À l’arrivée dans les faubourgs de Gdansk….
Pour entrer dans la ville ancienne, il faut d’abord emprunter un …
On peut dire avec Georges qu’« il suffit de passer le pont » ! Et pour nous ce ne fut pas « tout de suite l’aventure », mais plutôt une divine surprise qui nous attendait, car Gdansk, que nous découvrons en soirée, nous laisse pantois devant tant de beauté. Un choc.
Bref cette première soirée était la plus belle des entrées en matière.
Marchons, et nous pourrons voir…
Et les habitations qui l’entourent.
Toutes ces maisons sont superbes. Mais le sentiment d’être dans une vieille ville est un peu trompeur. Certes, les façades que vous contemplez renvoient au XVIIe siècle, âge d’or de la ville qui se nommait alors Dantzig. Elle avait en ce temps le statut de « ville libre ». Elle ne dépendait pas directement d’un État et possédait son autonomie, qu’elle a perdue ensuite en étant intégrée à la Prusse puis à l’Allemagne unifiée en 1871. Elle a retrouvé brièvement ce statut de « ville libre » entre 1919 et 1939 (et encore était-elle très dépendante de la Pologne durant ces 20 années). Elle l’a perdu définitivement en 1940. Et en 1945, Dantzig qui allait devenir Gdansk, c’était ça :
La reconstruction voulue fidèle donne donc une idée singulière et éblouissante de ce qu’elle était dans sa splendeur.
Parmi mille trésors, il y a bien sûr aussi la basilique Sainte-Marie.
Faisons un petit tour….
Retournons dehors et attardons-nous un moment dans la rue Mariacka, inversement proportionnelle au gigantisme de la basilique et de la Dugli Targ, elle nous offre un instant au charme quasi intimiste.
Les deux guerres mondiales ont été un tournant absolument décisif pour l’Europe. C’en était fini de l’assurance de nous-mêmes et de la domination du monde. Elle passait, avec toute son arrogance, dans d’autres mains.
Gdansk a voulu faire mémoire des horreurs auxquelles nous entraînent nos passions et notre inconscience à travers un musée original de la seconde guerre mondiale. Nous disons bien « original », car au lieu d’être centré sur la trame des événements, des décisions politiques et des batailles, il est centré sur les souffrances des populations civiles et les destructions. C’est peut-être le meilleur vaccin contre les romantiques et aveugles velléités guerrières « pour régler les problèmes ».
L’autre visite importante fut la mémoire du combat pour la liberté, avec le musée consacré à Solidarnosc et à l’action des ouvriers des chantiers navals de Gdansk conduits par Lech Walesa. Un moment dur également, car il rappelait l’oppression du système communiste d’Europe de l’Est, mais lumineux car il présentait un combat victorieux pour la liberté qui n’avait pas dû traverser une multitude d’horreurs et de bains de sang.
Le gain était l’organisation de syndicats libres, la liberté d’expression et la possibilité d’une presse libre ainsi que la capacité de faire des propositions et d’intervenir non seulement dans le débat public, mais aussi dans l’organisation économique du pays.
Après ces deux moments forts, retour à la ville, et en soirée, un concert 🎵
Mais il faut aussi s’occuper du vélo dont le pneu arrière, qui laisse désormais clairement apparaître une hernie, menace d’éclater à tout moment.
Pendant que Christine va à son tour chez le coiffeur, Ghislain emmène le pneu…
Il le fait monter et retendre sa chaîne
Il tente de trouver un pneu d’avance, mais c’est chose vaine. Ce type de pneu est devenu suffisamment rare pour devoir être commandé. Nous ne partirons plus sans pneu de rechange !
Nous quittons Gdansk par la Katownia, nom qui fait frémir puisqu’il signifie « la maison du bourreau ». En fait cette grande tour faisait partie au XIVe siècle des fortifications de la ville. Elle a servi ensuite de tribunal, de prison et de…. lieu de torture. D’où son nom.
Quant à Gdansk elle-même, ancienne Dantzig, elle nous laisse un grand souvenir et le désir d’y revenir un jour hors du mois d’août.
Elle est la ville de toutes les mémoires, les meilleures comme les pires, posées en strates. Mémoire du commerce et de la Ligue hanséatique ; mémoire de l’aventure en mer ; mémoire du statut de ville libre à la façon médiévale ; mémoire prussienne, allemande, polonaise ; mémoire de la Shoah avec l’anéantissement de la population juive par les nazis dès 1940 à Dantzig ; mémoire de l’industrie avec les chantiers navals ; mémoire du communisme et de la lutte pour la liberté avec Solidarnosc. Une telle concentration se rencontre rarement et donne un sentiment de densité marqué jusque dans l’architecture et l’organisation topographique.
Gdansk, une grande ville où toutes les facettes de l’humanité se rencontrent.