la ville-état. La richissime. L’extravagante. La spectaculaire. La ville du lion. La ville qui pousse à la verticale. C‘est à se demander si, comme Icare, cette cité si ambitieuse finira un jour par se brûler les ailes à force de vouloir avoisiner le soleil.

Quatre jours à visiter Singapour, ville dantesque à la fois grandiose et brûlante, qui nous laisse un peu pantois. Comment ne pas admirer cette communauté polyglotte, métissée, policée, où tous semblent avoir droit de cité ? Comment ne pas être heurtés par cette ville dégoulinante de richesse et d’arrogance ? On n’est même pas certain que « sky is the limit », tellement cette ville a décidé de prendre sa place au soleil et qu’elle miroite de tous ses feux. Ville aveuglante. Wikipedia nomme bien sa singularité: « La cité-État est considérée comme un pays pratiquant le libéralisme économique sans le libéralisme politique ».

Malgré certaines réserves, nous avons fait honneur à la ville, visitant d’abord le quartier indien. Nous y avons dégusté un riz byriani si épicé qu’Adèle a failli perdre connaissance. La patronne du resto lui a apporté du yaourt nature pour calmer le feu. Le lendemain, c’est Geneviève qui a failli perdre sa langue après une seule bouchée de nouilles épicées au sambal oelek.

Gardens by the bay ont su nous conquérir: fleurs exotiques, jardins thématiques, forêt tropicale, lac d’oeufs géants de libellule, à l´ombre des célèbres arbres qui s´illuminent le soir venu.  

La chaleur et les orages sont si intenses à Singapour que l’aménagement urbain prévoit de larges allées couvertes et une vie souterraine perpétuellement climatisée. Le soir venu, même s’il la chaleur reste dense, il est doux de se promener dans le jardin botanique ouvert jusqu’a minuit. Joggeurs, marcheurs et visiteurs ombragent le domaine classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Il nous a manqué de temps pour prendre toute la (dé)mesure de Singapour, mais notre hôtel a été un chouette laboratoire. Notre chambre pensée comme une cellule spatiale/spartiate a confirmé notre capacité familiale à la promiscuité. Et comme rien ne peut être à Singapour comme ailleurs, nous avons pu bénéficier des services aux chambres des deux robots en fonction. Vous dire les yeux d’Adèle quand Yolanda, la robot #2, est venue nous porter des serviettes...

À notre départ de Taipei, nous avons constaté notre chance d’avoir encore un vol confirmé, bien qu’à moitié vide. Avec toutes les restrictions liées au Coronavirus, il devient complexe de transiter. Pour l'instant, il semble que nous ayons un itinéraire béni.

Si nous avons été chanceux à l´arrivée, quitter Singapour s’est avéré plus laborieux. Les autocars pour la Malaisie sont éparpillés dans la ville, sans organisation. Transport de pauvres dans une ville pétée de thunes, selon la judicieuse expression de Philippe.

Et notre passage à la frontière malaise, avec nos estampilles du Japon et de Taïwan, nous a valu une entrevue en règle avec prise de température et de la pression artérielle dans une ambiance martiale. Rassurez-vous, nous oscillons quotidiennement entre 36,8 et 37,2 de température corporelle, en parfaite harmonie avec la météo qui affiche pareils degrés. 

2 commentaires

Andrée

andreepilonquiviger

Merveilleux partage avec quiconque est sûr de ne jamais aller à Singapour. La sym- bolique d'Icare est on ne peut mieux choisie. Très beau texte. Merci de ne pas garder tout ça pour vous tout seuls. En tout cas, je profite de chaque photographie.

  • il y a 3 ans

Coquine

Quelle chance de visiter un peu Singapour à travers vous! Belle ville pleine de richesses!

  • il y a 3 ans