Santiago - Conguillio

Publiée le 06/01/2026
De Santiago au parc national de Conguillio : déjà de très belles étapes.

Notre van

Notre van, on l’adore 🥰 et on l’a très vite adopté. C’est « Pitufo ». C’est un vieux coucou de 230 000 kilomètres à l’ancienne et avec ses particularités :

- Pitufo n’aime pas qu’on oublie d’éteindre les phares. La batterie se décharge d’un coup. On l’a compris dès le premier jour 🙄. En sortant d’Ikea, plus rien ne se passe quand on met la clé de contact : « Putainnnn, les phares!!! ». Heureusement qu’on avait déjà acheté les pinces crocodile au cas où… la camionnette garée à notre gauche nous dépanne. Trop cool. La batterie est derrière le siège conducteur, il faut dévisser une plaque; on nous avait tout bien expliqué chez Overandes 🤗. On repart aussitôt. 
- Le moteur est sous le siège passager. Ça chauffe les fesses ! 
- Quand on roule de nuit, les phares s’éteignent quand on met le clignotant droit. Heureusement, on est souvent arrivé avant.
- La vitre conducteur ne remonte pas si la porte n’est pas alignée comme il se doit. Une vitre Iyengar pour celles et ceux qui connaissent la référence 😜.
 - Le réservoir lave-vitres est sous la boîte à gants. Pour le remplir, on a dû imaginer un entonnoir prolongé d’un tuyau, le tout scotché ensemble. Une fois le récipient rempli, la pompe ne fonctionne pas 🤨. On lavera les pare-brises dans les stations essence qui se proposent toujours d’y donner un coup d’éponge 😆.
-  Les boutons pressions de nos armoires sont capricieux, chacun leur tour et pour une durée indéterminée et aléatoire.
- Les serrures s’ouvrent et se ferment toutes dans un sens différents : vers la droite ou vers la gauche. Il y en a cinq. 
- Passé les 100 km/h , c’est un peu comme rouler dans une machine à laver.
- Les suspensions sont de mini trampolines : on se balance au même rythme que les ondulations de la  route 🤗.
- La douche est un gros tuyaux noir de 25 litres qui chauffe au soleil toute la journée. Il se trouve le long de la galerie de toit gauche. Bien pratique.

On kiffe

- Se poser en fin de journée dans un spot de rêve, sortir nos chaises et notre table, et rester là, simplement. Au bout de trois nuits, nous comprenons vite que notre challenge du jour sera de trouver une belle vue depuis la fenêtre de notre chambre qui n’est rien d’autre que le pare-brise arrière de notre van. Un tableau de 120 x 60 cm tous les soirs différent, au coucher comme au réveil 😍. 
- Ne pas baisser le rideau le soir pour regarder les étoiles allongés sur notre lit ✨.La Voie lactée est magnifique hors de tout éclairage.  
- Prendre une douche au milieu de nulle part, loin des regards indiscrets.
- Concocter des petits plats avec nos trois ustensiles et les produits du terroir : avocats, patates, œufs, scaroles, melons, brugnons et pastèques sont nos préférés.

Le van

C’est parti ! À nous les grands espaces !

Après avoir pris une matinée pour aller chez le notaire finaliser la vente du véhicule (Jean-Luc en est l’heureux propriétaire 😜 ), on récupère le Van et on passe les deux jours suivants à l’aménager, à ranger nos affaires et à le rendre cosy, plein de petits détails colorés qui font la différence. Quarante-huit heures plus tard, nous sommes enfin opérationnels pour prendre la route du Sud. On commence par le bas de cette longue langue de terre car on suit les saisons : on descend vers l’été pour ensuite remonter du côté Argentine, toujours vers l’été 🤔.  

Notre road trip commence tout en douceur le long de la côte pacifique où nous dormons face à l’océan. Nous faisons ensuite route vers l’intérieur des terres et nous rapprocher toujours plus de la Cordillère. Nous roulons sur la Panaméricaine, qui est l’axe central vers le sud, tout en faisant des incursions vers l’est ou vers l’ouest, selon ce que nous voulons voir.  Notre premier parc national est celui des sept tasses « Parque national Siete Tazas ». Les sept tasses sont de belles piscines naturelles aux eaux turquoises qui se déversent les unes dans les autres par de petits toboggans d’eau. On passera Noël au milieu de ces belles montagnes, sur un grand plateau, nichés sous notre tente de camping. Elle nous avait un peu manqué. 

Nous poursuivons ensuite vers un autre parc, le parc national du Tricahue qui est aussi le nom d’un perroquet que l’on voit voler en groupe au-dessus de nos têtes. Cap ensuite vers la frontière argentine pour passer la nuit près d’un magnifique lac qui est juste après la douane chilienne mais pas encore en Argentine, la Laguna del Maule. On ne fait pas de papiers de sortie du territoire si on annonce notre retour. On doit aussi veiller à ne pas revenir avec des fruits, des légumes et du miel, même si on est sorti du territoire avec et qu’il n’y avait aucune possibilité d’acheter quoi que ce soit à la Lagune 😳. Encore une aberration du système. Cela dit, le lieu est magique et on n’y croise que quelques pêcheurs. L’occasion aussi d’une belle randonnée vers un deuxième lac aux couleurs cuivrées.

Après le nouvel an passé dans un chouette camping tenu par un couple franco-chilien, on roule en direction du parc de Conguillio, 450  kilomètres plus au sud. Juste avant, une halte à la réserve naturelle de Malalcahuello, un lieu de volcans enneigés et de terre sablonneuse complètement lunaire. La montée au cratère est un vrai décor de cinéma : sable et roches noirs, des coulées de lave endurcies qui témoignent de la dernière éruption du volcan Lonquimay en1988. En toile de fond, un volcans enneigé et de la végétation à la couleur verte fluo.

Nous arrivons ensuite au Parc national de Conguillio où se reflète dans un lac du même nom un autre volcan enneigé, le Llaima. On retrouve des parterres fleuris et des arbres dont les plus originaux sont sans aucun doute les araucanias , des conifères endémiques au Chili. Chaque branche est comme sculptée et ressemble à une énorme queue de singe. 

Côté faune, il y a la présence du puma et des renards, mais il est quasi impossible de les voir… on vous tiendra au courant si l’un d’eux vient rôder autour de notre van 😁. Sinon on voit beaucoup d’oiseux plus ou moins gros et de toutes les couleurs. Eux viennent volontiers virevolter autour du véhicule et se posent souvent sur des rochers tout près, ce qui nous permet de les admirer. Il y aussi le condor, très présent, que l’on voit voler au-dessus de nos têtes à plus ou moins longue distance. On l’ observe grâce à nos jumelles : majestueux. 

Les parcs nationaux au Chili 

Force est de constater qu’ici, la nature a un prix. Tous les parcs nationaux sont payants et c’est une vraie usine à gaz. Il faut prendre ses billets d’entrée par internet sur un site dédié quelques jours avant en espérant qu’il y ait des places; le nombre est limité. Si on veut camper dans le parc, il faut aussi réserver à l’avance, c’est une autre démarche…. À cela s’ajoute qu’il n’y a pas de réseau partout, il faut donc anticiper sur une donnée sur laquelle nous n’avons pas la main : « Y aura-t-il ou pas du réseau 🤔 ? 

Les zones entre les parcs, qui sont tout de même le 80% du territoire chilien, appartiennent forcément à quelqu’un : chaque bout de terre a son propriétaire. Des gens possèdent des montagnes, des plages, des rivières…. On nous informe qu’on ne peut pas y aller comme ça, il faut d’abord demander l’autorisation du propriétaire lui-même, si et quand on le rencontre 😅. Facile, surtout que chaque propriétaire possède souvent des hectares de territoire !! Ça, c’est la théorie, ce qu’on nous explique à l’entrée du premier parc. En pratique, on peut se permettre de s’y aventurer. On a déjà de belles randonnées hors des parcs et sans que personne ne s’en mêle. Heureusement 😅.


 Première expérience d’entrée dans un parc 

( Elle vaut des points. 😁)

Le jour d’avant, on commence par réserver le billet d’entrée en ligne, puis on comprend qu’on doit aussi réserver le camping, toujours en ligne. On paie donc deux billets différents. Au passage, on a dû redescendre la vallée sur dix kilomètres pour avoir du réseau 😕. Le jour de l’entrée au parc, on nous explique que le billet d’entrée ne sert à rien car nous avons le billet pour le camping et que ce dernier vaut aussi comme entrée au parc. On nous donne une adresse mail pour se faire rembourser le billet que nous avons pris en trop. La demande se fait en ligne 🙁. Ensuite, il nous faut encore nous enregistrer dans un premier bureau et payer le camping… le billet-camping sert à entrer, à réserver notre place mais pas à payer le camping qui est une instance indépendante 🤪. « S’enregistrer », signifie noter à la main sur un registre : nom, prénom, nationalité, numéro de passeport, âge; chose que nous avions déjà faite en ligne au moment de prendre les billets. Pour cette étape, on ne peut payer que sur place mais on peut utiliser sa carte bancaire. Cool, un truc simple…. Que nenni, le terminal se trouve au niveau de l’entrée du parc, 50 mètres plus loin. Arrivés sur place, on paie et on nous enregistre dans un autre gros registre… nom, prénom, nationalité, numéro de passeport, âge. ☹️. Une fiche A4 est aussi complétée, ça prend cinq bonnes minutes. Pendant ce laps de temps, une troisième personne nous demande de vérifier notre cuisine, sans quoi on ne nous laisse pas partir 🧐. On sort donc notre popote : tout est en règle. On nous tend alors un double de la fiche A4 à laquelle est agrafée la preuve du paiement du camping, il faudra la présenter en haut, à notre arrivée😜. Rentre en scène un quatrième personnage : le Haïtien. Oui, à ce stade, j’ai l’impression d’assister à une représentation théâtrale. Le Haïtien donc, parle français : c’est ce qu’il croit en tous cas. Il nous donne des indications sur le parcours qui mène à El Bolson, l’endroit où nous allons dormir. C’est un gros mélange de français et d’espagnol qui rend les explications bien plus compliquées que s’il n’avait parlé qu’une seule langue à la fois 😆. Jean-Luc ne comprend rien, moi j’y arrive car je comprends assez bien la langue hispanique. C’est bon, on peut commencer notre rando. On est fin décembre, on n’était que deux à l’entrée du parc, ils attendent mille personnes par jour dès la semaine prochaine. J’essaie d’imaginer la chose 🤔. La montée jusqu’au camping est très belle. Arrivés sur place, on est accueilli par un cinquième personnage : Juan. On lui tend notre papier et il sort lui aussi son registre : nom, prénom, nationalité, numéro de passeport, âge. Tout à la main ✍️. Le lendemain, au retour, il nous faudra déposer le papier dans une boîte à la sortie du parc… on n’est plus à une aberration près. Il nous explique aussi les choses à voir dans la vallée : cascades, une lagune et une grosse montagne en forme de molaire dont on peut faire l’ascension. Tout ça en une après- midi et une matinée, ça va être chaud ! Oui, parce que j’allais oublier de vous dire que le parc ferme à 17h30 et qu’il faut être de retour demain avant la fermeture sous peine d’amende. On plante notre tente, le décor est magique 🤩, on oublie tout le reste. Nous serons huit personnes le soir pour admirer le magnifique ciel étoilé. Le lendemain, nous redescendons à l’heure, le Haitien est là, tout content de nous poser des questions dans la langue qu’il a inventée, une sorte d’esperanto personnel. Il est en grande conversation avec un Chilien qui veut monter au camping : il a tout son matériel, mais il a oublié sa tente…. Visiblement, ce ne serait pas un problème s’il a sa cuisine 😂😁. Je lui glisse quand même qu’il a fait zéro degré la nuit dernière, afin qu’il prenne sa décision en connaissance de cause. Il nous remercie pour cette information non négligeable que le Haïtien n’avait pas jugé bon de lui donner…il avait d’ailleurs l’air surpris lui-même. Je me demande s’il est déjà monté là-haut. Il dit en tous cas ne pas aimer le froid 🤭.

Voilà.

On vous rassure, certains parcs sont plus faciles d’accès. Il y a ceux « privés » et d’autres qui inscrivent simplement nos noms et numéro de passeport dans un registre, une fois. Il faut prendre notre billet en ligne et cela peut être un peu galère car dans ces montagnes, les connexions sont quasi inexistantes. On se rend aussi dans les réserves naturelles qui peuvent être gratuites. On découvre chaque jour un nouveau fonctionnement, une nouvelle façon de faire, on s’adapte comme on peut et on accepte les choses comme elles sont. On prend aussi le risque de dormir dans certains parcs avec notre van, sans trop savoir si on y est autorisé, les consignes n’étant pas toujours très claires. 


Le chien Woody

Décidément, les chiens font partie du voyage depuis le début. A chaque pays sa mésaventure liée et ces charmants canidés. Je vous livre la petite aventure chilienne.

Notre dernière nuit sous un vrai toit, c’est un logement Airbnb à Quillota où nous devons récupérer le van le lendemain. On opte pour une chambre bon marché chez Paola qui nous laisse au final toute sa petite maison et … son chien (et les fourmis dans le frigo) ! Il s’agit d’un gentil Labrador nommé Woody qui nous attend gentiment de l’autre côté de la grille. Il est un peu pataud et pas très vigoureux : quand je lui lance une balle, il la regarde passer 🤭. Le lendemain matin, alors que nous nous apprêtons à partir, il profite d’un moment d’inattention pour pousser la grille du portail et se faire la malle…. Très content de lui, il sautille dans les ruelles du quartier alors que je lui cours après. « Woody, Woody, vien aqua » je suppose que le chien comprend mieux l’espagnol 🤭, « Woody, Woody … » Le chien n’en a rien à faire, trop heureux de sa soudaine liberté. Il met en alarme tous les chiens du quartier qui aboient à tout va. C’est là que je me rends compte que chaque maison à son chien. Je sautille donc derrière le chien qui n’en fait qu’à sa tête au milieu des aboiements persistants des autres. Il se retourne parfois pour me regarder d’un air désolé, mais cette échappée est trop belle, il veut en profiter. Elle nous l’avait bien dit Paola : « Faites bien attention à ne pas faire sortir mon chien chéri dans la rue ! » Ben voyons, tu aurais aussi pu ajouter qu’il était plus hardi qu’il n’en avait l’air ! « Son chien chéri » , j’ai de grosses gouttes de sueur qui coulent le long de ma colonne… « Putainnnnnn !!! » … et on a rendez-vous chez le notaire 😅😅😅. Comme il n’a pas de collier, je réfléchis en vitesse à comment je vais pouvoir m’y prendre quand j’aurais peut-être mis la main dessus. Heureusement, ce matin il faisait frisquet et j’ai un châle sur les épaules, je pense l’utiliser comme laisse. Enfin, j’arrive à le coincer : comme il pisse sur tous les buissons qu’il voit, je gagne un peu de terrain et je parviens à lui mettre mon châle autour du cou. Je sers un max et le ramène vers la maison. Étonnamment, il se laisse faire. Ouf !  Arrivé chez lui, il s’enroule dans sa niche en toussotant, je crois que j’y suis allée un peu fort avec le serrage. Je le caresse en guise d’excuse alors qu’il me regarde avec ses yeux de merlan frit…lui aussi a l’air de demander pardon. Il est adorable ce gros chien 🥰.

En parlant de chien, une des stations services la plus présente au Chili s’appelle « Copec », qui est aussi le mot utilisé en Turquie pour dire « chien » : « köpek »😁.


En guise de conclusion 

Voici pour nos vingt premiers jours de van en direction du Sud. Nous faisons certes des haltes dans les différents parcs et réserves, mais n’oublions pas de dire que la route elle-même est aussi une très belle aventure. On traverse des paysages magnifiques sur des routes asphaltées ou des pistes en graviers. Les rivières ne sont jamais très loins et sont l’occasion d’une baignade pour se rafraîchir, elle nous fournissent aussi toute l’eau nécessaire. Les journées sont très chaudes, il fait 36 degrés, mais les nuits restent fraîches : on dort comme des marmottes en hibernation après avoir accumulé toute la chaleur écrasante de la journée. 

On se dirige maintenant vers la « Carretera austral », route mythique de 1200 km qui va de Puerto Montt à Villa O’Higgins. On rentrera alors en Patagonie. Le climat sera aussi bien différent, on devrait avoir moins chaud.


Pour terminer, je vous partage un petit poème que j’ai découvert lors de mes lectures et que j’aime beaucoup. Il est du poète chilien Pablo Neruda :


« Combien vit l’homme, en fin de compte ?

Vit-il un millier d’années où bien une seule ?

Vit-il une semaine ou plusieurs siècles ?

Pour combien de temps meurt l’homme ?

Que veut dire : pour toujours ?


Océan à Boyeruca
Siete Tazas
Nuit au sommet
Fleurs
Vallée del Maule
Reflets
Oiseaux curieux au petit déjeuner
Van sous la Voie lactée
Montée au cratère
Paysage lunaire
Lac Congullio sur fond de volcan Llaima
Retour du parc Conguillio
4 commentaires

Max

xamlartem

🤜🤛
Comment c’est possible!!!!! Des paysages de ouf!!! Une température 👌 (pour info -13 ce matin)
Sans deconner….. je vous envie, un voyage de rêves.
Des images incroyables même si Samasthitih ne serait pas validée par Gwen , la dent du diable essaye de suivre tes courbes, bien sûr que ça vas être difficile pour elle, car tu a l’air d’être au meilleur de ta forme
Je vous embrasse
Profitez un maximum 🤗🤗

  • il y a 4 semaines

santa

Encore une nouvelle aventure.
On voyage un peu avec vous, merci.

  • il y a 4 semaines

Julielefort

C est tellement chouette de vous lire et de voyager un.peu avec vous !
Je vous embrasse
Julie

  • il y a 3 semaines

Manunoyer

Merci pour les récits.👌... On est transporté ! Bonne route.🤗

  • il y a 6 jours