Biogradska Gora National Park, Montenegro

Publiée le 07/07/2017
https://youtu.be/f4EjnFlqlKY

Bonjour les chèvres-chauds,


Après avoir roulé quelques heures sur le bitume brûlant, nous nous rendons à côté de Budva, alias Japan-City. Rien de bien intéressant ici, à part les petites criques dont l'eau transparente nous attire (Et oui! L'eau , C'est transparent! Hubert bonisseur-de-la-bate et le bruit blanc de l'eau se sont donc bien trompés...). La côte pour descendre au parking est à 45°, Mais pas de soucis, notre "première" vitesse est très courte. 20me de baignade, Pour admirer les bancs de déchets et non de poissons qui nous arrivent dessus et nous deguerpissons. 


Route - chaleur - podgorica - chaleur - changement de relief


Notre route nous mène à kolasin. La vallée est devenu montagneuse, la rivière Moraca à cause un étonnant sinon au sein même des falaises, créant un canyon naturel grandiose! Et vertigineux... La route encaissée dans la falaise nous rappelle qu'il y à environ 1000m de pierres au-dessus de nous. Et encore quelques dizaines jusqu'au lit de la rivière. Ce n'est pas sans nous rappeler que le van chauffe vite, une fois n'est pas coutume. Nous occuperons donc notre première pause en jouant à "qui devine le plus de capitale". Jeu très chiant que je vous déconseille. Les réponses les plus étranges seront conservées dans une boîte noire, coulée au fond de l'océan pacifique. 


Arrivée à kolasin - passage par la rivière - décrassage à froid - écriture des étapes du blog - dodo


Ce matin, petit détour par l'office du tourisme de kolasin. Nous repartons un magnifique bouquin des balades du Parc Biogradska Gora, dont les sentiers de marche sont inexistants... Mais ça, nous ne le saurons que pendant la marche. Direction le parc, dont l'entrée est payante. Nous atteignons alors le lac Biograska Jezero, nichés au milieu des arbres. Admiratifs, nous partons à l’assaut du  RazvrseSummit, qui culmine le parc depuis ses 2083m. Les sentiers forestiers carrossables nous mènent, de ramifications en ramifications, à une première combe où se cachent quelques cabanes en bois. Les orties sont tellement nombreuses qu’on pourrait même en faire une soupe. Malgré cette pensée positive, ce sont nos mollets ne vont pas dans le bon sens du poil de cette mauvaise herbe… Grat-Grat-Grat et c’est reparti. J’ai alors un peu d’avance sur la mule à lunettes qui me sert de conducteur. La montée devient raide, le souffle devient plus hésitant, et la mule me dépasse. C’est à partir de ce moment-ci qu’aucun chemin n’est indiqué. Nous coupons à travers champs afin de rejoindre un abri de fortune, plus ou moins digne de nos haberts grenoblois. S’ensuit un passage sur une corniche, puis nous dénichons le Graal : une source d’eau fraîche et pure. Et c’est reparti pour un tour, à suivre la cartographie faussée de notre petit livret de route. Nous rattrapons finalement une corniche, puis une pente à 60° pour finalement revenir 600m plus bas, afin de rejoindre le sentier, que nous cherchions désespérément depuis 2h. La route nous mène gracieusement à travers forêts et ruisseaux jusqu’au lac. En termes de conclusion, nous ne trouverons rien d’autre de mieux que d’aller sauter du ponton dans une eau d’une fraîcheur parfaite. Les frileux qui ne voulaient pas s’y risquer ont finalement changé d’avis. Tel des crapauds en surchauffe, les jeunes viennent aussi délester leur sueur. Il est temps de repartir…

Hé, pas si vite ! Un curieux personnage vient d’apercevoir notre plaque d’immatriculation et sonde le véhicule pour y dénicher ses habitants. « Vous êtes français ? », « Oui ! », Grand sourire, poignée de main. Nous partirons une heure plus tard, un autostoppeur dans le coffre ! On vous présente l’une des grandes rencontres de notre voyage : Richard. Français, venant de Pau, 27 ans, voyageur depuis 4 ans, sans domicile français. Seul rattachement à la France : le passeport. Le personnage a tout quitté, tout vendu, pour partir « farmer » en Roumanie pendant 1 an et demi, pour finalement se consacrer au voyage itinérant ! Le personnage est charmant, et nous apprend énormément sur l’agriculture rurale. Attention ! On entend ici par rural l’agriculture non mécanisée, à l’aide de la faux et de la charrue. Ce qu’il cherche, c’est construire son exploitation fermière, après avoir engrangé de nombreux savoir-faire de par le monde. Pas encore donc d’idée de sa destination finale, mais en tout cas, il ne veut plus vivre en France, recherchant donc son autosuffisance. De nombreuses heures durant, nous discuterons de nous, de nos voyages respectifs, de nos points de repère et de la façon dont on voit le monde. La discussion s’achèvera sur l’origine des expressions « à la con », du style ‘trikar’, ‘gavé bien’, et autres délicatesse du langage populaire français. Le dîner avalé, seul repas de la journée pour Richard, nous nous endormons. Nous dans notre confort de 4m², lui dans notre tente, qu’il a accepté avec ‘grand plaisir’, sachant qu’il ne dispose que d’un sac de 4kg, composé essentiellement de sa gourde d’eau, d’un sac-à-viande en coton, d’une paire de chaussure de marche, ainsi que de quelques affaires. Et dire qu’il y a 2 jours, il a dormi à 1400m, dans la forêt, par une température de 5°C…


Fatigue – engourdissement des jambes – ronflements – dodo


Le réveil n’est pas compliqué. Le paysan du coin nous a repérés. « Exactement à la même place qu’une bande de français sous tente, 4 ans auparavant ». Richard, qui a appris à parler roumain, arrive à se faire comprendre, les langues se ressemblant étonnamment. Il nous décoche un sourire pendant que le fermier repart. « Les gars, ce matin, on est invité par ce fermier à venir prendre le café ». Mais avant le café, nous devons respecter la tradition. Nous acceptons non sans un étouffement indistinct un rakia à 50°C, fait maison. Il est alors 9h30…Jean semble avoir émergé plus rapidement que d’habitude… Viens le café, torréfié et moulu sur place. Il n’est pas filtré. Bien que nous hésitions à y tremper les lèvres, son goût restera gravé dans nos mémoires. Le meilleur café que nous n’ayons jamais gouté. Une discussion avec l’hôte nous mènera jusqu’au verger, où Richard pourra nous montrer ce que le fermier cultive. Quelques mots échangés entre Richard et l’Ancien, et nous recevons Alexis et moi-même  des oignons, de l’ail, des radis. Regard hébété mais reconnaissant, nous repartons avec nos légumes sous le bras. L’Ancien ne peut que difficilement cultiver, après un triple pontage à risque. C’est d’ailleurs l’un de ses amis venu lui rendre visite, ex-footballeur, qui nous fera comprendre comment ils gèrent à deux le verger et l’exploitation voisine. Nous parlerons alors encore quelques dizaines de minutes de jolies femmes françaises avant de les remercier et de partir pour l’attraction de la journée, conseillés par ces derniers : le saut du Most (qui veut dire pont ottoman en Serbe, car oui, les monténégrins parlent le serbe). Notre route nous mènera finalement à la gare routière de la ville la plus proche pour y déposer Richard, censé rejoindre Podgorice le soir-même. Nous décidons alors de profiter d’un Wi-Fi gratuit afin de vous donner quelques nouvelles de toutes nos péripéties. Nous repartons le soir même en direction de Zabjlak, à l’Ouest. Sur la route, nous pouvons admirer des canyons encore plus profonds, dominés par des falaises aux mille-et-un pins parasols, vieux de plus de 400 ans, constituant la végétation des forêts primaires d’Europe. Au détour de notre route, nous découvrons un monastère orthodoxe, dont les toits sont en bois, nous rappelant le style des églises polonaises. 


Derniers kilomètres – aire de repos – Van polonais venant nous cotoyer – Nous l’avons déjà vu au Biograska Parc, la veille.


L’eau de vie de ce matin n’a pas fait bon ménage, nous sommes exténués mais le cerveau plein de souvenirs. Nous filons nous coucher et vous souhaitons une bonne semaine de repos…


Choucou, Loulou & Riri

Petite vue des montagnes
Petite vue II des montagnes
Le sommet (Razvrse Summit) !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Un vrai montagnard contemplant son pays
Après l'effort, le réconfort !
So fresh Baby
Chouchou, Loulou & Riri
1 commentaire

Benoit

benoitguilcher

trop stylé comme étape, et belle rencontre!

  • il y a 3 ans