Monastère de Poblet

Publiée le 27/06/2026
Bâtit en 1150 par le comte Ramon Berenguer IV, il s'agit de l’un des plus grands et prestigieux monastères cisterciens d’Espagne. Niché au cœur des collines de la Conca de Barberà, cet édifice gothique et roman servit de panthéon royal à la Couronne d’Aragon.

L'Histoire du monastère de Poblet, une histoire multifonctionnelle

Le monastère de Poblet a été fondé vers 1150 par le comte de Barcelone et prince d’Aragon, Raimond-Bérenger IV, afin d’y installer une communauté de moines cisterciens. Au fil des XIIᵉ et XIIIᵉ siècles, il s’agrandit jusqu’à devenir l’une des plus grandes abbayes cisterciennes d’Europe. Grâce à son influence spirituelle, culturelle et économique, il participe activement au développement de la Catalogne médiévale. Sa bibliothèque et son scriptorium sont réputés, tandis que les rois de la Couronne d’Aragon choisissent l’abbaye comme lieu de sépulture. Entouré de murailles, le monastère est à la fois un centre religieux, un palais royal et une forteresse. Après la confiscation des biens de l’Église en 1835, il est abandonné et pillé, avant d’être restauré au XXᵉ siècle. Les moines y reviennent en 1940, et le site est aujourd’hui l’un des monuments les plus emblématiques de Catalogne.

Anecdote sur la vie du monastère

- La sélection des moines 

On ne devient pas moine par sa seule volonté. Dans le processus de la vocation, Dieu joue un rôle très important, aujourd'hui comme à l'époque où les communautés étaient plus nombreuses. Seuls quelques élus répondent à cet appel et acceptent de suivre la règle dans toutes ses exigences. Cependant, le moine ne parcourt pas ce chemin seul : il est accompagné par la présence fraternelle des autres frères, sous la direction de l'abbé.

Lorsque le comte Bérenger s'empara de ces terres, il eut pour ambition de les repeupler. Pour cela, il pensa aux cisterciens. Il avait découvert cet ordre dans le Languedoc, où la rigueur de leur vie et leur goût pour le travail manuel l'avaient profondément impressionné. Les communautés cisterciennes étaient composées de deux catégories de frères : les moines de chœur et les frères convers. Les moines se consacraient principalement à la prière, au culte et aux activités spirituelles, tandis que les frères convers étaient chargés des travaux agricoles et artisanaux.

La communauté qui s'installa à Poblet au milieu du XIIe siècle provenait de l'abbaye de Fontfroide, située dans l'Aude. Ainsi, l'admiration de Bérenger pour les ordres religieux Français, le monastère de Poblet n'aurait sans doute jamais vu le jour, du moins pas comme nous le connaissons actuellement. 

- Les tours du monastère de Poblet

Les cisterciens sont des moines qui suivent les préceptes de saint Benoît et qui, de ce fait, mènent une vie rude. L'austérité, le travail manuel et intellectuel ainsi que la prière guident leurs pas, plutôt que les biens matériels, les rentes ou la possession de domaines seigneuriaux, comme ce fut le cas pour l'abbaye de Cluny, située en Bourgogne, grande abbaye bénédictine.

Au fil des siècles, le monastère de Poblet n'a pas non plus échappé à certaines dérives, notamment après avoir obtenu la protection des rois d'Aragon et des comtes de Barcelone. La cupidité et l'opportunisme étant le propre de l'Homme, la richesse accumulée a parfois éloigné la communauté de l'idéal de pauvreté prôné par ses fondateurs.

La communauté actuelle se veut l'héritière des valeureux moines venus de Fontfroide, mais aussi de ceux qui, au milieu du XXe siècle, ont posé les bases de ce que représente aujourd'hui Poblet sur les plans social, historique, patrimonial et religieux.

Le monastère est doté d'épaisses murailles médiévales construites à la demande du roi Pierre le Cérémonieux. Leurs douze tours évoquent les douze portes de la Jérusalem céleste décrites dans l'Apocalypse. Pour entrer dans le cloître où résident les moines, il faut nécessairement franchir cette enceinte fortifiée.

- Le cloître du monastère 

Les cloîtres dans les lieux religieux ne sont pas sans significations : Ils représentent la félicité et le paradis qui attend chaque Homme au bout du chemin : Un endroit de paix et de quiétude ou les moines peuvent faire leurs rondes quotidiennes afin de communier avec la nature. C'est une manière de reconnecter l'Homme avec la spiritualité de la nature que Dieu a créer à l'origine pour qu'elle puisse être profitable à l'Homme. C'est d'ailleurs pour cela que tous se sentent si bien dans les jardins des monastères, ils sont faits pour être hospitaliers, ce qui n'est pas toujours le cas des imposants murs de pierre froids présent dans le reste de l'Abbaye. La richesse d'un monastère cistercien ne réside pas dans les filigranes mais dans l'accord profond entre la forme et le fond: Les quatrelles du cloitre qui ferment le jardin symbolisent les quatre dimensions de l'être humain : La première galerie est l'aile corporelle, sans perdre de vue d'autres considérations plus élevée, c'est là que les moines nourissent leur corps, l'aile animique est celle ou les moines noruissent leurs esprits par l'étude des textes liturgiques et culturels, l'aire spirituelle est celle de l'église ou les moines se rassemblent pour l'office divin et l'eucharistie, et la dernière est l'aile sociale : celle qui s'étend au dela des murs du monastère, heureux est celui qui prend souci du pauvre. 

Dans l'aile corporelle : 

- La cuisine 

La cuisine nourrit une communauté nombreuse. Durant la belle saison, lorsque les journées sont plus longues et que le travail est plus intense, les moines prennent deux repas par jour ; en hiver, un seul repas leur est servi. Les frères se servent mutuellement et personne n'est dispensé du service de cuisine, sauf en cas de maladie, d'invalidité ou lorsqu'il est chargé d'une tâche jugée plus utile à la communauté. Aujourd'hui encore, chaque tour de service dure une semaine, d'où l'expression « serviteur de semaine ». La cuisine possède deux passe-plats qui communiquent chacun avec un réfectoire distinct : celui des moines de chœur et celui des frères convers. Cette organisation reflète la séparation traditionnelle qui existait entre les deux catégories de religieux au sein des communautés cisterciennes.

- Le pavillon du lavabo 

Le lavabo remplissait avant tout une fonction pratique. De retour du travail, les moines venaient s'y laver les mains avant d'entrer dans le réfectoire. La vasque était équipée de trente-quatre petits tuyaux, permettant à plusieurs frères de se laver simultanément et d'éviter toute perte de temps. En effet, la règle de saint Benoît condamne les retards et rappelle l'importance de la ponctualité dans la vie monastique. L'eau utilisée par le monastère provenait des montagnes de Prades. Acheminée grâce à un ingénieux système hydraulique, elle alimentait les différents besoins de la communauté. Ces montagnes sont également connues pour abriter le village de Siurana, que nous avons visité précédemment. Le lavabo illustre ainsi l'organisation rigoureuse des monastères cisterciens, où chaque élément architectural répondait à une nécessité pratique tout en favorisant le bon fonctionnement de la vie communautaire.

- Le réfectoire

Le réfectoire fut érigé de manière à rappeler la nef d'une église. On y retrouve une allée centrale, des voûtes en berceau, des travées ainsi que des baies en arc plein cintre qui baignent la pièce de lumière. Les bancs, adossés aux murs, permettent aux moines de se faire face lors des repas, à l'image des chanoines dans le chœur d'une église ou des douze apôtres réunis autour du Christ. S'il n'est pas retenu par d'autres obligations, c'est le chef de la communauté, c'est-à-dire l'abbé, qui préside la table. Chaque semaine, un moine est désigné comme lecteur afin que les frères puissent nourrir leur esprit tout en nourrissant leur corps. Une chaire, située sur le côté droit du réfectoire, domine la salle. Elle servait à la lecture des textes sacrés, des règles monastiques, des psaumes ou encore à l'exhortation spirituelle de la communauté. L'architecture cistercienne rappelle que l'Eucharistie fut instituée au cours d'un repas : la Cène, c'est-à-dire le dernier repas partagé par le Christ avec ses disciples la veille de sa crucifixion. Ainsi, le réfectoire n'est pas seulement un lieu destiné à satisfaire les besoins du corps ; il constitue également un espace de communion fraternelle et de méditation spirituelle. Les « serviteurs de semaine », chargés du service des repas, apportent la nourriture aux autres frères. Conformément à la tradition monastique, ils ne prennent leur propre repas qu'après s'être assurés que l'ensemble de la communauté a été servi et a terminé de manger.

- Chauffoir 

Le chauffoir est l'un des rares espaces du monastère où l'on fait du feu. C'est même le seul endroit où celui-ci est entretenu jour et nuit. En tant que pièce de repos, le petit chauffoir était réservé aux moines dont la santé était fragile, leur permettant de se réchauffer durant les périodes les plus froides. Cependant, cette pièce ne remplissait pas uniquement une fonction de chauffage. Elle servait également à diverses activités de la vie quotidienne du monastère. C'est notamment là que l'on préparait les encres utilisées dans le scriptorium, ainsi que l'endroit où les moines se faisaient couper les cheveux et la barbe. Ainsi, le chauffoir constituait un lieu à la fois pratique et essentiel à la vie de la communauté monastique.

- L'aile animique

- Scriptorium 

Saint Benoît ne prescrit pas explicitement que les moines doivent consacrer une partie de leur temps à la copie des manuscrits. En revanche, il insiste sur l'importance de la connaissance des Saintes Écritures et de l'étude des textes religieux. C'est dans cet esprit que le scriptorium occupe une place essentielle au sein du monastère. Le scriptorium remplit plusieurs fonctions. Tout d'abord, il permet aux moines de copier les textes religieux et d'accomplir ainsi un travail à la fois intellectuel et économique. Ils peuvent reproduire des ouvrages, créer de nouvelles œuvres et parfois même vendre certaines copies afin de contribuer aux ressources de la communauté. Ensuite, le scriptorium constitue un lieu d'instruction. Les moines y approfondissent leurs connaissances et assurent la transmission du savoir religieux, culturel et intellectuel au sein du monastère. Enfin, le scriptorium fait également office de bibliothèque. Les manuscrits y sont conservés, classés et mis à la disposition des frères, permettant ainsi la préservation et la diffusion des connaissances à travers les générations.

- Parloir 

Le parloir est une salle ou les moines se réunissent afin de recevoir les instructions relatives aux tâches à accomplir dans la journée, c'est aussi le lieu ou ils étaient autorisés à parler lorsque cela été nécessaire ou indispensable. IL ne faut pas en conclure que la vie du monastère se déroule dans un silence absolu : Les moines chantent et psalmodier pendant la célébration de l'office divin, lisait à voix haute dans le cloître et le réfectoire, était invité à prendre la parole dans la salle capitulaire. Inutile de préciser que dans la réalité des choses, les règles n'étaient pas scrupuleusement respectée. Lors de leurs rondes, dans le dortoir, ou lorsqu'ils travaillaient dans les terres adjacente à l'enceinte du monastère, la parole était possible. Le parloir communique par ailleurs aux potagers du monastère permettant aux moines de déambuler de l'intérieur à l'extérieur de l'enceinte pour effectuer leurs tâches quotidiennes. 

- Salle capitulaire

Cette salle présente une architecture particulière : clés de voûte, chapiteaux sculptés, voûtes en ogives, culs-de-lampe ornementés et fenêtres surmontées d’archivoltes. Cet ensemble architectural impressionnant se justifie par la fonction essentielle de la salle capitulaire. Chaque soir, la communauté s’y réunit pour lire un passage de la règle de saint Benoît et écouter les commentaires de l’abbé. C’est également dans cette salle que les novices reçoivent l’habit monastique et prononcent leurs vœux. Les frères convers n’étaient pas autorisés à y entrer, mais pouvaient suivre les enseignements depuis l’extérieur, par les ouvertures prévues à cet effet. Selon la tradition cistercienne, les abbés défunts sont parfois inhumés dans cette salle, soulignant ainsi son importance spirituelle. Enfin, c’est également dans la salle capitulaire que se déroule l’élection d’un nouvel abbé. Tous les moines peuvent se porter candidats à cette charge, bien que la décision puisse parfois être influencée ou contestée par des autorités religieuses extérieures au monastère.

- L'aile spirituelle

- L'église 

L'église est immense, la voute du plafond est très élevé et témoigne du prestige et de la richesse que le monastère de Poblet tiré de ses vignes pour entreprendre des bâtiments d'une telle ampleur.  Un pupitre est situé devant le chœur ainsi que le retable de l'église, il montre l'œil triangulaire du père, qui descend jusqu'à la colombe de l'esprit saint, l'esprit descend jusqu'à toucher la croix du fils planté dans le sol, ce sont les symbole de la trinité. 

- Le chœur 

Les moines s'y rendent plusieurs fois par jour pour y célébrer la liturgie des heures est dans l'Église catholique un ensemble de prières quotidiennes appelées offices, célébrées à différents moments de la journée. Le sens de cette liturgie est de sanctifier le temps à travers la récitation ou le chant des textes bibliques, en particulier les psaumes.

- L'orgue

L'orgue existe depuis le XVe siècle et accompagne les prières des moines de Poblet, avant cette date, toute accompagnement musicale été considérée comme frivole auprès des cisterciens. 

- Le panthéon royal

Cet espace revêt une importance particulière. À l'origine, il reflétait l'austérité caractéristique de l'architecture cistercienne. Cependant, au milieu du XIVe siècle, alors que le style gothique s'impose dans toute son ampleur, d'importants aménagements sont réalisés. Parmi eux figure la mise en valeur de six tombeaux royaux, disposés sur de grands arcs en plein ceintre entourant le pré chœur. Cette réalisation constitue une véritable prouesse architecturale, alliant élégance et monumentalité. Ces sépultures abritent plusieurs personnages illustres de la Couronne d'Aragon. 

- Retable 

Les monastères cisterciens se sont eux aussi laissé gagner par le goût pour les formes spectaculaires du nouvel art sacré. Le retable de Poblet, réalisé en albâtre, témoigne de cette évolution. Il s'éloigne de l'idéal de sobriété qui caractérisait traditionnellement l'architecture et la décoration cisterciennes des origines. Ce retable est consacré à la Vierge Marie, Mère de Dieu, à laquelle le monastère est dédié.

- Sacristie

La sacristie, endroit 

La sacristie est une annexe de l'église où sont conservés les objets nécessaires au culte, ainsi que les dons offerts par les fidèles et les bienfaiteurs. Celle du monastère de Poblet renferme un nombre important de reliques et d'objets liturgiques d'une grande richesse artistique. L'or et l'argent qui composent ce trésor liturgique devaient alors resplendir avec éclat. Pourtant, cette abondance contraste fortement avec l'idéal de pauvreté et de sobriété défendu par les premiers cisterciens.

Le célèbre reproche adressé par saint Bernard de Clairvaux aux excès de son époque semble alors bien lointain : « Que fait donc l'or dans le sanctuaire ? » La sacristie témoigne ainsi des évolutions qu'a connues le monastère au fil des siècles, mais aussi, selon certains observateurs, des dérives d'une communauté devenue trop riche pour demeurer pleinement fidèle aux idéaux d'austérité et d'humilité qui avaient présidé à sa fondation.

- L'étage supérieur 

- Le dortoir 

Saint Benoit a dit : "Ils dormiront chacun dans un lit à part, si faire ce peu, ils dormiront tous dans un même lieu, en se levant pour l'oeuvre de Dieu, ils s'encourageront les uns les autres afin qu'il ne reste pas d'excuse aux dormeurs." Le dortoir est vide car il s'agit du dortoir traditionnel et non de celui fonctionnel aujourd'hui, fermé à la visite. Ce dortoir ne manque pas de fenêtre, car non seulement les moines se levaient et se couchaient avec le soleil, mais c'est aussi ici qu'ils pouvaient venir lire, du point de vue architecturale, l'ancien dortoir des moines est un bon exemple de l'harmonie géométrique du modèle cistercien, la succession d'arc diaphragme qui se répondra dans toute la couronne d'Aragon jusqu'à devenir emblématique du petit Catalan. Les supports des arcs en cul de lampe de style Andalousien témoigne de la présence d'artisans de talent. 

- Le sur cloître 

Entre le XVe et le XVIe siècle, on a construit un deuxième niveau de galerie ouverte au dessus du cloître. Le sur cloître est surmonté de trois arcs en pierre taillée à chaque angle des allées, il est possible de voir l'arrière du palais du roi Martin Lumin, car le roi pouvait loger dans ce monastère, voici pourquoi l'on dit qu'il s'agit également d'une demeure royale. Il est aussi possible de découvrir le cloître et ses ailes vu d'en haut ainsi que le toit du lavoir. 

- Le clocher 

Le monastère possède de nombreux clochers, les cloches du monastère ne sonne que pour les moines, le clocher le plus à gauche est un clocher mur, il s'agit d'un simple mur surmonté d'une cloche qui sonne pour indiquer l'heure du levée, et marque le début ainsi que la fin du temps consacré au travail, le plus imposant clocher est la tour lanterne construire à la demande d'un abbé, elle abritait les cloches que l'on faisait sonné depuis le transept de l'église, aujourd'hui elle demeure ornementale avec de grandes fenêtres sur plusieurs étages en arc en plein ceintre avec des motifs fenêtres en gothique rayonnant comportant des rosaces, en dessous des baies géminées sur deux étages inférieures. Le troisième clocher, en contrebas de celui en lanterne vient d'un roi d'Aragon, il abrite les cloches qui appellent à la prière et l'accompagne. Le dernier n'est pas vraiment un clocher mais plutôt la coupole de la nouvelle sacristie au plus à droite. Les différents styles architecturaux des clochers cohabitent en toute harmonie. 

- L'aile sociale 

- Les frères convers

Plusieurs tombeaux identiques alignés contre le mur témoignent d'une ancienne tradition consistant à inhumer les défunts dans les édifices religieux ou à proximité de ceux-ci. L'aile occidentale du monastère était réservée aux frères convers. Ceux-ci étaient appelés ainsi non pas parce qu'ils avaient changé de religion, mais parce qu'ils avaient effectué une conversion de leurs mœurs et de leur mode de vie. Ils s'engageaient à vivre selon les principes de l'ordre cistercien sans pour autant être moines de chœur. La plupart des frères convers étaient issus du monde paysan et ne savaient pas lire. Or, la maîtrise de la lecture était indispensable pour participer pleinement à l'office divin et, plus encore, pour étudier les textes théologiques. Les convers se consacraient donc principalement aux travaux agricoles, artisanaux et aux nombreuses tâches matérielles nécessaires au fonctionnement du monastère.

Moines et frères convers partageaient certains espaces, comme la cuisine, le potager ou les ateliers. Toutefois, leur vie quotidienne demeurait largement séparée. Ils utilisaient des passe-plats distincts, ne dormaient pas dans les mêmes dortoirs, ne prenaient pas leurs repas dans le même réfectoire et ne disposaient pas du même espace dans l'église pour participer aux offices religieux.

- Réfectoire des frères convers 

Peu de frères convers résidaient en permanence au monastère, car la majorité d’entre eux vivaient dans les fermes viticoles situées à proximité de l’abbaye. Ils y assuraient les travaux agricoles et l’exploitation des terres dépendant du domaine monastique. Par ailleurs, leur nombre restait limité en raison de la rareté des vocations. Cette situation contribuait à maintenir une communauté relativement restreinte, malgré l’étendue des possessions et des activités du monastère.

0 commentaire