Gdansk, ville de toutes les mémoires.

Publiée le 19/08/2026
Nous avons prévu 3 jours à Gdansk, car il nous faut attendre un pneu pour Ghislain. Faute de quoi le voyage s’arrêtera prématurément. Nous n’imaginions pas à quel point cet arrêt forcé serait une découverte et une sorte de bénédiction…

Lundi 10 août. Départ aux aurores, ou presque ! Il est 5 heures, Elblag s’éveille !
Quelques heures plus tard, il faut lui dire adieu.
60 kilomètres nous séparent de Gdansk.
Une fois le fleuve atteint, nous pouvons le longer au calme….

À l’arrivée dans les faubourgs de Gdansk….

…. ces paysages de raffineries ne sont pas très prometteurs.

Pour entrer dans la ville ancienne, il faut d’abord emprunter un …

… immense tunnel pour vélo !
Puis il faut passer sur un pont levis contemporain.
Attraction pour les touristes, il se lève et se ferme une fois par heure….

On peut dire avec Georges qu’« il suffit de passer le pont » ! Et pour nous ce ne fut pas « tout de suite l’aventure », mais plutôt une divine surprise qui nous attendait, car Gdansk, que nous découvrons en soirée, nous laisse pantois devant tant de beauté. Un choc.

Nous sommes ici sur le quai des pêcheurs.
Nous passons devant la grue médiévale de Gdansk qui rappelle que Dantzig…
Les anciens entrepôts sont de l’autre côté de la Motlawa.
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Bref cette première soirée était la plus belle des entrées en matière.

Quant à notre logement dans la vieille ville, il semble avoir été prédestiné…
Le lendemain, nous continuons notre découverte.
Les quais sous le soleil…
La Porte Verte, qui ouvre sur la Dlugi Targ où nous vous invitons à nous suivre.
Nous sommes à présent dans cette artère piétonne principale, la Porte Verte derrière nous

Marchons, et nous pourrons voir…

La mairie ou « Ratusz »…
…. et sa tour magnifique.
La fontaine de Neptune.

Et les habitations qui l’entourent.

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Et nous voici au bout de Dugli Targ, devant la Porte Dorée.
Que nous traversons pour quitter la rue avec une dernière perspective.

Toutes ces maisons sont superbes. Mais le sentiment d’être dans une vieille ville est un peu trompeur. Certes, les façades que vous contemplez renvoient au XVIIe siècle, âge d’or de la ville qui se nommait alors Dantzig. Elle avait en ce temps le statut de « ville libre ». Elle ne dépendait pas directement d’un État et possédait son autonomie, qu’elle a perdue ensuite en étant intégrée à la Prusse puis à l’Allemagne unifiée en 1871. Elle a retrouvé brièvement ce statut de « ville libre » entre 1919 et 1939 (et encore était-elle très dépendante de la Pologne durant ces 20 années). Elle l’a perdu définitivement en 1940. Et en 1945, Dantzig qui allait devenir Gdansk, c’était ça :

Une ville anéantie dont il ne restait presque rien.

La reconstruction voulue fidèle donne donc une idée singulière et éblouissante de ce qu’elle était dans sa splendeur.

Parmi mille trésors, il y a bien sûr aussi la basilique Sainte-Marie.

Construite en briques aux XIVe et XVe siècles….
… elle est l’une des trois plus grandes églises en briques au monde.
Elle est aussi nommée « la couronne de Gdansk »

Faisons un petit tour….

Son baptistère est fameux…
…. ainsi que son horloge astronomique
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L’origine humaine  décrite métaphoriquement par la Bible domine l’horloge.
Admirable maître-autel célébrant la Vierge.
Grandes orgues majestueuses.

Retournons dehors et attardons-nous un moment dans la rue Mariacka, inversement proportionnelle au gigantisme de la basilique et de la Dugli Targ, elle nous offre un instant au charme quasi intimiste.

Réputée pour ses perrons….
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Cette rue si belle aujourd’hui…
Voici ce qu’elle était à la fin de la guerre…

Les deux guerres mondiales ont été un tournant absolument décisif pour l’Europe. C’en était fini de l’assurance de nous-mêmes et de la domination du monde. Elle passait, avec toute son arrogance, dans d’autres mains.

Gdansk a voulu faire mémoire des horreurs auxquelles nous entraînent nos passions et notre inconscience à travers un musée original de la seconde guerre mondiale. Nous disons bien « original », car au lieu d’être centré sur la trame des événements, des décisions politiques et des batailles, il est centré sur les souffrances des populations civiles et les destructions. C’est peut-être le meilleur vaccin contre les romantiques et aveugles velléités guerrières « pour régler les problèmes ».

Cette visite fut un moment dur, mais très important.

L’autre visite importante fut la mémoire du combat pour la liberté, avec le musée consacré à Solidarnosc et à l’action des ouvriers des chantiers navals de Gdansk conduits par Lech Walesa. Un moment dur également, car il rappelait l’oppression du système communiste d’Europe de l’Est, mais lumineux car il présentait un combat victorieux pour la liberté qui n’avait pas dû traverser une multitude d’horreurs et de bains de sang.

Le site du musée Solidarnosc.
Implanté sur l’ancien chantier naval.
Un combat qui dura de 1979 à 1989
La répression fut rude.
Mais la victoire concernant les 21 revendications des ouvriers de Gdansk ….
…. était au bout du chemin.
Elle a été annoncée par Lech Walesa sur le toit de ce véhicule de chantier.

Le gain était l’organisation de syndicats libres, la liberté d’expression et la possibilité d’une presse libre ainsi que la capacité de faire des propositions et d’intervenir non seulement dans le débat public, mais aussi dans l’organisation économique du pays.

Après ces deux moments forts, retour à la ville, et en soirée, un concert 🎵 

Et en l’occurrence concert aux chandelles dans la chapelle de la basilique.
Un dernier tour en ville… avec passage devant la Ratusz
Et la Porte verte….

Mais il faut aussi s’occuper du vélo dont le pneu arrière, qui laisse désormais clairement apparaître une hernie, menace d’éclater à tout moment.

Pendant que Christine va à son tour chez le coiffeur, Ghislain emmène le pneu…

… qui est arrivé la veille, dans un magasin de vélo.

Il le fait monter et retendre sa chaîne  

Il tente de trouver un pneu d’avance, mais c’est chose vaine. Ce type de pneu est devenu suffisamment rare pour devoir être commandé. Nous ne partirons plus sans pneu de rechange !

Nous serions bien restés, mais ce jeudi 13 août il nous faut repartir

Nous quittons Gdansk par la Katownia, nom qui fait frémir puisqu’il signifie « la maison du bourreau ». En fait cette grande tour faisait partie au XIVe siècle des fortifications de la ville. Elle a servi ensuite de tribunal, de prison et de…. lieu de torture. D’où son nom.

Quant à Gdansk elle-même, ancienne Dantzig, elle nous laisse un grand souvenir et le désir d’y revenir un jour hors du mois d’août.

Elle est la ville de toutes les mémoires, les meilleures comme les pires, posées en strates. Mémoire du commerce et de la Ligue hanséatique ; mémoire de l’aventure en mer ; mémoire du statut de ville libre à la façon médiévale ; mémoire prussienne, allemande, polonaise ; mémoire de la Shoah avec l’anéantissement de la population juive par les nazis dès 1940 à Dantzig ; mémoire de l’industrie avec les chantiers navals ; mémoire du communisme et de la lutte pour la liberté avec Solidarnosc. Une telle concentration se rencontre rarement et donne un sentiment de densité marqué jusque dans l’architecture et l’organisation topographique.

Gdansk, une grande ville où toutes les facettes de l’humanité se rencontrent.

3 commentaires

chalala

Splendide! En effet, cela donne très envie d'aller visiter cette ville! Merci!

  • il y a 15 heures

Philwatt

ON se doit d'y aller ...Mis dans ma liste des prochains voyages. Merci

  • il y a 3 heures

CCR

Merci encore pour cette belle et riche visite qui me donne également l’envie d’ aller un jour visiter cette belle ville ! Bonne suite de voyage . Bisous

  • il y a 3 heures