Noyemberian

Publiée le 28/10/2021
Plouf !

C'était pourtant bien parti

L'attente

Cette petite ville sent la misère. Je me suis assise sur un banc du jardin public. Des enfants sous le regard des  parents grimpaient, glissaient, s'accrochaient.... Un papa aux cheveux déjà grisonnants accompagnait une petite fille de 2ans avec... amour (c'est le seul mot que j'ai trouvé). Elle partait dans tous les sens,trotinnait d'un jeu à l'autre. Elle voulait tout essayer. Et dans son envie de découvrir le suivant elle abandonnait très vite celui qu'elle testait pour courir vers l'autre. Le papa la laissait faire en l'aidant dans les passages difficiles l'œil en coulisse pour anticiper les éventuels dangers. Elle était si joyeuse cette petite fille avec son papa. dans le jardin. Que va devenir cette petite née en 2019 à Noyemberian à la frontière de l'Azerbaidjan ? 

Le café

Des cafés il n'y en a pas. On m'en a indiqué un, à l'étage d'un immeuble. il était fermé depuis longtemps. J'ai aperçu une terrasse avec une tonnelle qui avait l'air abandonnée. Je pouvais m'y asseoir et poser mon sac qui commençait à poser. En fait c'était un café. J'ai vu les mêmes dans des reportages sur l'Afghanistan dans les années 70. 2 grognons habillés de noir s'ennuyaient sur une table dans un coin à fumer des cigarettes devant des tasses vides. Le patron derrière son bar n'était pas mieux. Est alors sortie des coulisses une charmante jeune femme, toute ronde et toute jolie pour m'apporter le café que j'avais commandé. Elle a gentiment déposé sur la table un assiette de fruits découpes et disposés avec soin. Cette belle personne a telephone à une connaissance pour réserver une chambre pour le soir. Elle n'a pas voulu que je paye mon café. 

Un caillou dans l'engrenage.

L'heure du rendez-vous approchait. J'ai repris mon sac avec regret pour me rendre au supermarché et acheter une boîte de chocolats. En Arménie on arrive jamais les mains vides la où les tables son pleines. A 13h précise mon téléphone a sonne. Le Rendez vous était annulé. Le village est confiné pour 15 jours. Le Corona virus me rattrape. 

Que faire ?

Retourner au café ? Fumer des cigarettes avec les grognons pour me consoler. Passer une nuit dans cette petite ville triste pour la trouver charmante demain et après demain ? Retourner à Erevan et changer mon jean qui s'use depuis 10 jours sur les sièges crasseux des marchroutka, les bancs publics et les canapés défoncés des gostinitsi (le tee shirt et les culottes j'ai pu les laver)? Continuer sur Edjevan (50km) et revoir mes moutons, histoire de partager mes problèmes avec eux ? Vous le saurez au prochain épisode. 

2 commentaires

christine

Oh! Zut ! Sacré Covid !
Christine

  • il y a 1 mois

Chaffrounette

Courage Nicole, il y a de la beauté et de la poésie partout, il suffit d'ouvrir les yeux dessus comme tu sais si bien le faire.
Nata(chaffrounette)

  • il y a 1 mois