Erevan, l'envers du décor.

Publiée le 29/09/2021
Non tout n'est pas conforme aux clichés véhicules par les tours operator. En déambulant à pied hors des grands axes où circulent les berlines de luxe, des parcs si bien entretenus, et des lieux culturels, vitrine de l'Arménie. Beaucoup de misère, de souffrance et d' inquiétude.

J'ai hésité à rédiger cette étape pour ne pas appuyer le doigt là où ça fait mal,mais l'image serait tronquée et les images tronquées sont pléthores dans nos systèmes de communication. Hier c'était la commémoration de l'entrée en guerre entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie. Dans les rues d'Erevan ont défilés des (?) de personnes (je ne me prononce pas sur les chiffres), comme dans celles de Bakou pour honorer la mémoire des 5000 morts du Haut Karabakh l'année dernière. Je ne me suis pas jointe au défilé, bien que je sois indirectement concernée puisque ma voisine de chambre est réfugiée. Elle souffre  de dépression, elle est dans le dénuement le plus complet (enfin presque, elle a un lit et de la nourriture en échange d'un travail à la réception un jour sur deux) Tous les soirs elle appelle sa maman qui est restée là-bas dans une maison ravagée (seulement les fenêtres ont été changees). Je ne suis pas allée  à la commémoration parce que, tout simplement, je ne comprends pas, malgré les nombreuses explications qui m'ont été données,et lorsque je ne comprends pas je ne me prononce pas. Et puis une crainte aussi :ces commémorations n'attiseraient-elles pas la haine pour raviver le foyer de la guerre. Hier dans le ciel d'Erevan, le bruit assourdissant d'avions de chasse. 

Le glaive et la croix

Les pouvoirs de ces nouvelles "démocraties" multiplient les gestes symboliques en édifiant des cathédrales, en  installant des statues équestres monumentales pour remplacer celles de Staline et de Lenine qui sont parties à la benne et, dans le même grand nettoyage,  les plaques de rues rues  ont été réécrites  pour honorer  les  héros nationaux exhumés de l'époque moyenâgeuse. 

Derrière la cathédrale St Gregoire
Le Gum, le grand marché d'Erevan
A l'étage une grande friperie
Des casseroles et des objets kitsch en pagaille
Une débauche d'objets à vendre
Les parcs sont immenses et superbes
Des cafés, il doit y avoir plus qu'à Vienne
Les parking

Les voies de garage

Lorsque je parcours ces labyrinthes je ne suis  pas en manque de surprises ni d'interrogations. Quel est la fonction de ces petites boîtes toutes pareilles. Pour certaines complètement rénovées à l'intérieur, on y bichonne une Audi ou une BMW, dans d'autres, plus delabrees, on survit. Pour Etiennette l'arménien préfère vivre dans des conditions précaires et avoir une belle voiture. Je ne suis pas convaincue. On trouve aussi entre les voitures qui s'entassent de façon anarchique des petites échoppes, des cafés, des fast food et des amoureux qui se font des câlins. Les parkings c'est tout un  monde (sans parler des gardiens improvisés qui viennent d'on ne sait d'où et gèrent on ne sait quoi, mais qui, de toutes façons réclament des sous.) 

Un garage maison

Les jeunes

Lorsqu'ils  poursuivent leurs études ils semblent se diriger pour beaucoup vers l'économie, la finance et l'informatique (un peu moins vers les Beaux Arts, auxquels on préfére architecture et design) 

La sortie de la fac d'economie
En chemin

Les enfants

Les enfants sont rois en Arménie. Une soirée avec des enfants est, paraît-il, un cauchemar. Ils font tout et n'importe quoi et tout le monde en rit. En tout cas être enfant à Erevan c'est la belle vie: les parcs, les manèges, les confiseries, des babioles en plastique à profusion. 

Les manèges tout un univers hérité de l'ex URRS
Ils sont inventifs, le tractopelle
Et traditionnels
Pour Timothe
Les vieux manèges en panne
La il y avait des bateaux
C'était un autre temps
Les enfants d'aujourd'hui sont differents

Les vieux

Ce sont les laisser pour compte. On s'occupe des soldats (revenus traumatisés ou blessés du front) et des enfants (les consultations médicales sont gratuites pour les enfants ( ce qui veut dire qu'elles sont payantes pour les adultes ? À creuser). Liliana habite sur son petit sac sous son arbre en bas de la rue. Elle ne tend pas la main et ne lève meme pas les yeux sur le passant indifférent. Elle dort dehors. Je me suis assise à côté d'elle et nous avons causé. 

A la sortie du musée des écritures.

L'écologie?

Tout le monde s'en fou. L'important "c'est de faire de  la tune" comme dit quelqu'un que je connais,  de remplir son caddie au supermarché, d'acheter une grosse bagnole et... de voir Paris. Dans tous les pays de l'est c'est pareil. Ceux qui rêvent d'amour et d'eau fraîche sont plutôt rares. On peut  les comprendre, nous qui remplissons nos caddies au supermarché, avons de grosses bagnoles et avons vu Paris... On peut penser à l'écologie. 

D'ici là semaine prochaine, vous devriez avoir des nouvelles des moutons. L'affaire est compliquée, mais "  ça devrait le faire". 

1 commentaire

jurassic

Je lis ton blog à maman dans le téléphone. Ca la passionne.

  • il y a 2 mois