Nature gaspésienne

Publiée le 15/06/2016
On ne va pas se mentir, la Gaspésie, on y allait pour continuer à prendre notre grand bol d'air frais. Grâce aux paysages magnifiques du bord du Saint-Laurent, mais aussi aux parcs nationaux.

Réserve faunique de Matane

Cette réserve est réputée pour avoir l'une des plus grandes densités d'orignaux (une sorte de grand caribou, avec une tête de chameau) de la région (plusieurs milliers selon le dépliant). Loin d'être l'animal le plus beau au monde, ce cervidé impressionne surtout par sa taille. D'ailleurs, la réserve est un haut lieu de chasse de ce cervidé, mais également de l'ours noir. Bonne nouvelle pour les lapins, qu'on laisse enfin un peu tranquilles.

Bref, on nous a promis des orignaux, on veut les voir maintenant ! C'est donc le cœur léger et l’œil vif, alertes au moindre mouvement dans la végétation, que nous nous lançons dans une courte randonnée de 2 heures le long du lac Matane, direction un camping en pleine nature.

Soudain, au détour d'un sentier, on semble apercevoir un orignal couché. Enfin, notre première rencontre avec cet animal impressionnant ! Nous nous approchons sans bruit vers lui afin de ne pas le réveiller. Sans doute impressionné par nos talents d'infiltration, l'animal ne bouge toujours pas. Nous nous demandons si nous ne l'avons pas confondu avec une pierre, mais arrivés à une dizaine de mètres de lui, nous avons bien eu la confirmation que c'était bien ce majestueux cervidé, dégageant malheureusement une inqualifiable odeur de... mort. Odeur qui nous restera dans les narines des heures durant. Sans doute pas la meilleure expérience qu'on aurait pu souhaiter.

Faisons abstraction de cette malencontreuse anecdote ; la réserve faunique est un bel endroit, parsemé de lacs et de sentiers de randonnée. Mais qui reste malgré tout un haut lieu de chasse et de pêche.

Une image d'orignal (vivant) libre de droit

Parc national de la Gaspésie

Gros coup de cœur pour cet immense parc national, niché dans le massif montagneux des Chic-Chocs. La météo ne nous a permis d'y rester qu'une seule journée, mais il aurait fallu y camper plusieurs jours pour tout voir. Tous les sentiers n'étaient pas encore ouverts (certains n'ouvrent que le 24 juin), et notre choix de randonnées était restreint. Par chance, nous sommes arrivés le jour de l'ouverture du sentier du mont Albert. Jour important au vu de l'éclair de fierté qui a illuminé le visage de l'employée du parc qui nous a annoncé la bonne nouvelle, et fait payer les droits d'entrée. Mais aussi parce que l'hôtesse du gîte auquel nous avons dormi la veille nous avait chaudement recommandé d'en faire l'ascension (d'ailleurs, nous l'avons croisée sur le chemin avec ses amies...). Le plateau au sommet rappelle les paysages de toundra et abrite une horde de caribous des montagnes.

Le mont Albert culmine à 1151 m, ce qui est plutôt pas mal. Nous avions le choix entre l'ascension aller-retour (850 m de dénivelé, 5 heures de marche) et la grande boucle (870 m de dénivelé, 7 à 8 h de marche). Comme nous étions arrivés un peu tard, nous avons opté pour la solution la plus courte, un choix très judicieux.

Le sentier était marqué comme difficile +++ sur la brochure du parc. Très bonne évaluation. Les 400 derniers mètres surtout étaient un beau défi : des plaques de neige verglacées à escalader et surtout, toute dernière étape, une pente neigeuse à pic, à escalader en s'aidant d'une corde. Tonio se fait peur à la montée (bilan : deux majeurs brûlés suite à une glissade malencontreuse).

En haut, notre espoir de voir des caribous s'effondre : le plateau est désespérément vide d'animaux.


Au sommet du mont Albert - L’absence de caribous sur cette photo est frappante.
Dernière ligne droite pour accéder au sommet
Sommet du mont Albert

Au moment de redescendre la corde, grosse crise de vertige merveilleusement maîtrisée grâce à des techniques de relaxation ancestrales (respirer profondément, regarder ses pieds, imaginer un monde merveilleux peuplé de poneys magiques). Bien entendu, B. s'offre une petite frayeur avec une glissade magistrale qui l'aurait menée s'écraser sur les sapins 50 mètres plus bas si elle ne s'était pas retenue à la corde.

Finalement, on parvient au bas de la pente sur les fesses, tout en élégance, et on entame les deux heures trente de pétage de genoux en descente.

Un bel exploit pour nous vu notre condition physique actuelle - et une ascension qui vaut définitivement le coup. Les paysages sont incroyables, avec un sentier forestier, parfois bien ardu, qui croise de mignons cours d'eau et de beaux points de vue.

Parc national de Forillon

Notre visite du parc de Forillon était assez improbable... Après une journée de temps pourri, on arrive en milieu d’après-midi dans une auberge à proximité avec l’idée de se poser et de profiter du Wi-Fi pour blog-trotter. On avait décidé de visiter le parc de Forillon le lendemain s’il faisait beau (sachant que la météo annonçait un début de tempête dans le coin...) ou de continuer la route en faisant l’impasse dessus s’il faisait mauvais. Mais à notre arrivée, l’employé de l’auberge nous recommande de profiter de l’éclaircie qui arrivait pour aller tout de suite et sans attendre faire une randonnée de deux petites heures dans le parc, en bord de falaise, pour observer les baleines et les phoques, et pourquoi pas croiser quelques animaux rigolos tels que porcs-épics ou castors. Toujours prompts à saisir une opportunité (et à faire ce qu’on nous dit), on se rend donc au parc de Forillon, sans attente particulière.


Le ton est donné : le sentier commence par un panneau "Sentier fréquenté par les ours". Les brochures recommandent de parler et de faire de bruit le long du chemin pour ne pas que les ours s’approchent. Ce que nous faisons. Ayant épuisé à peu près tous les sujets de conversation qui se présentaient à nous (météo, gastronomie, ouverture de l’Euro 2016), on décide de commencer à se raconter des blagues de Toto, ce qui, nous en sommes certains, ne pourra que faire fuir les ours.

On quitte le chemin principal pour suivre le sentier réservé aux piétons qui descend au bas de la falaise, et au détour d’un virage, on aperçoit un ours noir à quelques dizaines de mètres. Le plantigrade n’a pas l’air de nous remarquer... On fait demi-tour pour revenir sur le sentier VTT, parallèle au chemin piéton, mais qui nous permet d’admirer les paysages d’en haut. Les rorquals sont présents en troupeaux, on les observe à la jumelle. On croise quelques porcs-épics, et ce qu’on pense être un vison. Le paysage en bord de falaise est vraiment incroyable, so canadien !

Parc de Forillon
Notre nouvel ami le porc-épic

Rencontre avec un ours noir

Nous arrivons donc au bout de la falaise, au Cap-Gaspé. Le vent souffle et il commence à faire bien froid... Nous faisons demi-tour et nous croisons un couple de Québécois qui nous prévient qu’un ours se trouve sur le bord du sentier à une centaine de mètres. « Il est calme, nous disent-ils, mais faites bien attention à ne pas passer à côté tant qu’il ne s’est pas enfui. » 

On se doute bien qu’il s’agit du même spécimen que nous avions observé en contrebas un peu plus tôt. Effectivement, cent mètres plus loin, l’ours se trouve au bord du sentier, en train de brouter des pissenlits.

Deux options se présentent alors à nous : 

1. Suivre les consignes données à l’entrée du parc, c’est-à-dire parler à l’ours en levant les bras pour se faire plus grand qu’on ne l’est, éventuellement lui jeter toute la nourriture qu’on transporte, et si ça ne marche toujours pas, s’éloigner à reculons.

2. L’égorger au couteau suisse.

Notre nature prudente nous incite à opter pour la première solution, bien que la deuxième eusse fait une bien meilleure anecdote sur ce blog. Pendant plusieurs minutes, Tonio tente de se faire respecter en agitant les bras et en demandant à l’ours de bien vouloir partir, sans succès (ce qui est loin de nous rassurer pour le cas où on ait un jour des oursons à élever). L’ours continue à brouter ses pissenlits comme si de rien n’était. On commence à se demander s’il est aveugle ou complètement con*. Soudain, heureux retournement de situation (ou plutôt retournement de vent) : l’ours finit par nous voir avec son nez. On est enfin dans le sens du vent, l’animal a repéré notre odeur pestilentielle d’humain et se précipite dans le sous-bois. 

On peut passer. On était prêts à négocier le passage contre une banane ou une poignée de raisins secs, mais finalement, pas eu besoin. Tant pis pour lui.


* On nous a confirmé le soir-même que l’ours voit très mal et se repère surtout à l’odorat. Nous regrettons donc d’avoir préjugé des capacités intellectuelles de cet animal, qui surpasse certainement celles de certains de nos congénères.

Notre nouvel ami l’ours noir

Un peu après, on a la chance de pouvoir observer deux petits castors en train de nager au lieu-dit Le Castor (ce qui est pratique). Une petite hutte (?) de castor dans un lac, des individus qui nagent, avec pour bande sonore uniquement le champ des oiseaux... Le paradis. :-)

Gaspésie, le paradis des amoureux de la nature

Quand on a besoin de nature, la Gaspésie est un endroit parfait... Le parc national de la Gaspésie est vraiment à ne pas rater pour les randonneurs, et le parc de Forillon était vraiment une très très belle surprise, accessible à tous. La côte nord, qui suit le Saint-Laurent jusqu’à son embouchure, offre des paysages et des couchers de soleil magnifiques. Vraiment dommage que la météo n’ait pas joué le jeu. On n’a eu que quelques jours de beau temps, et il a fallu la jouer finement pour profiter au maximum de la moindre éclaircie.

On a aussi profité de quelques jours de déconnexion totale, notre réseau mobile Free n’étant pas du tout disponible en Gaspésie...

2 commentaires

nathdum

Fantastique ce récit ! :-)
Et cet humour... qui me manque déjà... des bisous pour les voyageurs !

  • il y a 6 ans

TonioEtLittleB

Merci :) On continue en Irlande pour pas que ça te manque ok ?
Allez viens, on est bien.
A.

  • il y a 6 ans